

Sri Lanka
Le cerf et ses amis
- Pays
- Sri Lanka
- Âge
- 6–10 ans

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Le cerf et ses amis
Sur une île couverte de forêts arriva une grande sécheresse. Une saison passa sans pluie. Puis une deuxième. Puis une troisième. Les ruisseaux se tarirent, les flaques disparurent et les animaux durent parcourir de longues distances pour trouver de l’eau. Au milieu de la forêt, entre de gros rochers, une petite vasque naturelle restait pourtant remplie d’eau claire. Le Cerf connaissait cet endroit. Chaque matin, il venait boire avec prudence. Un jour, il rencontra une Corneille couverte de poussière. — Tu as l’air encore en forme, Cerf. Aurais-tu trouvé de l’eau ? Le Cerf aurait pu garder son secret. Mais il répondit : — Oui. Viens avec moi. Si chacun boit raisonnablement et protège l’endroit, il y en aura pour plusieurs. Le lendemain, ils rencontrèrent un Pic. — J’ai cherché partout et je n’ai trouvé aucune eau. — Alors viens avec nous. Ils furent trois. Puis ils rencontrèrent une Tortue presque épuisée par la chaleur. — De l’eau… — Nous allons t’y conduire, promit la Corneille. Enfin, un Chacal demanda lui aussi à connaître le chemin. — L’eau appartient à ceux qui en ont besoin, dit le Cerf. Mais prends-en soin. Ainsi, cinq animaux se retrouvèrent chaque jour près de la petite vasque. Un matin, un chasseur vit les traces qui menaient vers l’eau. Il posa un piège sur le sentier. Le Cerf arriva sans le voir et une corde se resserra autour de sa patte. Il essaya de se libérer. Puis s’arrêta. — Si je panique, je ne ferai qu’aggraver les choses. La Corneille, le Pic et la Tortue arrivèrent. — Nous ne te laisserons pas ici. Le Chacal arriva en dernier. Il observa le piège et pensa en secret : « Si le Cerf reste pris, cela pourrait m’être utile. » La Tortue examina la corde. — Elle est très épaisse. Je peux la ronger, mais il me faudra du temps. Le Pic se tourna vers le Chacal. — Tes dents sont fortes. Aide-la. Le Chacal recula. — Mes dents me font mal aujourd’hui. La Corneille le regarda. La veille encore, il avait cassé des fruits très durs sans difficulté. La Tortue commença donc seule. Elle mordit. Se reposa. Reprit. La nuit arriva. La Corneille resta près du Cerf pour qu’il ne soit pas seul. Le Pic surveillait le chemin. La Tortue continuait à ronger. À l’aube, le Pic aperçut le chasseur. — Il approche ! La Corneille eut une idée. Le chasseur avait suspendu un paquet de riz à une branche. Elle vola jusqu’au paquet et se mit à tirer sur le nœud. — Hé ! cria le chasseur. Il courut protéger son repas. Quand il revint vers le piège, la Corneille retourna au paquet. Le Pic frappait bruyamment les branches de l’autre côté. Le chasseur ne savait plus où regarder. — Presque fini, souffla la Tortue. Elle mordit encore. — Maintenant ! Le Cerf tira une seule fois. La corde, presque sectionnée, céda. — Cours ! Le Cerf disparut entre les arbres. La Tortue se cacha sous les racines. La Corneille et le Pic s’envolèrent. Le Chacal, resté près du buisson, comprit soudain qu’il était maintenant seul face au chasseur. Il prit peur et s’enfuit aussi vite qu’il put. Plus loin dans la forêt, les amis se retrouvèrent. Le Cerf inclina la tête devant la Tortue. — Tu as travaillé toute la nuit pour moi. — J’ai fait ce que je pouvais. — Le Pic nous a donné du temps, ajouta la Corneille. — Et la Corneille a détourné l’attention du chasseur, répondit le Pic. Le Cerf sourit. — Chacun m’a sauvé à sa manière. La Tortue acquiesça. — C’est pour cela que les amis n’ont pas besoin d’être semblables. L’un a des ailes, l’autre un bec, un autre de la patience. Ce qui compte, c’est d’utiliser ce que l’on sait faire lorsque quelqu’un en a besoin. Le Chacal les observait parfois de loin. Il avait compris qu’être présent autour de la même source ne suffit pas à faire un ami. L’amitié commence au moment où l’on ne détourne pas les yeux quand l’autre est en difficulté. Et les véritables amis du Cerf continuèrent longtemps à partager l’eau de la petite vasque, chacun n’en prenant que ce dont il avait besoin.
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