Couverture : L’oiseau d’or

Allemagne

L’oiseau d’or

Pays
Allemagne
Âge
6–10 ans
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L’oiseau d’or

Dans le jardin royal poussait un pommier extraordinaire. Au printemps, il se couvrait de fleurs blanches. En été, ses feuilles formaient une épaisse verdure. Et à l’automne, des pommes d’or mûrissaient sur ses branches. Elles brillaient doucement, comme si chacune renfermait une goutte de soleil.

Le roi était très fier de cet arbre et ordonnait au jardinier de compter les fruits chaque soir.

Un matin, une pomme manquait.

Le lendemain, une autre avait disparu.

Le jardinier avait trois fils. L’aîné monta la garde la nuit, mais s’endormit à minuit. Le deuxième essaya à son tour et s’assoupit lui aussi. Alors le plus jeune dit :

— Laissez-moi essayer. Je ne promets pas de miracle, mais je ferai de mon mieux pour garder les yeux ouverts.

Cette nuit-là, le jardin devint silencieux. La lune flottait au-dessus des arbres.

Soudain, une lumière traversa le ciel.

Un oiseau se posa sur le pommier. Il était doré du bec jusqu’au bout des ailes. Il tendit la tête vers une pomme.

Le garçon bondit.

Effrayé, l’oiseau déploya ses ailes et une plume d’or tomba doucement sur l’herbe.

Au matin, on apporta la plume au roi.

— Si un tel oiseau existe, déclara le roi, je veux savoir d’où il vient.

Le fils aîné du jardinier partit le premier. Près de la forêt, il rencontra un renard roux.

— Je sais où tu vas, lui dit le renard. Ce soir, tu verras deux auberges. L’une sera bruyante et luxueuse, l’autre calme et simple. Choisis la plus tranquille. Là, tu te souviendras de la raison pour laquelle tu es parti.

L’aîné se moqua de ce conseil. Arrivé au village, il choisit l’auberge la plus brillante et la plus animée. Un jour passa, puis un autre, et bientôt l’Oiseau d’or ne lui sembla plus si important.

Le deuxième frère partit ensuite et ignora le même conseil.

Alors le plus jeune demanda la permission de partir.

Son père s’inquiétait, mais le garçon dit :

— Je ne sais pas si je trouverai l’oiseau. Mais si quelqu’un me propose de l’aide, je commencerai par écouter.

À l’entrée de la forêt, il rencontra le renard roux.

— Voilà une meilleure réponse, dit le renard. Viens avec moi.

Il lui montra un chemin plus court. Le garçon passa la nuit dans l’auberge simple et reprit sa route le matin.

— Un château se trouve plus loin, expliqua le renard. Tu y trouveras l’Oiseau d’or dans une cage de bois ordinaire. Juste à côté se trouve une magnifique cage d’or. Ne change pas l’oiseau de cage. Ce qui brille nous fait parfois oublier l’essentiel.

Tout était exactement comme le renard l’avait annoncé.

Mais le garçon pensa :

« Un oiseau aussi magnifique mérite sûrement une cage d’or. »

Dès qu’il le déplaça, les barreaux dorés tintèrent, l’oiseau poussa un cri et les gardes se réveillèrent.

Le seigneur du château écouta le garçon.

— Tu es venu chercher cet oiseau sans permission. Je te donne une chance de réparer ton erreur. Rapporte-moi le cheval d’or qui court plus vite que le vent.

Dehors, le renard l’attendait.

— Tu ne m’as pas écouté ?

— Non.

— Au moins, tu l’avoues. Dans le prochain château, tu trouveras le cheval d’or. À côté de lui, deux selles : une simple en cuir et une autre en or. Choisis celle en cuir.

Au deuxième château, le garçon découvrit le cheval et les deux selles.

« Un tel cheval mérite la plus belle », pensa-t-il.

Au moment où sa main toucha la selle d’or, de minuscules clochettes se mirent à sonner.

Le roi de ce château lui dit :

— Si tu veux le cheval, aide-moi à accomplir une tâche que personne ne parvient à terminer. Une princesse du royaume voisin connaît le secret de la grande colline qui bloque un ancien cours d’eau. Demande-lui de venir nous aider.

Le renard retrouva encore le garçon.

— Cette fois, rappelle-toi surtout ceci : ne décide pas à la place d’une autre personne. Dis la vérité à la princesse et laisse-la choisir.

Le garçon rencontra la princesse dans son jardin et lui raconta tout : les pommes volées, l’oiseau, ses erreurs et le cheval d’or.

Elle l’écouta attentivement.

