

Ukraine
Kotyhorochko
- Pays
- Ukraine
- Âge
- 7–11 ans

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Kotyhorochko
Une veuve vivait avec deux fils et une fille. Un jour, les trois enfants aînés quittèrent la maison et ne revinrent pas. La mère les chercha partout. Quelque temps plus tard, une petite graine de pois roula sur le sol. La femme la ramassa et la mangea. Plus tard, elle donna naissance à un garçon robuste et joyeux qu’elle appela Kotyhorochko. Il grandissait vite et possédait une force étonnante. Un soir, il découvrit dans un coffre trois vêtements d’enfants. — Maman, avais-je des frères et une sœur ? Elle lui raconta leur disparition. — Alors j’irai les chercher. Avant de partir, Kotyhorochko demanda au forgeron un énorme bâton de fer. Une fois prêt, il le lança très haut dans le ciel puis le rattrapa d’une seule main. Au-delà de la forêt, il trouva une demeure de pierre. Sa sœur y vivait, retenue par un enchanteur qui avait plongé ses frères dans un sommeil magique. — Je suis Kotyhorochko. Je suis venu vous ramener. Lorsque l’enchanteur revint, le garçon lui fit face. — Tu n’as pas le droit de retenir les autres ici. Ils s’affrontèrent dans une longue épreuve de force. Au troisième matin, Kotyhorochko l’emporta. L’enchanteur accepta de libérer tout le monde et s’enfuit derrière les montagnes. Dans les chambres souterraines, Kotyhorochko trouva ses frères endormis. Sa sœur apporta une cruche d’eau vive. Il en aspergea leurs visages et ils se réveillèrent. Sur le chemin du retour, cependant, la jalousie gagna les frères aînés. Ils craignaient que tout le monde ne parle que de leur jeune sauveur. Pendant que Kotyhorochko dormait sous un poirier, ils l’attachèrent solidement et partirent. À son réveil, il tira sur les liens. Ils ne cédaient pas. Alors il se redressa de toutes ses forces et arracha le jeune poirier avec ses racines. Il rentra chez lui, heureux de voir sa famille réunie, mais décida de repartir. — Je veux trouver des compagnons qui ne m’abandonneront pas par jalousie. Entre de hautes montagnes, il rencontra Rozvernyhora. — Je peux déplacer une montagne lorsqu’elle bloque le chemin. Plus loin, près d’une rivière en furie, il rencontra Zavernyvoda. — Je peux détourner l’eau pour créer un passage. Ils devinrent compagnons. Un soir, ils trouvèrent une petite maison vide dans la forêt. Le lendemain, l’un resta cuisiner tandis que les deux autres partirent chercher des provisions. Une vieille femme arriva. — Aide-moi à franchir le seuil. Pendant que l’homme se retournait, elle mangea presque tout le repas et disparut. Le lendemain, elle fit la même chose avec le deuxième compagnon. Le troisième jour, Kotyhorochko resta près du feu. La vieille apparut. — Porte-moi à travers le seuil. — Si tu as pu venir jusqu’ici, tu peux le franchir toi-même. Elle se précipita vers la marmite. — Voilà donc qui mangeait notre dîner ! Kotyhorochko lui barra le chemin. La vieille jeta de la cendre et s’enfuit vers un profond ravin. Le garçon la poursuivit et lança son bâton, qui tomba dans l’abîme avec elle. Ses compagnons fabriquèrent une longue corde et descendirent Kotyhorochko. Au fond se trouvaient de vastes salles où trois jeunes femmes étaient retenues par la magicienne. Lorsque la vieille revint, Kotyhorochko l’affronta dans un duel d’adresse et de ruse. Il réussit à prendre sa clé et l’enferma dans une pièce vide. — Tu resteras là jusqu’à ce que tu comprennes qu’on ne garde personne contre sa volonté. Il libéra les trois jeunes femmes. Ses compagnons les remontèrent l’une après l’autre. Puis, de nouveau, la jalousie s’empara d’eux. Ils décidèrent de laisser Kotyhorochko sous terre. Le garçon se méfia et plaça des pierres dans le panier à sa place. À mi-hauteur, ses compagnons lâchèrent la corde. Le panier de pierres s’écrasa. — Encore une trahison. Trouver de la force est plus facile que trouver de la fidélité. Kotyhorochko erra dans le monde souterrain jusqu’à découvrir un immense chêne où nichait un oiseau géant nommé Arop. Une tempête approchait. Le garçon protégea les oisillons sous de larges branches. Lorsque Arop revint, ses petits lui racontèrent ce qui s’était passé. — Que puis-je faire pour toi ? — Ramène-moi à la lumière. — La route est longue. Prépare de l’eau et de la nourriture. Kotyhorochko monta sur son dos. Pendant le vol, il partageait ses provisions avec l’oiseau. Lorsqu’il ne resta qu’un dernier morceau de pain, il le coupa en deux. — La moitié pour toi, la moitié pour moi. Nous arriverons ensemble. Arop déploya ses ailes et, d’un dernier effort, le ramena à la surface. Kotyhorochko retrouva les jeunes femmes et ses anciens compagnons. Rozvernyhora et Zavernyvoda baissèrent les yeux. — Nous avons honte. — Vous êtes forts, répondit-il. Mais la véritable force commence lorsqu’on sait vaincre sa jalousie. Il ne se vengea pas. Il leur donna la possibilité de réparer leur faute. Avec le temps, l’une des jeunes femmes libérées devint sa compagne de vie parce qu’ils avaient choisi de rester ensemble. Et lorsque l’on demandait à Kotyhorochko quelle était la plus grande force du monde, il répondait : — Une montagne est immense, l’eau puissante et le fer solide. Mais la plus grande force est de ne pas abandonner les siens et de ne pas devenir semblable à ceux qui nous ont trahis.
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