

États-Unis
Comment Maui attrapa le Soleil
- Pays
- États-Unis
- Âge
- 5–9 ans

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Comment Maui attrapa le Soleil
Sur l’île de Maui, au-dessus de la mer, vivaient Maui et sa mère Hina. Hina travaillait beaucoup. Elle fabriquait du kapa, un tissu traditionnel fait d’écorce qu’il fallait préparer longtemps, lisser, étendre puis faire sécher au soleil. Chaque matin, Hina sortait de nouvelles pièces de tissu. — Cette fois, elles vont sécher, disait-elle en les étendant sous le ciel clair. Mais elle avait à peine terminé son travail que le Soleil roulait déjà vers l’horizon. Les ombres s’allongeaient. Le soir tombait au-dessus de la mer. Hina soupirait et ramassait son kapa encore humide. Le lendemain, tout recommençait. Maui voyait sa mère étendre encore et encore les tissus, puis se dépêcher de les rentrer avant le coucher du Soleil. — Pourquoi te fatigues-tu autant ? demanda-t-il. — La journée est trop courte, répondit Hina. J’ai à peine le temps d’étendre le kapa que le Soleil disparaît déjà. S’il traversait le ciel un peu plus lentement, mon travail serait plus facile. Maui réfléchit. Il savait qu’on ne discute pas avec le Soleil sans avoir d’abord compris son voyage. Il partit donc vers l’est de l’île, là où la lumière apparaissait chaque matin. Il observa le Soleil se lever près de Hana, monter lentement dans le ciel puis passer au-dessus de l’île. Ensuite, Maui gravit l’immense Haleakala. De là-haut, le monde paraissait très différent. L’océan s’étendait loin en dessous, les nuages flottaient tout autour et le ciel semblait si proche qu’on aurait pu croire qu’il suffisait de tendre la main pour toucher un rayon. Pendant plusieurs jours, Maui étudia le chemin du Soleil et comprit où il pourrait le rencontrer. De retour chez lui, il fabriqua une corde très solide. Il rassembla des fibres de coque de noix de coco, les sécha, les torsada en longues mèches puis les tressa ensemble. Le travail avançait lentement. Tourne, serre. Tourne, serre. Encore. Et encore. Un homme nommé Moemoe vit Maui au travail et se mit à rire. — Pourquoi fabriques-tu autant de corde ? — Je veux ralentir le Soleil, répondit Maui. Moemoe rit encore plus fort. — Le Soleil ? Toi ? Il traverse le ciel chaque jour et n’écoute personne ! Maui continua simplement à tresser. — Nous verrons. Lorsque la corde fut prête, il gravit de nouveau Haleakala avant l’aube. Le ciel était bleu sombre. Les étoiles pâlissaient peu à peu. Très loin en dessous, l’océan respirait calmement. Maui se cacha près de l’endroit où, d’après ses observations, les premiers grands rayons devaient apparaître. Enfin, le bord du ciel se mit à briller. Une bande d’or s’élargit. Puis le Soleil s’éleva au-dessus de l’île, lançant devant lui de longs rayons éclatants. Maui jeta une boucle. Une ! La corde entoura un grand rayon. Le Soleil brilla soudain plus fort de surprise et voulut poursuivre son chemin. Maui fixa la corde et lança une deuxième boucle. Deux ! Puis une troisième. Trois ! Le Soleil tenta de filer comme d’habitude, mais Maui tenait les cordes fermement. — Qui me retient ? gronda le Soleil. — C’est moi, Maui ! — Pourquoi ? Chaque jour, je me lève et je me couche comme je l’ai toujours fait. — C’est précisément pour cela que je suis venu, répondit Maui. Tu traverses le ciel si vite que les humains n’ont pas assez de temps. Ma mère n’arrive pas à faire sécher son kapa. Les pêcheurs doivent se dépêcher de rentrer. Ceux qui travaillent la terre commencent à peine leur tâche que l’obscurité arrive déjà. Le Soleil se tut. Le vent faisait vibrer les cordes de fibre de coco. — Et si je cessais complètement de bouger ? demanda enfin le Soleil. — Il ferait beaucoup trop chaud, répondit Maui. Je ne te demande pas de rester immobile. Je voudrais seulement que, parfois, tu avances plus lentement. Le Soleil réfléchit. — Très bien. Pendant une partie de l’année, je voyagerai plus doucement afin que les journées soient plus longues. À une autre saison, j’irai plus vite et elles seront plus courtes. Ainsi, le monde connaîtra le changement. — Marché conclu, répondit Maui. Il desserra la première boucle. Puis la deuxième. Puis la troisième. Le Soleil reprit son voyage, mais cette fois sans se presser. Sa lumière resta longtemps sur les pentes de la montagne, les vallées vertes et l’eau de la mer. Lorsque Maui rentra chez lui, Hina venait justement d’étendre son kapa. Le matin passa. Puis midi. Puis la lumière resta encore longtemps. Hina toucha le tissu et sourit. — Il est sec ! — Je t’avais bien dit que j’irais parler au Soleil, répondit Maui. La nouvelle de son exploit se répandit bientôt. Les gens racontèrent comment il avait gravi la haute montagne et retenu les rayons du Soleil avec des cordes tressées de fibres de coco. Moemoe, qui s’était moqué de lui, ne riait plus. — Je me suis trompé, admit-il. Je ne pensais pas que tu réussirais. Maui sourit simplement. Le plus important pour lui n’était pas de prouver sa force à quelqu’un. Ce qui comptait, c’était qu’Hina puisse désormais faire sécher son kapa sans se dépêcher et que les gens disposent de davantage de lumière pour leur travail. Aujourd’hui encore, à Hawaï, on raconte l’histoire de Maui qui attrapa le Soleil. Un ancien récit conserve même un autre nom de la montagne : Ale-ha-ka-la, « celui qui prend le Soleil ». Et lorsqu’à une saison les journées s’allongent, puis raccourcissent à une autre, le conte murmure encore que Maui et le Soleil se sont un jour rencontrés, chacun de son côté du ciel, et se sont mis d’accord sur le temps.
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