— Je connais cette colline. Des inondations ont accumulé la terre sur un ancien ruisseau. Je viendrai avec toi. Mais je veux d’abord dire au revoir à ma famille et leur expliquer où je vais.

— Bien sûr, répondit le garçon.

La princesse emporta des plans des anciens canaux et ils reprirent la route ensemble.

Pendant sept jours, les habitants creusèrent, déplacèrent des pierres et guidèrent l’eau ailleurs. Le septième soir, le renard apparut.

— Vous avez bien travaillé. Maintenant, laissez aussi la forêt participer.

Pendant la nuit, des blaireaux, des taupes, des lapins et quantité de petits animaux ameublirent la terre et ouvrirent des passages. L’eau retrouva son ancien lit et une partie de la colline s’affaissa d’elle-même.

Au matin, à l’endroit où s’était dressée la muraille de terre, on voyait une vallée verte traversée par un ruisseau.

Le roi tint sa promesse et leur donna le cheval d’or.

La princesse choisit de poursuivre le voyage.

— Je veux voir l’Oiseau d’or qui a fait commencer toute cette aventure.

Ils retournèrent au premier château.

Le garçon amena le cheval d’or mais déclara :

— Je ne veux pas échanger une créature vivante contre une autre comme s’il s’agissait d’objets. Laissons l’oiseau choisir.

La porte de la cage s’ouvrit.

L’Oiseau d’or s’envola, fit un cercle au-dessus de la cour puis se posa sur l’épaule du garçon.

Tout le monde comprit.

Le cheval resta lui aussi auprès des voyageurs, car son ancien propriétaire vit avec quelle confiance il les suivait et accepta de le laisser partir.

Sur le chemin du retour, ils s’arrêtèrent dans le village où les frères aînés étaient restés. Leur argent avait disparu et ils avaient honte de rentrer.

— Venez avec nous, leur dit le plus jeune. Père vous attend. Il n’est jamais trop tard pour recommencer.

Au début, les frères lui furent reconnaissants. Mais plus ils approchaient de la maison, plus leur jalousie revenait.

Près d’une rivière, ils poussèrent leur jeune frère le long d’une pente de sable tendre et emmenèrent le cheval et l’oiseau.

Le garçon ne fut pas blessé, mais ne pouvait pas remonter seul.

Le renard apparut encore une fois.

— Tu as un talent rare pour oublier les conseils exactement au moment où tu en as le plus besoin, grommela-t-il en lui tendant sa queue.

Le garçon rit malgré tout.

— Au moins, j’apprends un peu plus vite chaque fois.

Le renard le tira hors du ravin.

Pendant ce temps, les frères arrivèrent au jardin royal et prétendirent avoir eux-mêmes trouvé l’oiseau et le cheval.

Mais le cheval d’or refusa de courir. L’oiseau ne voulait pas chanter. Et la princesse déclara simplement :

— Ce ne sont pas les personnes avec qui j’ai voyagé.

Lorsque le plus jeune revint, l’Oiseau d’or se mit aussitôt à chanter si clairement que les habitants ouvrirent leurs fenêtres. Le cheval frappa joyeusement le sol d’un sabot.

La vérité apparut d’elle-même.

On ne fit aucun mal aux frères aînés. Ils durent rendre ce qu’ils avaient pris, reconnaître leur tromperie et travailler quelque temps dans le jardin royal auprès de leur père.

Le roi ne voulut plus enfermer l’Oiseau d’or. On installa un perchoir ouvert près du pommier. L’oiseau venait et repartait quand il le désirait et laissait parfois une plume d’or dans l’herbe.

La princesse resta parce qu’elle le choisit. Elle et le plus jeune fils du jardinier devinrent très proches et, plus tard, décidèrent de partager leur vie.

Un jour, ils rencontrèrent de nouveau le renard roux.

Un mince anneau d’or brillait autour de son cou.

L’Oiseau d’or le toucha du bec et l’anneau éclata en étincelles.

À la place du renard se tenait un jeune homme.

— Mon frère ? murmura la princesse.

Un ancien sort l’avait transformé. Il ne pouvait être brisé que par la gratitude sincère d’une personne qu’il aurait aidée encore et encore, même après ses erreurs.

— Alors, pendant tout ce temps, je n’avais besoin de vaincre personne ? sourit le garçon. Je devais apprendre à écouter ?

— Et à reconnaître tes erreurs, ajouta l’ancien renard.

L’Oiseau d’or chanta, les feuilles du pommier frémirent et un vent tiède traversa le jardin.

Depuis ce temps, les habitants du royaume disent que le véritable trésor n’est pas toujours ce qui brille le plus fort.

Le véritable trésor est ce qui vous aide à devenir plus sage sur le chemin du retour.

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