Couverture : Cendrillon

Allemagne

Cendrillon

Pays
Allemagne
Âge
6–10 ans
Version audio

Écouter le conte

Cendrillon

Dans une riche maison vivaient un homme, sa femme et leur fille. La jeune fille grandissait douce et réfléchie. Elle aimait le jardin, savait où apparaissaient les premières violettes et laissait toujours quelques miettes aux oiseaux sur le rebord de la fenêtre.

Un jour, sa mère tomba gravement malade. Avant de quitter ce monde, elle appela sa fille auprès d’elle.

— Quoi qu’il arrive, garde ta bonté vivante en toi. Elle ne rendra pas toujours le chemin plus facile, mais elle t’aidera à ne pas te perdre toi-même.

La jeune fille conserva longtemps ces paroles dans son cœur.

Quelque temps plus tard, son père se remaria. Sa nouvelle épouse arriva avec deux filles. Elles étaient élégamment vêtues et savaient se montrer polies devant les invités, mais à la maison leur véritable caractère apparut rapidement.

— Pourquoi a-t-elle besoin d’une chambre aussi lumineuse ? demanda l’aînée.

— Et pourquoi lui faut-il tant de jolies robes ? ajouta la cadette.

Bientôt, on confia à la jeune fille les tâches les plus pénibles. Elle se levait tôt, portait l’eau, nettoyait, épluchait les légumes, allumait le feu et, le soir, s’endormait souvent près de l’âtre encore chaud.

La cendre grise s’accrochait à ses vêtements. Ses sœurs commencèrent à l’appeler Cendrillon pour se moquer d’elle.

Leurs paroles lui faisaient mal, mais Cendrillon ne répondait pas à la cruauté par la cruauté. Lorsqu’elle se sentait particulièrement triste, elle allait dans le jardin et pensait à sa mère.

Un jour, son père se préparait à partir à la foire.

— Que voulez-vous que je vous rapporte ? demanda-t-il.

— La plus belle robe ! s’écria l’aînée.

— Et moi, un bijou précieux ! demanda la cadette.

Il se tourna vers Cendrillon.

— Et toi ?

La jeune fille réfléchit.

— Rapporte-moi la première branche verte qui effleurera ton chapeau sur le chemin du retour.

Ses sœurs éclatèrent de rire, mais son père promit.

Sur le chemin du retour, il passa sous un noisetier et une fine branche toucha réellement son chapeau. Il en coupa un petit rameau et l’apporta à sa fille.

Cendrillon le planta dans le jardin, à l’endroit où elle aimait se souvenir de sa mère. Chaque jour, elle l’arrosa. Les mois passèrent et la frêle pousse devint un jeune arbre.

Des oiseaux venaient souvent se poser dans ses branches. Cendrillon leur parlait sans attendre de réponse.

— Aujourd’hui a été une journée difficile, disait-elle.

Et les oiseaux inclinaient la tête comme s’ils comprenaient.

Un jour, le palais royal annonça une fête qui durerait trois jours. La famille royale invita les jeunes gens de toute la région.

Les sœurs de Cendrillon s’agitèrent aussitôt.

— Nettoie mes chaussures !

— Coiffe-moi !

— Où est mon ruban ?

Cendrillon les aida, mais au fond d’elle-même, elle rêvait aussi de voir le palais, d’entendre la musique et de danser.

— Puis-je venir avec vous ? demanda-t-elle doucement à sa belle-mère.

La femme regarda sa robe simple.

— À la fête ? Toi ? Termine d’abord tout ton travail.

Elle mélangea dans un grand bol des pois et des lentilles.

— Si tu réussis à tout trier rapidement, nous verrons.

Cendrillon s’assit près de la fenêtre. Il était impossible de finir seule avant le soir.

Alors elle ouvrit la fenêtre.

— Mes amis les oiseaux, si vous le pouvez, aidez-moi.

Des pigeons, des moineaux et de petits oiseaux de la forêt arrivèrent dans la cour. À coups de bec rapides, ils séparèrent les graines : les pois dans un bol, les lentilles dans l’autre.

Cendrillon porta les bols à sa belle-mère.

— J’ai terminé.

La femme fut surprise, mais secoua quand même la tête.

— Tu n’as pas de vêtements dignes d’une fête. Reste ici.

La porte se referma. La voiture s’éloigna.

Cendrillon courut dans le jardin jusqu’au noisetier.

— Je ne demande pas d’être la plus belle, dit-elle. Je voudrais seulement voir la fête une fois.

Les branches frémirent. Les oiseaux tournoyèrent au-dessus de l’arbre et, aux pieds de Cendrillon, apparurent une robe claire, douce comme le ciel du matin, et une paire de chaussures légères.

La jeune fille toucha le tissu avec émerveillement.

— C’est pour moi ?

Les oiseaux gazouillèrent joyeusement.

Peu après, Cendrillon entrait dans la grande salle du palais.

Des bougies brillaient dans les hauts lustres. Des musiciens jouaient du violon et de la flûte. Personne ne reconnut dans cette invitée élégante la jeune fille qui, une heure auparavant, triait des graines près de la cuisine.

Le jeune prince l’invita à danser.

— Nous sommes-nous déjà rencontrés ? demanda-t-il.

— Je ne crois pas, répondit Cendrillon avec un sourire.

Elle se sentait légère et heureuse. Elle dansa, écouta la musique, parla avec des personnes qu’elle ne connaissait pas et, pour la première fois depuis longtemps, ne ressentit pas qu’elle n’était pas à sa place.

