

Philippines
Pourquoi le ciel est monté si haut
ciel, origines du monde, mythe
- Pays
- Philippines
- Âge
- 4–8 ans

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Pourquoi le ciel est monté si haut
Il y a très, très longtemps, lorsque le monde était encore jeune, le ciel se trouvait tout près de la terre.
Il n’était pas comme aujourd’hui, où l’on peut lever la tête et contempler longtemps les hauteurs. À cette époque, on avait l’impression qu’il suffisait de lever la main pour poser la paume sur le ciel.
Au début, cela plaisait même aux gens.
— Regardez comme il est près ! disaient les enfants.
Mais on découvrit vite qu’il n’était pas commode de vivre sous un ciel aussi bas.
Les personnes de grande taille devaient sans cesse se baisser. Pour porter un fagot sur l’épaule, il fallait marcher courbé. Impossible de lancer une balle bien haut ou de soulever un panier au-dessus de sa tête. Même les oiseaux manquaient de place pour déployer pleinement leurs ailes.
Et ce ciel si bas gênait surtout le travail de tous les jours.
En ce temps-là vivait une femme sage nommée Tougliboung. Un matin, elle prit du riz et commença à le piler dans un grand mortier.
Toc !
Le pilon heurta le ciel.
Tougliboung se pencha davantage et essaya de nouveau.
Toc !
Encore le ciel.
— Ça alors, dit-elle. Comment travailler ?
Elle s’agenouilla et se remit à l’ouvrage.
Toc, toc. Toc, toc.
Mais son dos se fatigua rapidement.
Tougliboung se redressa autant que la hauteur le lui permettait, regarda au-dessus d’elle et dit :
— Ciel, monte un peu plus haut ! Ne vois-tu pas que nous sommes à l’étroit ici ?
Alors, un prodige se produisit.
Le ciel commença à s’élever doucement.
Tout d’abord, un tout petit peu.
Les gens regardèrent autour d’eux, étonnés.
— Oh, nous pouvons nous tenir plus droits maintenant !
Les enfants levèrent aussitôt les bras.
Les oiseaux battirent des ailes et tracèrent un cercle plus large au-dessus des arbres.
Tougliboung reprit son pilon.
Toc !
Cette fois, il ne toucha pas le ciel.
— C’est déjà mieux, dit-elle. Mais un peu plus de place nous ferait du bien. Monte encore !
Le ciel obéit une deuxième fois.
Il s’éleva comme une immense étoffe bleue que des mains invisibles déployaient au-dessus du monde.
Le Soleil monta avec lui. Il se retrouva tout là-haut, d’où il pouvait éclairer la terre sans rester suspendu juste au-dessus de la tête des gens.
Et soudain, le monde fut tout différent.
Les gens redressèrent le dos.
Les arbres étirèrent leurs branches vers le haut.
Les oiseaux volèrent plus haut.
Il y eut entre la terre et le ciel tant d’espace que le vent, les nuages et l’arc-en-ciel après la pluie y trouvèrent tous leur place.
Tougliboung retourna tranquillement à son mortier.
Toc, toc.
À présent, le pilon pouvait monter librement.
— Voilà qui est bien, dit-elle.
Depuis ce temps, raconte-t-on, le ciel n’est plus jamais redescendu vers la terre.
Il est resté très, très haut, pour que les gens puissent marcher bien droits, que les arbres puissent grandir et que les oiseaux aient de la place pour voler.
Et lorsque quelqu’un lève les yeux et se demande pourquoi la terre et le ciel sont si éloignés, la vieille légende bagobo lui répond simplement :
autrefois, le ciel était tout près.
Puis une femme lui demanda de monter, car elle avait besoin de piler son riz tranquillement. Et le ciel lui obéit.
