Couverture : Hansel et Gretel

Allemagne

Hansel et Gretel

Pays
Allemagne
Âge
5–9 ans
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Hansel et Gretel

À la lisière d’une grande forêt vivait un bûcheron avec ses deux enfants, Hansel et Gretel. La famille était pauvre, mais leur petite maison avait toujours eu assez de place pour les rires, une soupe chaude et une histoire avant de dormir.

Puis vint une année de très mauvaise récolte. La farine diminuait, il restait à peine quelques légumes et les adultes parlaient de plus en plus souvent à voix basse de la façon dont ils survivraient à l’hiver.

Un soir, les enfants entendirent une conversation effrayante. Leur belle-mère, terrifiée par la faim, disait à leur père :

— Demain, emmenons les enfants dans la forêt pendant que nous ramasserons du bois. Laissons-les attendre dans une clairière pendant que nous irons travailler plus loin. Peut-être auront-ils la chance de trouver leur chemin jusqu’à un village plus riche.

— Non, répondit leur père. Nous ne pouvons pas faire cela.

Mais la discussion dura longtemps.

Hansel et Gretel restèrent sous leur couverture sans réussir à dormir.

— N’aie pas peur, murmura Hansel à sa sœur. Nous retrouverons le chemin de la maison.

Cette nuit-là, il sortit discrètement.

La lune brillait et les petits cailloux blancs près du puits luisaient comme des pièces.

Hansel en remplit ses poches.

Le lendemain matin, toute la famille partit dans la forêt.

Hansel marchait derrière et laissait tomber de temps en temps un petit caillou blanc sur le chemin.

Dans une grande clairière, les adultes allumèrent un petit feu.

— Attendez ici, dit lourdement leur père. Nous allons chercher du bois.

Le temps passa.

Le soleil se coucha.

Le feu s’éteignit.

Gretel commença à pleurer doucement.

— Maintenant, dit Hansel, attendons la lune.

Lorsque la lune ronde apparut au-dessus des arbres, les cailloux blancs se mirent à briller.

Les enfants marchèrent de l’un à l’autre et atteignirent leur maison au matin.

Leur père fut si heureux de les revoir qu’il les serra longtemps dans ses bras.

Mais la faim n’avait pas disparu.

Quelque temps plus tard, la peur prit de nouveau le dessus chez les adultes et la belle-mère insista pour retourner dans la forêt.

Cette fois, la porte avait été verrouillée pendant la nuit et Hansel ne put ramasser de cailloux.

Au petit déjeuner, chacun des enfants reçut un petit morceau de pain.

En marchant, Hansel en détachait discrètement des miettes et les laissait tomber derrière lui.

Mais les oiseaux de la forêt avaient faim eux aussi.

Ils descendirent sur le chemin et mangèrent chaque miette.

Lorsque le soir arriva, il n’y avait plus aucune piste pour ramener les enfants chez eux.

— Nous allons nous débrouiller, dit cette fois Gretel. Tant que nous restons ensemble, la forêt n’est pas si effrayante.

Les enfants marchèrent longtemps.

Ils partagèrent leur dernière baie, burent dans un ruisseau et dormirent sous un sapin, blottis l’un contre l’autre.

Le troisième jour, un oiseau blanc se posa sur une branche devant eux.

Il vola d’arbre en arbre comme s’il les invitait à le suivre.

— Peut-être connaît-il le chemin, dit Gretel.

Ils le suivirent.

Bientôt, les arbres s’écartèrent et ils aperçurent la petite maison la plus étrange du monde.

Son toit était en pain d’épices.

Ses murs étaient faits de pain sucré.

Ses fenêtres brillaient comme du sucre.

Des noix et des fruits confits décoraient le bord du toit.

— Je crois que je rêve, murmura Hansel.

Ils avaient tellement faim qu’ils cassèrent un minuscule morceau du toit.

Crac.

Gretel toucha une fenêtre de sucre.

Cric.

Une voix s’éleva depuis l’intérieur.

— Qui grignote ma maison ?

La porte s’ouvrit.

Une très vieille femme s’appuyant sur une canne se tenait sur le seuil.

