

Sri Lanka
La civette palmiste gourmande
- Pays
- Sri Lanka
- Âge
- 5–9 ans

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La civette palmiste gourmande
Trois cultivateurs plantèrent un champ de bananiers près d’une forêt. Ils travaillèrent longtemps, arrosèrent les plantes et soutinrent les tiges sous le poids des fruits. Enfin, les régimes mûrirent. Mais chaque fois qu’un beau régime semblait prêt à être coupé, les meilleurs fruits disparaissaient pendant la nuit. — Quelqu’un vient ici. Les cultivateurs installèrent une grande corbeille tressée au-dessus des bananes les plus parfumées. Si quelqu’un tirait sur un fruit, la corbeille descendrait doucement et l’enfermerait sans le blesser. Cette nuit-là, une mère civette palmiste sortit de la forêt avec son petit. Le jeune animal leva le museau. — Maman, quelle odeur ! — Justement. Continuons notre chemin. — Je vais seulement regarder. Ils avancèrent. La mère remarqua immédiatement la corbeille. — Elle n’était pas là hier. Mieux vaut partir. Le petit fit encore un pas. — Je ne fais que regarder. Puis un autre. — Je vais seulement sentir. Il approcha son nez du régime. — Je toucherai juste un fruit. Sa patte se posa dessus. Rien ne se produisit. — Tu vois ? La mère soupira. — C’est ainsi que commencent beaucoup de mauvaises aventures : seulement regarder, seulement approcher, seulement toucher. Le petit n’écoutait déjà plus. — Je vais tirer un tout petit peu. Clic. La corbeille descendit. Le petit se retrouva dessous. — Maman ! — Je suis là. La mère essaya de soulever la corbeille, sans succès. — Tu n’es pas blessé. Reste calme. Nous verrons ce qui se passe au matin. Le petit regarda tristement les bananes. — Je ne voulais pas voler tout le régime. — Je sais. Tu voulais seulement regarder. — Puis seulement m’approcher. — Oui. — Puis seulement toucher. — Oui. Au lever du jour, les cultivateurs arrivèrent. — Voilà donc notre visiteur. Ils virent que l’animal était jeune et terrifié. — Nous avons besoin de notre récolte, mais nous n’allons pas faire de mal à une petite bête pour quelques bananes. Ils transportèrent la corbeille jusqu’à la lisière et la soulevèrent. Le jeune animal fila vers sa mère. Après quelques pas, il se retourna vers le champ. — Ça sent toujours très bon, dit la mère. — Oui. — Et maintenant ? Le petit réfléchit. — Je regarderai d’ici. Puis je continuerai ma route. Depuis ce jour, dit le conte, il se souvint que les grosses difficultés commencent rarement par une grande décision. Elles commencent souvent très doucement par : « Je vais seulement regarder. »
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