

Arabie saoudite
Aladin et la lampe merveilleuse
- Pays
- Arabie saoudite
- Âge
- 6–10 ans

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Aladin et la lampe merveilleuse
Dans une grande ville d’Orient vivait un pauvre tailleur nommé Mustafa avec sa femme et leur fils, Aladin.
Aladin avait bon cœur, mais il n’aimait guère travailler. Courir dans les rues, jouer avec ses amis et inventer des aventures lui paraissait bien plus intéressant que de rester assis près de son père pour apprendre un métier.
— Un jour, tu devras choisir ta propre route, lui disait souvent Mustafa. Rêver est une belle chose, mais les rêves ont besoin de mains qui savent travailler.
Aladin hochait la tête, puis repartait jouer dehors.
Après la mort de Mustafa, emporté par une maladie, Aladin resta seul avec sa mère. Elle gagnait leur vie en cousant et en filant, et le garçon commença à comprendre que l’enfance insouciante ne durerait pas toujours.
Un jour, au marché, un étranger richement vêtu s’approcha de lui.
— Es-tu le fils de Mustafa le tailleur ?
— Oui, répondit Aladin.
L’homme lui saisit les mains avec enthousiasme.
— Alors tu es mon neveu ! Je suis le frère de ton père. J’ai voyagé très loin pendant de nombreuses années et je ne suis revenu que maintenant.
Mais cet homme n’était pas l’oncle d’Aladin. C’était un magicien venu d’un pays lointain pour une seule chose : récupérer une vieille lampe cachée dans une caverne enchantée. D’après ses calculs, seul un garçon comme Aladin pouvait aller la chercher.
Ni Aladin ni sa mère ne le savaient.
L’homme apporta des cadeaux, raconta des histoires de pays lointains et promit d’aider Aladin à ouvrir une boutique.
— Mais d’abord, je veux te montrer quelque chose d’extraordinaire, lui dit-il le lendemain. Viens avec moi hors de la ville.
Ils traversèrent des jardins puis suivirent une vallée pierreuse entre les collines.
Enfin, le magicien s’arrêta devant un rocher plat. Il répandit des herbes sèches sur le sol, murmura d’étranges paroles et la terre se mit à trembler.
Une dalle de pierre munie d’un anneau de cuivre apparut.
Aladin recula.
— Qu’est-ce que c’est ?
— L’entrée d’un jardin souterrain. Il y a là-bas un objet dont j’ai besoin. Descends, trouve une vieille lampe et rapporte-la-moi.
Il glissa un simple anneau au doigt d’Aladin.
— Cette bague te protégera. Ne la perds pas.
La dalle se souleva et révéla un escalier.
— Et souviens-toi : ne touche à rien avant d’avoir trouvé la lampe.
Aladin descendit.
Au lieu d’une caverne sombre, il découvrit un jardin stupéfiant. Sur les arbres brillaient des pierres rouges, vertes, bleues et transparentes, comme des fruits. Aladin ignorait qu’il s’agissait de rubis, d’émeraudes, de saphirs et de diamants. Il remplit simplement ses poches de quelques jolies « pierres de verre ».
Tout au fond se trouvait une vieille lampe noircie par la suie.
Aladin éteignit la flamme, vida le reste d’huile et glissa la lampe sous ses vêtements.
À l’entrée, le magicien tendit les mains avec impatience.
— La lampe ! Donne-moi la lampe !
— Aidez-moi d’abord à sortir. Le passage est étroit. Je ne peux pas grimper et vous tendre la lampe en même temps.
— Non ! La lampe d’abord !
Aladin commença à se méfier.
— Pourquoi en avez-vous tellement besoin ?
Comprenant que le garçon soupçonnait la vérité, le magicien prononça une formule avec colère. La lourde dalle se referma brutalement.
Aladin se retrouva dans l’obscurité.
— Ouvrez ! cria-t-il.
Aucune réponse.
Le magicien était parti, persuadé qu’il ne reverrait jamais ni le garçon ni la lampe.
Aladin chercha une autre sortie. Épuisé, il finit par s’asseoir sur une marche et se frotta les mains. La bague racla la pierre.
Une douce lumière bleue jaillit.
— Je suis l’esprit de l’anneau, dit une voix. Que puis-je faire pour toi ?
