

Danemark
La vieille maison
- Pays
- Danemark
- Âge
- 6–10 ans

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La vieille maison
Dans une rue tranquille d’une grande ville se trouvait une très vieille maison.
Elle n’était ni imposante ni à la mode. Ses fenêtres étaient petites, son toit penchait légèrement et des visages sculptés regardaient depuis les poutres en bois, comme s’ils se souvenaient de centaines d’histoires.
Chaque jour, les passants se dépêchaient sans lui prêter attention.
Mais un petit garçon qui vivait de l’autre côté de la rue s’arrêtait souvent près de sa fenêtre et observait la maison.
Un homme âgé y vivait seul.
Le garçon le voyait parfois arroser des fleurs ou lire près de la fenêtre.
Un après-midi, il demanda à sa mère s’il pouvait lui rendre visite.
— Apporte-lui quelque chose de notre part, répondit-elle. Personne ne devrait se sentir oublié simplement parce qu’il vit seul.
Le garçon prit un petit soldat de plomb de sa collection.
— C’est pour vous, dit-il au vieil homme. Il pourra vous tenir compagnie.
Le vieil homme sourit chaleureusement.
— C’est une mission très importante pour un si petit soldat.
Il invita le garçon à entrer.
Les pièces étaient remplies de vieux meubles, de portraits, d’horloges, de livres et d’objets appartenant à une autre époque. Rien ne semblait aller ensemble et pourtant chaque chose paraissait exactement à sa place.
Le garçon remarqua le portrait d’une jeune femme.
— Qui est-ce ?
— Quelqu’un que j’ai beaucoup aimée, répondit le vieil homme. Elle est partie depuis bien des années, mais les souvenirs ne disparaissent pas simplement parce que le temps passe.
Ils burent du thé et parlèrent jusqu’au soir.
Après cela, le garçon revint souvent.
Parfois, il lisait à voix haute.
Parfois, le vieil homme racontait comment était la ville à l’époque où les rues étaient pleines de chevaux et où l’on allumait les lampes à la main.
Le petit soldat de plomb resta sur une étagère près de l’horloge.
La nuit, lorsque la pièce devenait silencieuse, le soldat imaginait que les vieux meubles murmuraient entre eux.
L’armoire sculptée se souvenait de mariages et de dîners d’hiver.
L’horloge se souvenait d’enfants devenus vieux.
Le portrait se souvenait de musique.
Même les lames du parquet semblaient garder le souvenir de pas anciens.
Le soldat comprit qu’une vieille maison n’était pas vide simplement parce qu’une seule personne y vivait.
Elle était pleine de souvenirs.
Un matin de printemps, le garçon vint rendre visite au vieil homme et trouva les rideaux fermés.
Le vieil homme était mort paisiblement pendant la nuit.
Le garçon fut très triste.
Peu après, des membres de la famille arrivèrent. Certains meubles furent emportés, les livres rangés dans des caisses et la vieille maison vendue.
Avant de partir, un parent trouva le petit soldat de plomb.
— Il appartient probablement au garçon d’en face.
Le soldat retourna donc chez lui.
Les années passèrent.
La vieille maison fut finalement démolie. Un bâtiment neuf, droit et lumineux, avec de grandes fenêtres, prit sa place.
Le petit garçon devint un jeune homme puis, un jour, père à son tour.
Un après-midi, en ouvrant une vieille boîte, il retrouva le petit soldat de plomb.
Il le prit dans sa main et se souvint soudain de tout : du sourire du vieil homme, du thé, du tic-tac de l’horloge, des meubles sculptés et des histoires sur une ville disparue.
Son enfant demanda :
— Pourquoi tu souris ?
— Ce petit soldat avait autrefois un travail très important, répondit-il. Il tenait compagnie à un vieil homme. Et maintenant, il vient de me rappeler un ami que je ne veux jamais oublier.
Il plaça le soldat sur une étagère.
Dehors, la ville continuait de changer. De nouvelles maisons remplaçaient les anciennes, les rues devenaient plus larges et les gens se hâtaient.
Mais certaines choses survivaient dans les histoires, dans de petits objets et dans les souvenirs que l’on choisissait de transmettre.
Et c’est ainsi qu’une vieille maison peut rester debout bien longtemps après la disparition de ses murs.
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