

Philippines
L’aigle et la poule
- Pays
- Philippines
- Âge
- 4–8 ans

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L’aigle et la poule
À une époque où les oiseaux parlaient encore souvent entre eux, un aigle vivait au-dessus de vertes collines. Il volait si haut qu’il pouvait voir en même temps la rivière, les champs et les petites maisons tout en bas.
Près d’une ferme vivait une poule. Elle était joyeuse, travailleuse et adorait gratter sous les buissons, car on y trouvait toujours quelque chose d’intéressant.
Un jour, l’aigle descendit du ciel et se posa sur la clôture.
— Poule, je t’ai souvent remarquée depuis les hauteurs, dit-il. Tu es courageuse et attentive. Aimerais-tu un jour voler avec moi au-dessus des collines ?
La poule regarda ses larges ailes, puis ses propres petites ailes.
— J’aimerais beaucoup, mais mes ailes sont loin d’être aussi fortes que les tiennes.
— Je t’apporterai quelques plumes légères et je te montrerai des exercices, promit l’aigle. En attendant, prends cet anneau. Il sera le signe de notre accord. Lorsque je reviendrai, montre-le-moi.
La poule accepta et suspendit soigneusement l’anneau à un fin ruban autour de son cou.
— Je le garderai précieusement.
L’aigle déploya ses ailes et s’envola.
Le lendemain, un coq entra dans la cour.
— Quel bel anneau ! s’écria-t-il. D’où vient-il ?
La poule lui raconta sa rencontre avec l’aigle et leur accord.
Le coq secoua la tête.
— Voler haut doit être merveilleux. Mais as-tu vraiment besoin de l’anneau de quelqu’un d’autre pour apprendre le courage ?
La poule réfléchit. Elle prit le ruban dans son bec et décida finalement d’enlever l’anneau.
— Peut-être que non.
Mais au lieu de le ranger dans un endroit sûr, elle le posa négligemment sur un banc près du jardin.
Une rafale se leva. Le ruban glissa. L’anneau roula sur le bois, tomba dans l’herbe et disparut parmi les feuilles sèches.
La poule ne s’en aperçut même pas.
Une semaine passa. Un matin, une grande ombre traversa la cour. L’aigle était revenu.
Dans son bec, il portait plusieurs belles plumes légères.
— J’ai apporté ce que j’avais promis, dit-il. Où est l’anneau ?
La poule toucha son cou et se figea.
L’anneau avait disparu.
Elle courut vers le banc, regarda dessous puis fouilla les buissons.
Rien.
La poule eut honte. Pendant un instant, elle songea à inventer une histoire : dire que le vent avait emporté l’anneau ou qu’un ruisseau l’avait entraîné.
Mais elle soupira et dit la vérité.
— Je l’ai enlevé, je l’ai laissé sans surveillance et je crois que je l’ai perdu. J’avais promis de le garder, mais je ne l’ai pas fait.
L’aigle resta longtemps silencieux.
— Ce n’est pas l’anneau lui-même qui m’attriste, finit-il par dire. Les objets se perdent. Mais lorsque tu donnes ta parole, tu dois en prendre soin. Et si tu changes d’avis, il vaut mieux le dire franchement.
La poule baissa la tête.
— Je comprends.
L’aigle posa les plumes sur la clôture.
— Je te les laisse. Tu peux entraîner tes ailes sans moi. Mais considérons que notre ancien accord est terminé.
Il déploya ses ailes et remonta dans le ciel.
La poule se mit immédiatement à chercher l’anneau.
Elle gratta l’herbe près du banc.
Gratte-gratte.
Puis la terre sous le buisson.
Gratte-gratte-gratte.
Puis les feuilles sèches près de la clôture.
— Il doit bien être quelque part !
À la tombée du soir, elle ne l’avait toujours pas trouvé. Elle recommença le lendemain. Puis le jour suivant.
Bientôt, elle eut des poussins. Ils couraient derrière leur mère et demandaient :
— Maman, qu’est-ce que tu cherches toujours ?
— Un vieil anneau et une promesse importante, répondait-elle.
Les poussins ne comprenaient pas vraiment comment une promesse pouvait se cacher dans la terre, mais ils étaient ravis de participer aux recherches.
Gratte-gratte-gratte.
Avec le temps, les poules prirent tellement l’habitude de gratter le sol qu’elles continuèrent à le faire même lorsqu’elles ne pensaient plus à l’anneau. Sous les feuilles, elles trouvaient des graines, des grains et de petites choses délicieuses. Cette habitude se révéla donc très utile.
C’est pour cela, dit-on, que les poules grattent encore aujourd’hui la terre avec tant de soin, comme si elles espéraient toujours retrouver un minuscule anneau perdu.
Et lorsqu’un grand oiseau passe très haut au-dessus de la cour, une mère poule appelle ses poussins près d’elle. Non à cause d’une ancienne menace, mais simplement parce qu’une bonne mère aime toujours savoir où se trouvent ses petits.
En écoutant le grattement discret des pattes de poule, on peut se souvenir d’une vérité simple : un bijou perdu peut être difficile à retrouver, mais la confiance, elle, vaut mieux être protégée dès le début.
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