Aladin fut si surpris qu’il faillit oublier de répondre.
— Je veux rentrer chez moi !
La lumière tourbillonna autour de lui et, un instant plus tard, il se tenait devant sa propre maison.
Sa mère accourut.
— Où étais-tu ?
Aladin lui raconta tout et lui montra la vieille lampe.
— Au moins, nous pourrons la nettoyer et la vendre pour quelques pièces, soupira-t-elle.
Elle frotta le cuivre avec un chiffon.
Une brume dorée remplit aussitôt la pièce. Un immense esprit à l’air bienveillant s’en éleva.
— Je suis l’esprit de la lampe. Tant qu’elle sera entre vos mains, j’obéirai à son propriétaire.
La mère d’Aladin se laissa tomber sur une chaise.
Après le premier choc, Aladin déclara :
— Si tu le peux, apporte-nous un repas. Nous avons très faim.
La table se couvrit aussitôt de riz parfumé, de fruits, de pain et de douceurs.
C’est ainsi qu’Aladin découvrit le secret de la lampe.
Au début, il demanda très peu de choses : de la nourriture, du tissu pour sa mère et de l’argent pour les dépenses nécessaires. Il conserva aussi les pierres brillantes du jardin souterrain, et des joailliers lui apprirent plus tard qu’elles valaient une fortune.
Aladin aurait pu vivre paresseusement grâce à la magie, mais l’aventure de la caverne l’avait changé.
Il commença à apprendre le commerce, à écouter les artisans expérimentés, à aider sa mère et à réfléchir avant de dépenser.
Un jour, la fille du sultan traversa la ville. Aladin n’aperçut la princesse que de loin, mais il remarqua son calme et la manière dont elle interrompit son cortège pour laisser passer une vieille femme portant un panier.
— Mère, dit-il le soir, j’aimerais obtenir la permission de rencontrer la princesse. Si nous nous apprécions, je voudrais lui demander si elle accepterait d’envisager de m’épouser.
Sa mère faillit lâcher sa pelote de fil.
— Le sultan ne sait même pas qui tu es !
— Alors il l’apprendra.
Aladin envoya au sultan une coupe remplie des pierres précieuses du jardin souterrain.
Le sultan fut impressionné par les joyaux, mais encore davantage par l’histoire de ce jeune homme qui avait tant changé et voulait désormais devenir digne d’importantes responsabilités.
Il accepta de rencontrer Aladin.
Avec l’aide de l’esprit de la lampe, Aladin arriva vêtu de magnifiques habits, mais il ne cacha pas ses origines.
— Je suis le fils d’un tailleur. J’ai reçu des possibilités extraordinaires, mais je sais que la richesse seule ne rend personne sage.
La princesse parla elle-même avec lui. Elle l’interrogea sur la ville, sur ses habitants et sur ce qu’il ferait s’il détenait un jour du pouvoir.
Aladin répondit honnêtement.
Avec le temps, ils choisirent de se marier.
Aladin demanda à l’esprit de construire une magnifique demeure près du palais du sultan, entourée de jardins et de grandes salles. Elle apparut en une seule nuit.
Une des salles possédait vingt-quatre hautes fenêtres décorées de pierres précieuses. Aladin en laissa volontairement une inachevée.
— Pourquoi ? demanda le sultan.
— Pour que les artisans humains puissent essayer de la terminer grâce à leur propre talent.
Les meilleurs joailliers travaillèrent longtemps, mais aucun ne parvint à reproduire le dessin magique. Aladin leur rendit leurs pierres et laissa finalement l’esprit achever la fenêtre.
Les années passèrent. Aladin et la princesse vivaient heureux. Il aidait la ville, soutenait les artisans et n’oubliait jamais la modeste maison où il avait grandi.
Très loin de là, le magicien qui l’avait enfermé apprit qu’Aladin était toujours vivant.
— La lampe ! Il doit l’avoir !
Le magicien revint dans la ville. Sachant qu’il ne pourrait pas prendre la lampe par la force, il imagina une ruse.
Pendant qu’Aladin était absent, un marchand parcourut les rues en criant :
— Des lampes neuves contre les vieilles ! Des lampes neuves contre les vieilles !
Les habitants riaient de cette étrange proposition.
Une servante du palais se souvint de la vieille lampe noircie parmi les affaires d’Aladin.
