

Danemark
La Petite Fille aux allumettes
- Pays
- Danemark
- Âge
- 7–12 ans

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La Petite Fille aux allumettes
Le dernier soir de l’année était glacial. La neige couvrait les rues et les toits. Derrière les fenêtres, on voyait des lumières chaudes et l’on sentait parfois l’odeur des repas de fête. Une petite fille marchait lentement dans les rues en proposant des boîtes d’allumettes. — Des allumettes, s’il vous plaît… Personne ne s’arrêtait. Elle n’avait rien vendu de la journée. Elle avait perdu ses chaussures, trop grandes pour elle, et ses pieds étaient glacés. Elle aurait voulu rentrer chez elle, mais elle craignait l’accueil qui l’y attendait et savait que la pièce serait froide elle aussi. Elle se blottit donc entre deux maisons. — Juste un peu de chaleur. Elle prit une allumette. Scratch ! Une petite flamme apparut. Dans sa lumière, elle imagina un grand poêle chaleureux. Elle tendit les mains. Puis l’allumette s’éteignit. Le poêle disparut. Elle en alluma une deuxième. Une table de fête apparut devant elle, couverte de pain chaud, de fruits et de plats fumants. Elle sentit presque leur parfum. La flamme s’éteignit. La table disparut. Une troisième allumette révéla un immense sapin de Noël chargé de lumières. Les petites flammes montèrent dans le ciel et devinrent des étoiles. L’une d’elles glissa vers l’horizon. La fillette se souvint de sa grand-mère. — Quand tu vois une étoile tomber, pense à quelqu’un que tu aimes. L’amour ne disparaît pas parce qu’une personne est loin. Sa grand-mère avait été celle qui la serrait toujours contre elle et lui parlait avec tendresse. La fillette craqua une nouvelle allumette. Sa grand-mère apparut dans la lumière. — Grand-mère ! La petite savait que l’image disparaîtrait avec la flamme. Alors elle alluma toutes les allumettes restantes. Une grande clarté l’entoura. Elle n’entendait plus le vent. Dans son imagination, sa grand-mère lui tendait les bras. — Je suis avec toi, ma petite étoile. Le matin, les habitants trouvèrent la fillette près du mur, entourée d’allumettes consumées. Son visage était paisible. Quelqu’un murmura : — Elle essayait de se réchauffer. Alors beaucoup comprirent avec honte qu’ils l’avaient vue la veille sans s’arrêter. Ce jour-là, les habitants parlèrent moins des fêtes et davantage de ceux que la ville oubliait. On apporta des vêtements chauds dans les refuges. Une boulangerie posa un panier de pain gratuit près de sa porte. Des adultes commencèrent à demander aux enfants seuls : — As-tu besoin d’aide ? Car parfois, le miracle le plus important n’est pas une vision dans la flamme d’une allumette. Il commence lorsqu’une personne en remarque enfin une autre. Et pendant les hivers suivants, les habitants essayèrent davantage de faire en sorte qu’aucun enfant ne reste seul dans le froid.
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