Couverture : Le charbonnier devenu roi

Philippines

Le charbonnier devenu roi

Pays
Philippines
Âge
6–10 ans
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Le charbonnier devenu roi

Dans un royaume lointain vivait un roi qui adorait les grandes annonces et les défis. Sa fille, une princesse intelligente, tenait surtout à décider elle-même de son avenir. Un jour, le roi proclama : — Celui qui apportera au palais dix charrettes d’argent pendant dix jours prouvera qu’il sait gérer une grande richesse. Il pourra devenir mon héritier et demander la main de la princesse. Le fils d’un pauvre charbonnier entendit l’annonce. — Maman, je vais essayer. — Nous n’avons même pas une seule charrette d’argent. — Parfois, le chemin apparaît après le premier pas. Le lendemain, il entra dans la forêt. Au moment d’abattre un vieil arbre, une voix murmura : — Ne me coupe pas. Regarde plutôt dans mon tronc. Le jeune homme trouva une petite bourse usée. Il la secoua. Une pièce d’argent tomba. Puis deux autres. Puis une pluie entière de pièces. La bourse était magique. Sa mère lui dit : — Elle peut t’aider, mais elle ne te rendra pas sage. Cela, tu devras l’apprendre toi-même. Pendant plusieurs jours, les charrettes d’argent arrivèrent au palais. La princesse était contrariée. — Mon père parle de moi comme si j’étais une récompense. Lorsqu’elle apprit que l’argent venait d’une bourse magique, elle invita le jeune homme dans le jardin. Pendant qu’il dormait un moment à l’ombre, elle prit la bourse. Le lendemain, le jeune homme comprit qu’il ne pouvait plus tenir sa promesse. Il quitta la ville et voyagea longtemps. Dans les montagnes, affamé, il mangea un fruit inconnu. Deux petites cornes poussèrent aussitôt sur sa tête. Le lendemain, il trouva un autre arbre aux fruits dorés. Il en goûta un. Pouf ! Les cornes disparurent. Il emporta des fruits des deux arbres. — Cette magie pourra peut-être m’aider à récupérer ce qui est à moi, mais sans vengeance. Après plusieurs mois, il revint dans la capitale sans être reconnu et se fit engager dans la cuisine royale. Un jour, il ajouta un peu de jus du premier fruit à un dessert. Le roi, la reine et la princesse en mangèrent. Pouf ! De petites cornes apparurent sur leurs têtes. Le palais fut en émoi. L’aide-cuisinier s’avança. — Je connais le remède. Mais il ne fonctionnera qu’après une conversation honnête. Il retira sa capuche. La princesse le reconnut. — C’est toi… — Oui. Le fils du charbonnier. La princesse baissa les yeux. — J’ai pris la bourse. J’avais peur qu’on me force à épouser quelqu’un que je n’avais pas choisi. Je voulais arrêter le concours, mais j’ai agi mal. Le roi soupira. — Et moi, j’ai traité ma fille comme une récompense. Ce n’était pas plus sage. Le jeune homme hocha la tête. — Alors recommençons sans voler et sans mettre des personnes en jeu. La princesse rendit la bourse. Le jeune homme donna à chacun du jus du second fruit. Les cornes disparurent. Le roi annula son concours. Personne ne pourrait désormais « gagner » un mariage. Le fils du charbonnier resta à la cour pour apprendre à gouverner. Il visita les villages, écouta les habitants et utilisa une partie de l’argent magique pour des puits, des routes et des écoles. La princesse et lui discutèrent souvent, apprirent à se connaître et devinrent de proches amis. Bien plus tard, le jeune homme demanda : — Veux-tu que nous continuions sur la même route ? — Oui. Mais seulement si tu acceptes que j’aie souvent raison. Ils se marièrent par choix. Lorsque le vieux roi leur confia les affaires du royaume, l’ancien fils du charbonnier devint roi. La bourse magique resta dans une simple boîte de bois portant ces mots : « La richesse ouvre des portes. La sagesse indique lesquelles franchir. »

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