Couverture : La vache merveilleuse

Philippines

La vache merveilleuse

Pays
Philippines
Âge
5–9 ans
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La vache merveilleuse

Un soir, un paysan philippin rentrait des champs dans sa charrette à deux roues. Derrière lui, attachée à une longue corde, marchait tranquillement une vache. Non loin de là se trouvaient deux amis, Felipe et Ambrosio. Felipe remarqua que le paysan ne se retournait jamais. — Et si on lui jouait un tour ? Il expliqua son idée. Les deux garçons s’approchèrent sans bruit. Felipe détacha la vache et la conduisit derrière des buissons. Ambrosio attacha le bout de la corde à sa propre ceinture. La charrette continua. Après quelques minutes, le paysan entendit derrière lui une voix humaine : — Aïe… une pierre… Il se retourna. À la place de sa vache marchait un garçon. — Où est ma vache ?! Ambrosio prit son air le plus sérieux. — Je vais tout vous expliquer. Autrefois, j’étais un garçon très désobéissant. Un jour, ma mère s’est écriée : « Si seulement tu pouvais devenir calme et docile comme une vache ! » Et, à l’instant même, je me suis transformé en vache. Le paysan cligna des yeux. — En vache ? — Oui. Celle que vous avez achetée. Je ne pouvais pas parler. Et aujourd’hui, l’enchantement a dû se terminer. Le paysan était complètement perdu. — Viens jusqu’à ma maison. Ma femme comprend mieux que moi les choses étranges. Sa femme observa Ambrosio, la corde et l’histoire avec beaucoup de méfiance. Mais elle dit : — S’il est redevenu humain, nous n’allons certainement pas le garder attaché. Laisse-le partir. Ambrosio remercia et disparut à toute vitesse. Derrière la colline, Felipe l’attendait avec la vache. Les deux amis rirent longtemps. Puis la vache fit : — Meuh. Les garçons se calmèrent. Felipe passa une main sur son flanc. — Et maintenant, que va faire son propriétaire ? C’est sa vache. — Nous voulions seulement plaisanter. — Une plaisanterie est terminée quand tout le monde peut en rire. Lui doit être inquiet. Ils s’assirent dans l’herbe. Puis Ambrosio se leva. — Ramenons-la. — Et que dirons-nous ? — La vérité. Ils conduisirent la vache jusqu’à la ferme. Le paysan racontait justement à un voisin l’histoire incroyable de la vache transformée en garçon. En voyant les cornes familières, il s’interrompit. Puis il aperçut Felipe. Puis Ambrosio. — Voilà qui promet une deuxième moitié très intéressante à mon miracle. Les garçons baissèrent la tête. — Il n’y avait pas de magie. Nous avons voulu plaisanter. — Et nous avons pris votre vache. C’était mal. Elle va bien et nous vous la rendons. Le paysan les regarda longtemps. — Ma femme disait que quelque chose n’allait pas dans votre histoire. Depuis la maison, la femme lança : — Je l’avais bien dit ! Le paysan fronça les sourcils, mais le coin de sa bouche trembla. — Très bien. La vache est revenue. Mais demain matin, vous viendrez tous les deux m’aider au champ. — Toute la journée ? — Si vous préférez redevenir des vaches, j’aurai encore plus de travail pour vous. Cette fois, tout le monde éclata de rire. Le lendemain, Felipe et Ambrosio vinrent travailler comme promis. Pendant longtemps, les habitants du village racontèrent l’histoire de la vache qui avait, pendant quelques minutes, semblé se transformer en garçon. Et les deux amis retinrent surtout ceci : inventer une plaisanterie ingénieuse est facile. Comprendre à temps qu’elle a cessé d’être gentille demande davantage de sagesse.

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