Mais avant la fin de la fête, elle remercia le prince et se hâta de rentrer.

— Attendez ! Comment vous appelez-vous ? cria-t-il.

Cendrillon avait déjà disparu dans la nuit.

À la maison, elle déposa la robe enchantée près du noisetier et remit ses vêtements ordinaires.

Lorsque ses sœurs rentrèrent, elles ne parlèrent que de la mystérieuse invitée.

— Tout le monde la regardait !

— Et le prince a dansé avec elle presque toute la soirée !

Cendrillon sourit sans rien dire.

La fête continua le lendemain.

Encore une fois, sa belle-mère lui confia une montagne de tâches. Encore une fois, les oiseaux l’aidèrent. Cette fois, le noisetier lui offrit une robe qui scintillait comme un ciel étoilé.

Le prince reconnut aussitôt la mystérieuse jeune fille.

— Me diras-tu au moins aujourd’hui d’où tu viens ?

— Peut-être un jour, répondit Cendrillon.

Elle n’avait pas peur du prince. Elle avait peur que, si elle révélait sa maison, ses sœurs et sa belle-mère transforment ce bonheur en une nouvelle raison de se moquer d’elle.

Elle revint donc encore une fois avant les autres.

Le troisième jour, Cendrillon reçut la plus belle robe de toutes. Elle n’était pas lourde de bijoux. Elle semblait au contraire simple et lumineuse, mais chaque mouvement du tissu attrapait la lumière et la rendait sous forme d’un doux éclat doré.

Cette fois, le prince ne posa aucune question.

— Si tu ne veux pas me dire qui tu es, ne le dis pas. Accorde-moi simplement encore une danse.

Cendrillon accepta.

La soirée passa si vite qu’elle ne remarqua pas que les musiciens jouaient déjà le dernier morceau.

Elle se précipita vers la sortie.

Dans l’escalier, une de ses chaussures dorées glissa de son pied.

Elle voulut faire demi-tour, mais entendit des pas derrière elle. Ne souhaitant pas tout expliquer au milieu du palais, elle continua à courir.

Le prince trouva la chaussure.

— Si elle ne voulait pas me dire son nom, je peux au moins la retrouver pour lui rendre ce qu’elle a perdu.

Le lendemain, il parcourut les maisons de toute la région.

La nouvelle le précédait : le prince cherchait la jeune femme à qui appartenait la chaussure d’or.

Lorsqu’il arriva chez Cendrillon, ses sœurs se précipitèrent pour l’essayer.

L’aînée serra les orteils autant qu’elle put.

— Elle me va presque !

Mais non. La chaussure était trop petite.

La cadette essaya d’y forcer son talon.

— Encore un peu !

Mais elle ne lui allait pas non plus.

— N’y a-t-il aucune autre jeune femme dans cette maison ? demanda le prince.

La belle-mère répondit rapidement :

— Personne qui puisse être l’invitée que vous cherchez.

Mais le père de Cendrillon, resté sur le côté, pensa à sa fille.

— Il y a Cendrillon.

Les sœurs éclatèrent de rire.

— Elle ? Au palais ?

Le prince répondit calmement :

— Qu’elle vienne. Une chaussure ne sait pas quels vêtements quelqu’un porte à la maison.

Cendrillon sortit de la cuisine, essuya ses mains et s’assit.

Elle glissa son pied dans la chaussure. Elle lui alla aussi naturellement que si elle l’avait attendue depuis toujours.

La pièce devint silencieuse.

Alors Cendrillon sortit de sa poche l’autre chaussure.

Le prince sourit.

— C’était donc toi.

— Oui.

Ses sœurs ne savaient plus où regarder. Sa belle-mère rougit.

Cendrillon aurait pu leur rappeler chaque parole cruelle et chaque tâche injuste. Au lieu de cela, elle dit simplement :

— Je ne veux plus vivre là où l’on me considère comme moins digne parce que mes vêtements sont simples et que je travaille.

Son père baissa la tête. Enfin, il voyait ce qu’il avait trop longtemps refusé de voir.

— Tu as raison, dit-il doucement. J’aurais dû te protéger plus tôt.

Cendrillon ne s’attendait pas à ce que tout change en une seule minute. Elle rassembla ses quelques affaires, dit au revoir au jardin et toucha le noisetier.

Les oiseaux firent frémir ses branches.

Au palais, personne n’utilisa plus le nom de Cendrillon pour se moquer d’elle. Les gens découvrirent son véritable caractère : elle était réfléchie, intelligente, travailleuse et n’avait plus peur de parler lorsqu’une situation était injuste.

Elle et le prince prirent le temps de réellement se connaître. Ce fut seulement lorsqu’ils comprirent tous les deux qu’ils voulaient continuer leur chemin ensemble que le palais célébra leur mariage.

Le noisetier près de l’ancienne maison continua à grandir.

Chaque printemps, de nouvelles feuilles apparaissaient et les oiseaux construisaient leurs nids parmi les branches.

Car le véritable prodige de cette histoire n’avait jamais été la robe ni les chaussures d’or.

Il avait commencé bien plus tôt, dans une jeune fille qui, même au milieu des cendres, avait refusé de laisser s’éteindre sa bonté et qui avait un jour trouvé le courage d’entrer dans un endroit où elle pouvait être vue telle qu’elle était réellement.

May this story leave a little light in your heart ✨