

Allemagne
Blanche-Neige et Rose-Rouge
- Pays
- Allemagne
- Âge
- 5–9 ans

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Blanche-Neige et Rose-Rouge
À la lisière d’une forêt se trouvait une petite maison. Devant elle poussaient deux rosiers. L’un fleurissait en blanc chaque été, l’autre en rouge.
Une mère y vivait avec ses deux filles. La plus calme s’appelait Blanche-Neige, et l’autre, vive et aventureuse, Rose-Rouge.
Les deux sœurs étaient très différentes.
Blanche-Neige aimait lire près de la fenêtre, aider leur mère et écouter la pluie tambouriner sur le toit.
Rose-Rouge courait dans les prés, cueillait des fleurs, grimpait aux branches basses et était toujours la première à remarquer que les fraises des bois étaient mûres.
Mais où que l’une aille, l’autre n’était jamais très loin.
— Ce que j’ai, je le partagerai avec toi, disait souvent Blanche-Neige.
— Et moi avec toi, répondait Rose-Rouge.
En été, elles parcouraient la forêt. En hiver, elles restaient près du feu avec leur mère.
Elles possédaient peu de choses, mais leur maison était toujours propre, chaude et accueillante.
Un soir d’hiver, une tempête de neige recouvrit la forêt d’un épais rideau blanc.
Soudain, on frappa à la porte.
Toc, toc, toc.
— Peut-être qu’un voyageur a besoin d’un abri, dit leur mère. Rose-Rouge, ouvre.
Rose-Rouge tira le verrou puis recula brusquement.
Un énorme ours noir se tenait dehors.
Blanche-Neige se cacha derrière sa mère.
Rose-Rouge allait refermer la porte lorsque l’ours parla d’une voix profonde et douce.
— N’ayez pas peur. Je ne vous ferai aucun mal. Il fait terriblement froid dans la forêt. Laissez-moi seulement me réchauffer près de votre feu.
Leur mère l’observa attentivement.
— Si tu viens en paix, entre.
L’ours s’allongea près du poêle. La neige fondait dans son épaisse fourrure.
— Voulez-vous m’aider à enlever toute cette neige ? demanda-t-il.
Au début, les filles touchèrent son pelage avec beaucoup de prudence.
Puis elles comprirent que leur invité était gentil et se mirent à rire lorsque l’ours reniflait parce que les brosses le chatouillaient.
Au matin, il les remercia et retourna dans la forêt.
Le soir suivant, il revint.
Puis encore le lendemain.
Très vite, les sœurs l’attendirent comme un vieil ami.
L’ours s’allongeait près du feu tandis que leur mère lisait à voix haute, Blanche-Neige brossait sa fourrure et Rose-Rouge lui racontait toutes les nouvelles de la journée.
Lorsque le printemps arriva, l’ours dit :
— Je dois maintenant partir au plus profond de la forêt. Lorsque la terre dégèle, un nain très cupide quitte sa grotte pour chercher des trésors cachés. Je dois l’empêcher de prendre ce qui ne lui appartient pas.
— Tu reviendras ? demanda Blanche-Neige.
— Quand le moment sera venu.
L’ours partit.
En passant par la porte, une petite touffe de fourrure s’accrocha à un crochet et les filles crurent apercevoir un éclat doré sous son pelage noir.
L’été arriva.
Un jour, alors qu’elles ramassaient du bois, les sœurs entendirent quelqu’un maugréer.
À côté d’un arbre tombé, un minuscule nain à la longue barbe blanche sautait de colère. Sa barbe était coincée entre deux morceaux de bois.
— Pourquoi restez-vous là à regarder ? Aidez-moi ! cria-t-il.
Les filles essayèrent de libérer sa barbe, mais elle était bien prise.
— Ne tirez pas ! C’est la plus belle barbe de toute la forêt !
Blanche-Neige sortit de petits ciseaux et coupa seulement les quelques poils coincés.
Le nain était libre.
— Vous avez abîmé ma merveilleuse barbe ! se plaignit-il.
Il attrapa un sac de pièces d’or caché derrière l’arbre et s’éloigna sans même les remercier.
— Quel drôle de petit homme, dit Rose-Rouge.
Quelques jours plus tard, elles le retrouvèrent près d’un ruisseau.
Cette fois, sa barbe s’était emmêlée dans une ligne de pêche tandis qu’un gros poisson le tirait vers l’eau.
Les sœurs l’aidèrent encore.
— Vous avez encore touché à ma barbe ! grogna-t-il, alors que sans elles il aurait déjà eu de l’eau jusqu’à la taille.
Il récupéra un sac de perles caché sous une pierre et disparut.
La troisième fois, elles trouvèrent le nain dans une clairière avec des pierres précieuses bleues, vertes et roses qui scintillaient au soleil.
— Comme elles sont belles, dit Rose-Rouge.
— Ne regardez pas ! Elles sont à moi ! cria le nain en ramassant précipitamment les pierres dans un sac.
Alors une voix familière s’éleva derrière les arbres.
— En réalité, elles ne sont pas à toi.
L’ours noir entra dans la clairière.
Le nain pâlit.
— Oh, noble Ours ! Je faisais seulement… euh… je surveillais le trésor.
— Tu l’as volé il y a des années, répondit l’ours. Et tu t’en es servi pour me jeter un sort. Rends tout et pars.
— Jamais !
Le nain attrapa le sac et essaya de courir.
Il était si lourd qu’après trois pas, il s’assit par terre.
Rose-Rouge ne put s’empêcher de rire.
— Peut-être que la cupidité, elle aussi, pèse lourd ?
Le nain souffla de colère.
Il comprit qu’il ne pouvait pas emporter à la fois l’or, les perles et les pierres précieuses.
Finalement, il jeta les sacs.
— Prenez-les ! Je trouverai d’autres trésors !
Et il disparut dans la forêt aussi vite que ses petites jambes le permettaient.
Au moment où le dernier sac toucha le sol, une lumière dorée enveloppa l’ours.
Sa fourrure noire sembla se dissoudre.
À sa place se tenait un jeune homme vêtu d’un simple manteau de voyage.
— Notre ours ! s’écria Rose-Rouge.
Il sourit.
— Le sort du nain est brisé. Je suis un prince d’un pays voisin, mais je préfère que vous vous souveniez de moi comme de l’ours qui partageait vos soirées d’hiver.
Les sœurs éclatèrent de rire.
Le trésor retrouvé fut rendu aux familles et aux villages auxquels il avait été volé.
Le prince continua à venir à la petite maison, cette fois sans fourrure ni pattes.
Les années passèrent.
Les sœurs grandirent, mais restèrent toujours aussi proches.
Les deux rosiers fleurissaient encore devant la maison, l’un blanc et l’autre rouge.
Et chaque fois que quelqu’un demandait laquelle des deux sœurs était la plus gentille ou la plus courageuse, leur mère répondait toujours :
— Pourquoi choisir ? Ce sont deux fleurs différentes du même jardin, et chacune le rend plus beau.
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