— Pauvres enfants ! dit-elle d’une voix douce comme du miel. Entrez. J’ai du lait chaud, des pommes et des lits confortables.

Hansel et Gretel hésitèrent.

Mais l’épuisement et la faim l’emportèrent.

Il faisait réellement chaud à l’intérieur.

La vieille femme les nourrit puis les coucha.

Le lendemain matin, cependant, sa voix n’avait plus rien de doux.

Les portes étaient verrouillées.

— Vous vivrez ici maintenant, déclara-t-elle. J’ai enchanté cette maison pour attirer des aides. Hansel transportera du bois et Gretel préparera mes friandises toute la journée. Et n’essayez même pas de vous enfuir.

Les enfants comprirent alors qu’il ne s’agissait pas d’une gentille grand-mère, mais d’une sorcière de la forêt.

Chaque fois qu’elle partait chercher des plantes, elle enfermait Hansel dans une réserve et obligeait Gretel à travailler dans la cuisine.

— Il faut nous échapper, se disaient les enfants le soir.

— Mais elle garde la clé à sa ceinture, remarqua Hansel.

Gretel se mit à observer attentivement.

La sorcière voyait mal et confondait souvent les pots, les cuillères et les portes des placards.

Un matin, elle ordonna :

— Gretel, vérifie le grand four. Est-il assez chaud pour le pain d’épices ?

Gretel vit que la porte du four était ouverte, mais elle ne voulut prendre aucun risque.

— Je ne comprends pas comment vérifier, dit-elle. Montrez-moi, s’il vous plaît.

La sorcière s’approcha avec mauvaise humeur.

— Il faut se pencher comme ça et regarder à l’intérieur !

Pendant qu’elle montrait le geste, son trousseau de clés glissa de sa ceinture et tomba sur la table.

Cling !

Gretel attrapa les clés et courut vers la réserve.

— Hansel !

Clic !

La porte s’ouvrit.

La sorcière se précipita derrière eux, mais les enfants étaient déjà dehors.

Gretel referma la porte d’entrée et tourna la clé.

— Ouvrez-moi immédiatement ! cria la sorcière depuis l’intérieur.

— Nous ouvrirons quand vous promettrez de ne plus jamais attirer d’enfants avec des friandises ni de les retenir ici contre leur volonté ! répondit Gretel.

La sorcière grogna, frappa la porte et lança des menaces.

Mais les enfants avaient la clé.

Près de la maison, Hansel remarqua un coffre.

À l’intérieur se trouvaient des bijoux et des pièces que la sorcière avait pris à des voyageurs.

Les enfants prirent seulement un petit sac de pièces pour acheter de quoi manger sur le chemin.

Ils laissèrent le reste pour que des adultes puissent plus tard rendre les objets à leurs propriétaires.

L’oiseau blanc apparut de nouveau sur une branche.

— Regarde ! dit Gretel. Notre guide.

Ils le suivirent.

Devant une large étendue d’eau, un canard blanc les aida à traverser. Il porta les enfants l’un après l’autre, car Gretel dit :

— Ensemble, nous serions trop lourds. Il ne faut pas surcharger notre petit ami.

De l’autre côté, la forêt commença à leur sembler familière.

Le soir, ils aperçurent le toit de leur maison.

Leur père courut vers eux.

Pendant leur absence, il avait amèrement regretté d’avoir laissé la peur guider ses décisions.

La belle-mère n’était plus là. Elle avait quitté le village après avoir compris que la famille n’accepterait jamais une telle décision de nouveau.

— Pardonnez-moi, dit leur père. Un adulte doit protéger les enfants, même lorsqu’il a peur et que la vie devient difficile.

Hansel et Gretel rentrèrent chez eux.

Les pièces suffirent pour acheter du grain, des graines et des vêtements chauds.

Au printemps suivant, la famille planta un grand potager.

Pendant longtemps, les enfants se souvinrent de la petite maison sucrée.

Pas parce que son toit avait été le plus délicieux du monde.

Mais parce qu’ils y avaient appris quelque chose d’important : Hansel savait trouver un chemin pour avancer, Gretel savait repérer une issue lorsqu’ils étaient pris au piège, et ensemble ils étaient plus forts que n’importe quelle magie de la forêt.

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