Couverture : La récompense du travail

Afrique du Sud

La récompense du travail

Pays
Afrique du Sud
Âge
5–9 ans
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La récompense du travail

Près de collines verdoyantes vivait une jeune femme avec ses deux filles. Leur père n’était plus là, et la mère travaillait seule pour faire vivre la maison. Les filles, encore jeunes, aidaient déjà : elles portaient l’eau, ramassaient le bois et triaient les grains. Une année, la récolte fut mauvaise. — Nous irons chez votre grand-mère, dit leur mère. Elle vit au-delà des collines. Nous lui demanderons un peu de grain jusqu’à la prochaine saison. La route commença joyeusement parmi les fleurs et l’herbe mouillée. Puis le sentier devint étroit. Soudain, un immense serpent, esprit malveillant des anciens récits, apparut. — Courez ! cria la mère. Ne vous retournez pas ! Les deux filles fuirent entre les buissons. Elles attendirent longtemps derrière un grand rocher. Leur mère ne revint pas. Le soleil descendait et les enfants pleuraient lorsqu’une vieille femme apparut avec une petite marmite. — Pourquoi êtes-vous seules ? Elles racontèrent ce qui s’était passé. — Essuyez vos larmes. Si vous n’avez nulle part où aller, je prendrai soin de vous. Vous pouvez m’appeler grand-mère. La vieille femme était une puissante magicienne. — Cet endroit n’est pas sûr. Je connais une forêt où personne ne vous fera de mal. Elle toucha leurs épaules. Les deux filles devinrent de beaux oiseaux. La magicienne se changea elle aussi en oiseau, et toutes trois s’envolèrent. Elles vécurent dans une grande forêt paisible, pleine de ruisseaux, de fougères, de fleurs et de baies. Les filles grandirent et apprirent à être courageuses, attentives et solidaires. Des années plus tard, la magicienne dit : — Vous êtes adultes maintenant. La forêt vous a protégées, mais il est temps de trouver votre propre place. Elles volèrent jusqu’à un grand établissement entouré de champs. La magicienne reprit l’apparence d’une vieille femme et les deux sœurs redevinrent humaines. On leur accorda une parcelle et un emplacement pour une maison. — Nous vous aiderons à monter la charpente. Le reste dépendra de vous. Les sœurs se mirent au travail. Elles choisirent de bonnes branches, posèrent soigneusement le toit de chaume et tressèrent une clôture. Le soir, leur petite maison était prête. Le lendemain, elles commencèrent à cultiver le champ. — Travaillez régulièrement, sans vous précipiter, conseilla la magicienne. Faites bien ce qui se trouve aujourd’hui entre vos mains. Les jours passèrent. Les rangées devinrent nettes. À la saison des pluies, une haute muraille verte de maïs poussa. Les voisins commencèrent à parler d’elles. — Elles travaillent sans peur. — Elles font tout ensemble. — Et elles aident aussi les autres. Le souverain local vint voir leur champ. — J’ai beaucoup de travailleurs, dit-il, mais rarement un champ aussi bien entretenu. Quel est votre secret ? La vieille femme sourit. — Il n’y en a pas beaucoup. Faire correctement sa tâche, ne pas l’abandonner à moitié et s’entraider. Et, pour les bonnes personnes, une petite pincée de magie ne fait parfois pas de mal. Tout le monde rit. Parmi les visiteurs se trouvaient les deux fils adultes du souverain. Ils remarquèrent non seulement la beauté des sœurs, mais aussi leur assurance, leur manière de parler aux gens et leur attention l’une pour l’autre. Avec le temps, les quatre jeunes gens se fréquentèrent davantage, travaillèrent ensemble et apprirent à se connaître. Quand chacune des sœurs choisit librement de partager sa vie avec l’un des frères, le village organisa une grande fête. Mais leur véritable récompense n’était pas la fête. C’était la maison, la récolte, le respect gagné et l’avenir qu’elles avaient construit elles-mêmes. La magicienne resta encore quelque temps. Un matin, elle les conduisit près de la rivière. — Autrefois, j’ai trouvé deux enfants effrayées derrière un rocher. Aujourd’hui, je vois deux femmes fortes. Souvenez-vous : le travail n’est pas important parce qu’il garantit toujours une récompense. Il nous permet de grandir, d’apprendre et de créer quelque chose qui n’existait pas. Les sœurs l’embrassèrent. Elles se tournèrent un instant vers l’eau. Derrière elles, un battement d’ailes se fit entendre. Un bel oiseau faisait un cercle au-dessus de leur champ avant de disparaître derrière les collines. Les sœurs sourirent. Elles savaient qui c’était. Et chaque fois qu’une tâche semblait difficile, elles se rappelaient : — Fais honnêtement ce que tu peux aujourd’hui. Ainsi, demain aura quelque chose sur quoi pousser.

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