Couverture : La Renarde et le Loup compère

Ukraine

La Renarde et le Loup compère

Pays
Ukraine
Âge
4–8 ans
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La Renarde et le Loup compère

Une Renarde vivait dans une petite maison au bord de la forêt. Elle se vantait de toujours trouver une astuce. Son problème était qu’elle aimait ruser même lorsqu’il aurait suffi de demander. Un matin d’hiver, le feu de son poêle s’éteignit. Elle alla au village chercher une braise. Une vieille femme l’accueillit. — Entre donc. Je viens de sortir des petits pains au pavot du four. L’odeur était irrésistible. Pendant que la vieille se retournait, la Renarde prit un petit pain et s’éclipsa. Dans la forêt, elle mangea la garniture au pavot et remplit le pain d’herbe sèche. Puis elle rencontra des garçons qui conduisaient un jeune taureau. — Qui veut échanger ce taureau contre un merveilleux petit pain au pavot ? Les garçons rirent. Mais la Renarde vanta tellement sa pâtisserie qu’un garçon accepta. — Ne l’ouvrez pas avant que j’aie passé le tournant ! Elle partit avec le taureau. Plus tard, elle fabriqua un petit traîneau, attela l’animal et se mit en route. Le Loup compère apparut. — Quel beau traîneau ! Emmène-moi. — Tu es trop lourd. — Je poserai seulement une patte. Puis une deuxième. Puis une troisième. Enfin, le Loup s’assit tout entier. Crac ! Le petit traîneau se brisa dans la neige. — Je t’avais prévenu ! Le Loup eut honte. — Je suis désolé. — Alors aide-moi à fabriquer un autre traîneau. Va chercher du bois droit. Le Loup, qui ne connaissait rien à la menuiserie, revint avec des branches tordues. — Je vais devoir chercher moi-même. Pendant son absence, le Loup eut faim. Il mangea les provisions transportées par la Renarde et effraya tellement le taureau que celui-ci s’enfuit jusqu’au village. Lorsque la Renarde revint, elle était furieuse. — Très bien, Loup. Nous sommes quittes pour le petit pain, mais je me souviendrai de ce repas. Ils repartirent chacun de leur côté. Plus tard, la Renarde vit des chariots chargés de poisson. Elle se coucha près de la route et fit semblant d’être épuisée. Les voyageurs la placèrent avec précaution sur le dernier chariot, pensant l’aider. Dès qu’ils regardèrent ailleurs, elle jeta plusieurs poissons dans la neige, puis sauta du chariot et les ramassa. Le Loup arriva. — D’où vient tout ce poisson ? — Je l’ai pêché. — Donne-m’en un. — Non. Va pêcher toi-même. — Comment ? La Renarde plissa les yeux. — Va près d’un trou dans la glace, plonge ta queue dans l’eau et répète : « Poisson, viens, petit et grand ! » Le Loup la crut. Il s’assit près d’une ouverture dans la rivière gelée et plongea sa queue. Le froid augmentait. La glace commença à se former autour. La Renarde, cachée dans les roseaux, murmurait : — Gèle, gèle, queue de loup… — Qu’est-ce que tu dis ? — Je dis : « Viens, poisson, petit et grand ! » Reste encore un peu. Lorsque le Loup essaya enfin de bouger, il comprit qu’il n’avait attrapé aucun poisson. Sa queue était simplement prise dans la glace. — Renarde ! Encore une de tes ruses ! Des habitants arrivèrent avec un seau d’eau chaude et libérèrent doucement sa queue. Le Loup partit, trempé et vexé. La Renarde entra ensuite dans une cuisine vide et se barbouilla la tête de pâte. Lorsqu’elle rencontra le Loup, elle gémit : — Regarde ce qui m’est arrivé ! Je suis si faible. Porte-moi jusqu’à ma maison. Le Loup soupira. — Très bien. Mais c’est la dernière fois que je te crois sans vérifier. La Renarde monta sur son dos et marmonna : — Le battu porte l’indemne, le battu porte l’indemne… — Que dis-tu ? — Je dis : « Le bon Loup porte la Renarde. » Arrivée chez elle, elle sauta et chanta : — Le battu a porté l’indemne ! Le Loup la regarda. Puis il comprit. — Tu m’as encore trompé. Mais au lieu de courir après elle, il s’assit. — J’ai mal agi avec ton traîneau et tes provisions. Tu avais le droit d’être fâchée. Mais tu pouvais me le dire et me demander de réparer. Tu as préféré inventer piège après piège. La Renarde cessa de rire. — C’était amusant. — Pour toi. Le Loup se leva. — Si tu veux être réellement mon amie, reviens sans ruse. Le lendemain, la Renarde rendit un petit pain au pavot à la vieille femme, aida les garçons à retrouver le taureau et apporta deux poissons au Loup. — On fait la paix ? Le Loup regarda les poissons. — D’abord, montre-moi qu’il n’y a rien d’étrange à l’intérieur. La Renarde éclata de rire. — Très bien, compère. Maintenant, tu apprends vite. Et cette fois, ils mangèrent ensemble sans aucune tromperie.

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