

Danemark
La Malle volante
- Pays
- Danemark
- Âge
- 7–11 ans

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La Malle volante
Un riche marchand avait amassé sa fortune en travaillant avec soin et en ne gaspillant rien. À sa mort, son fils hérita de tout. Le jeune homme, malheureusement, aimait les fêtes, les objets coûteux et les dépenses sans lendemain. En quelques années, presque toute la fortune disparut. Ses nombreux amis disparurent avec elle. Un ancien camarade lui envoya alors une vieille malle en bois avec un message : « Range tes affaires et recommence ta vie. » Le jeune homme rit tristement. — Quelles affaires ? Il ne me reste presque rien. Il s’assit dans la malle. — Alors je vais m’y ranger moi-même. À peine eut-il fermé le couvercle que la malle trembla. Puis elle bondit. Et s’envola. Elle passa au-dessus des toits, des clochers, des forêts et de la mer. Finalement, elle descendit dans un bois près d’une ville lointaine. Le jeune homme cacha la malle sous des branches et partit explorer les environs. Il aperçut un palais aux fenêtres très hautes. — Qui habite là ? — La fille du roi. Ses parents la protègent beaucoup et elle reçoit peu de visiteurs. Le jeune homme pensa immédiatement à sa malle. La nuit suivante, il vola jusqu’à la fenêtre de la princesse. — Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, stupéfaite. Cette fois, le jeune homme ne voulut pas inventer une histoire grandiose. — Un voyageur apporté ici par une malle magique. La princesse rit. Ils parlèrent longtemps. Le jeune homme savait raconter des histoires et elle aimait les écouter. — Revenez samedi, dit-elle. Mes parents prendront le thé avec moi. Racontez-leur une histoire. Ma mère aime celles qui font réfléchir et mon père celles qui font rire. Le jeune homme retourna dans la forêt. Inventer une bonne histoire lui demanda davantage d’efforts qu’il ne l’aurait cru. Le samedi, il revint. — Racontez-nous quelque chose, dit le roi. Le jeune homme commença : — Dans une cuisine, tous les objets décidèrent un soir qu’ils étaient les plus importants du monde. La boîte d’allumettes se vantait de produire la lumière. La marmite affirmait qu’aucun repas ne pouvait exister sans elle. La cruche disait que l’eau était essentielle. La bouilloire se croyait la plus musicale. La brosse assurait que sans propreté, rien n’avait de valeur. Ils se disputaient encore lorsqu’une servante entra. Elle prit une allumette, alluma le feu et posa la marmite dessus. Chacun comprit alors qu’il avait son utilité, mais qu’aucun n’était important tout seul. La reine sourit. — Il y a une bonne idée dans cette histoire. Le roi rit. — Et j’aime beaucoup cette bouilloire prétentieuse ! Les parents de la princesse apprécièrent le jeune homme. Ils décidèrent que les deux jeunes pouvaient continuer à se connaître et, s’ils le souhaitaient toujours plus tard, penser au mariage. La veille d’une grande fête, le jeune homme voulut impressionner toute la ville. Il chargea des feux d’artifice dans la malle volante et s’éleva dans le ciel. Des étoiles rouges, vertes et dorées éclatèrent au-dessus des toits. Les habitants crièrent de joie. Après le spectacle, le jeune homme posa la malle dans la forêt et partit écouter ce que racontaient les gens. Lorsqu’il revint, il ne trouva qu’un petit tas de cendres. Une étincelle oubliée avait mis le feu au vieux bois. Le jeune homme s’assit sur le sol. Sans la malle, il ne pouvait plus atteindre facilement la haute fenêtre du palais. Il comprit aussi qu’il venait de perdre une seconde chance par la même insouciance qui lui avait déjà fait perdre sa fortune. Il partit donc à pied. Il n’avait plus d’argent, plus de malle et plus de moyen spectaculaire de voler vers les palais. Mais il possédait encore quelque chose : son talent pour raconter des histoires. Il voyagea de ville en ville et gagna sa vie comme conteur. Partout, les gens lui demandaient : — Encore une histoire ! Et lorsqu’il racontait celle de la malle volante, il ajoutait toujours : — Le cadeau le plus précieux peut disparaître en un instant si l’on ne prend pas soin de lui. Lorsqu’une seconde chance arrive, mieux vaut la traiter avec plus d’attention que je n’ai traité ma malle.
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