« Peut-être préférerait-il une neuve », pensa-t-elle, et elle l’échangea.
Le magicien attendit d’être seul, frotta la lampe et ordonna :
— Transporte ce palais et tous ceux qui s’y trouvent très loin d’ici !
En un instant, le palais disparut.
Lorsque Aladin revint, il ne trouva qu’un terrain vide à l’endroit où sa maison s’était dressée.
Le sultan était désespéré par la disparition de sa fille. Aladin lui promit de la retrouver.
Il possédait toujours l’anneau protecteur.
— Peux-tu ramener le palais ? demanda-t-il à l’esprit de l’anneau.
— Le pouvoir de la lampe est plus grand que le mien. Mais je peux t’emmener à l’endroit où se trouve le palais.
Un instant plus tard, Aladin se tenait devant les murs familiers, dans un pays lointain.
La princesse l’aperçut depuis une fenêtre et le fit entrer en secret.
— Le magicien garde toujours la lampe sur lui. Il croit que tout lui appartient désormais.
— Alors nous n’affronterons pas sa magie par la force, répondit Aladin. Nous allons le tromper.
Le soir suivant, la princesse invita le magicien à dîner et fit semblant de vouloir mettre fin à leur conflit.
— Vous avez beaucoup voyagé, dit-elle. Parlez-moi de vos pays. J’ai préparé une tisane apaisante.
Certain de sa victoire, le magicien ne se douta pas que la tisane l’endormirait.
Bientôt, il s’assoupit à table.
La princesse prit délicatement la lampe dans sa poche et la donna à Aladin.
Aladin la frotta.
— Ramène notre palais chez nous.
Une brume dorée enveloppa les murs. Lorsqu’elle se dissipa, leur propre ville se trouvait de nouveau derrière les fenêtres.
Le magicien fut remis aux gardes et banni du pays.
On aurait pu croire le danger définitivement écarté.
Mais le magicien avait un jeune frère qui voulut se venger. Il apprit que les habitants respectaient une voyageuse sage nommée Fatima, qui connaissait les plantes médicinales et donnait de bons conseils.
Le trompeur effraya Fatima et la poussa à quitter la ville pour quelques jours. Puis il se déguisa avec ses vêtements et se couvrit le visage.
La princesse, qui ne se doutait de rien, invita la fausse « Fatima » au palais.
La visiteuse examina la magnifique salle.
— Il manque une seule chose : un immense œuf de l’oiseau magique Roc, suspendu sous la coupole. Alors ce sera la salle la plus extraordinaire du monde.
Quand Aladin rentra, la princesse lui répéta cette idée.
— Si c’est possible, pourquoi pas ? répondit-il en frottant la lampe.
Cette fois, l’esprit ne se hâta pas d’obéir.
— Aladin, quelqu’un cherche à te tromper. La personne qui prétend être Fatima a de mauvaises intentions. La véritable sage se trouve loin de la ville.
Aladin appela immédiatement les gardes.
L’imposteur tenta de s’enfuir, mais il fut arrêté. On retrouva bientôt la véritable Fatima, qui confirma toute l’histoire. Le visiteur malveillant fut à son tour banni.
Après cela, Aladin réfléchit sérieusement à la lampe.
Elle lui avait donné des possibilités extraordinaires, mais elle avait déjà failli provoquer deux catastrophes parce que d’autres voulaient contrôler son pouvoir.
— La magie doit nous aider, et non nous gouverner, dit-il à la princesse.
Ils cachèrent soigneusement la lampe et ne l’utilisèrent plus que lorsqu’elle était vraiment nécessaire.
Aladin n’était plus le garçon qui fuyait toute responsabilité. Il avait appris à prévoir les conséquences, à reconnaître ses erreurs et à répondre de ses choix.
Lorsque le sultan vieillissait, Aladin et la princesse prirent davantage soin du royaume. Ils se consultaient, soutenaient les artisans, aidaient ceux qui traversaient des difficultés et n’oubliaient jamais que la véritable valeur ne se trouvait ni dans les joyaux ni même dans une lampe magique.
Car le plus grand miracle n’avait pas eu lieu lorsqu’un esprit était sorti pour la première fois de la lampe.
Il s’était produit lorsqu’un garçon insouciant était devenu quelqu’un à qui l’on pouvait confier un immense pouvoir.
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