Couverture : La Petite Poule Henny et la grande alerte

Royaume-Uni

La Petite Poule Henny et la grande alerte

oiseaux, rumeurs, prudence, humour

Pays
Royaume-Uni
Âge
3–7 ans
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La Petite Poule Henny et la grande alerte

Un matin, la petite poule Henny se promenait dans le jardin, cherchant des graines sous les arbres.

Soudain : toc !

Quelque chose de petit lui tomba juste sur le dos.

Henny fit un bond.

— Oh ! Le ciel tombe !

En réalité, ce n’était qu’un petit gland, mais Henny eut si peur qu’elle ne leva même pas les yeux.

— Il faut prévenir le roi immédiatement ! décida-t-elle avant de partir en courant.

Bientôt, elle rencontra le petit coq Cocky.

— Où cours-tu si vite, Henny ?

— Chez le roi ! Le ciel tombe !

— Le ciel ?! s’exclama Cocky. Alors, je viens avec toi !

Et ils coururent ensemble.

Plus loin, ils rencontrèrent la petite cane Ducky.

— Où allez-vous comme ça ?

— Chez le roi ! Le ciel tombe !

— Quelle nouvelle ! Je viens aussi !

Puis l’oie Goosey les rejoignit, suivie du dindon Turkey.

Toute une procession courait maintenant sur le chemin :

— Le ciel tombe ! Le ciel tombe ! Il faut prévenir le roi !

À la lisière de la forêt, le renard Foxy les entendit.

— Où allez-vous si vite ? demanda-t-il d’une voix mielleuse.

— Chez le roi ! Le ciel tombe !

Le renard plissa les yeux.

— Êtes-vous sûrs de connaître le chemin ? Moi, je connais un raccourci. Passons par ma grotte.

Les oiseaux allaient le suivre lorsque la vieille oie Goosey s’arrêta.

— Attendez. Si nous allons chez le roi, pourquoi le chemin mène-t-il à une grotte sombre ?

Ducky se mit elle aussi à réfléchir.

— Et d’ailleurs, qui a vu le ciel tomber ?

Tous regardèrent Henny.

— Je l’ai… senti, dit la poule. Quelque chose m’est tombé sur le dos.

— Quoi exactement ? demanda Cocky.

Henny réfléchit.

— Je ne sais pas.

Le renard s’empressa de dire :

— Ne perdez pas de temps à vérifier ! Quand une nouvelle est effrayante, il faut courir aussi vite que possible !

Le dindon Turkey secoua alors gravement la tête.

— Au contraire. Plus une nouvelle est effrayante, plus il est important de savoir d’abord si elle est vraie.

— Retournons à cet endroit, proposa Goosey.

Le renard comprit que sa ruse avait échoué. Il renifla de dépit et s’en alla.

Les oiseaux retournèrent au jardin.

Henny leur montra l’arbre.

— C’est arrivé ici.

Tous examinèrent attentivement le sol.

— Regardez ! s’écria Ducky.

Un gland était tombé sous le chêne.

Cocky le ramassa avec son bec.

— Henny, je crois que voici ton ciel.

La petite poule rougit sous ses plumes.

— Alors, le ciel ne tombe pas ?

Tous levèrent la tête. Au-dessus d’eux s’étendait le grand ciel bleu, où de petits nuages blancs voguaient lentement.

— Il a l’air de tenir bon, dit Goosey en riant.

Henny rit elle aussi.

— Oh, mes amis, pardonnez-moi ! J’ai eu si peur que je n’ai même pas vérifié.

— Ce n’est rien, dit Turkey. Au moins, nous avons tous appris quelque chose d’important.

— Quoi donc ? demanda Ducky.

— Avant de transmettre une nouvelle effrayante, il faut s’arrêter, regarder et vérifier.

À cet instant, le jardinier du roi passait par là.

— Pourquoi êtes-vous tous rassemblés ici ?

Henny lui raconta toute l’histoire sans rien cacher.

Le jardinier se mit à rire et offrit à chacun une poignée de graines.

— Le courage de reconnaître une erreur mérite aussi une récompense.

Le soir, Henny était assise sous le même chêne. Un autre gland tomba d’une branche.

Toc !

La petite poule sursauta, puis regarda calmement par terre.

— Un gland, dit-elle. Tout simplement un gland.

Alors seulement, elle alla annoncer la nouvelle à ses amis :

— Vous savez quoi ? Aujourd’hui, des glands tombent du chêne !

Et cette fois, la nouvelle était tout à fait vraie.