Couverture : Le chacal et le Gamarala

Sri Lanka

Le chacal et le Gamarala

Pays
Sri Lanka
Âge
5–9 ans
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Le chacal et le Gamarala

Dans un village de Sri Lanka vivait un Gamarala, un paysan simple qui cultivait son champ avec patience. Non loin de là rôdait un Chacal qui adorait profiter du travail des autres. Un matin, le Gamarala planta des patates douces. Le Chacal regarda depuis les buissons. — Beaucoup de travail, pensa-t-il. Heureusement, quelqu’un le fait pour moi. Quand les plantes poussèrent, il vint la nuit gratter la terre et manger les meilleurs tubercules. Le Gamarala remarqua bientôt les traces. — Quelqu’un visite mon champ sans invitation. Il décida de surveiller. Le Chacal arriva comme d’habitude, sûr de lui. Le Gamarala se montra. — Ainsi, c’est toi. Le Chacal prit immédiatement son air le plus innocent. — Moi ? Je passais seulement par ici. — Et les patates dans ta bouche ? Le Chacal avala trop vite et toussa. Le paysan croisa les bras. — Si tu as faim, tu peux demander. Mais tu ne peux pas prendre chaque nuit ce que j’ai cultivé. Le Chacal protesta : — La forêt n’appartient à personne. — Mon champ, lui, est cultivé. Ce n’est pas la même chose. Le Chacal partit vexé. Le lendemain, il imagina une nouvelle ruse. Il vint près de la maison et cria : — Gamarala ! J’ai trouvé un endroit où poussent des fruits magnifiques. Viens vite avant que d’autres les prennent ! Le paysan reconnut le ton trop empressé. — Si c’est si merveilleux, pourquoi ne les prends-tu pas toi-même ? Le Chacal hésita. — Parce que… je voulais partager. — Alors apporte-en un pour me montrer. Le Chacal repartit, contrarié. Il n’avait rien trouvé du tout. Quelques jours plus tard, il tenta encore. — Gamarala ! Un gros poisson s’est échoué près de la rivière. — Apporte-le. — Il est beaucoup trop lourd. — Alors montre-moi les traces. Le Chacal resta sans réponse. Le Gamarala sourit. — Une histoire qui change dès qu’on pose une question n’est pas une très bonne histoire. Le Chacal comprit qu’il ne pourrait plus facilement tromper le paysan. Mais au lieu de réfléchir, il se vexa davantage. Une nuit, il revint dans le champ et commença à arracher les jeunes plantes simplement pour embêter le Gamarala. Le paysan l’entendit. Il sortit avec une lanterne. — Tu es revenu non pour manger, mais pour abîmer ce que tu ne peux pas avoir. Le Chacal s’arrêta. Pour la première fois, il n’avait aucune excuse convaincante. — J’étais en colère. — La colère ne plante rien. Elle ne fait que détruire. Le Gamarala regarda les plants renversés. Puis il dit : — Demain matin, reviens. Si tu m’aides à remettre tout en ordre, je te donnerai une part de la récolte quand elle sera prête. Le Chacal fut surpris. — Tu me donnerais quand même quelque chose ? — Si tu travailles honnêtement pour cela. Le lendemain, il hésita longtemps, puis revint. Il remit la terre autour des plants, transporta des feuilles sèches et chassa les petits animaux qui auraient pu endommager les pousses. Le travail lui sembla beaucoup plus difficile qu’il ne l’imaginait. Le soir, le Gamarala partagea son repas avec lui. — Un morceau gagné par ton effort a meilleur goût que dix morceaux volés, dit-il. Le Chacal mâcha lentement. Il dut reconnaître que c’était vrai. À partir de ce jour, il ne devint pas soudain parfait. Il resta un Chacal malin et parfois trop tenté par les raccourcis. Mais lorsqu’il voulait quelque chose dans le champ du Gamarala, il demandait. Et le paysan répondait parfois oui, parfois non. Ce qui comptait, c’est que chacun savait désormais à quoi s’en tenir. Dans le village, on racontait longtemps cette histoire pour rappeler qu’une ruse peut gagner un repas, mais qu’une relation honnête peut nourrir bien plus longtemps.

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