

Sri Lanka
Le gardien des éléphants
- Pays
- Sri Lanka
- Âge
- 7–11 ans

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Le gardien des éléphants
Sur une île où les grands arbres ombrageaient les chemins vivait une famille modeste : un homme, sa femme, leur fils et leur fille. Un matin, des tambours annoncèrent une nouvelle royale. — Le roi cherche quelqu’un pour s’occuper de ses éléphants ! Le père se rendit au palais. — Sais-tu garder les éléphants ? demanda le roi. — J’apprendrai ce que je ne sais pas. Mais j’ai une famille. Le salaire doit suffire à quatre personnes. Le roi proposa une somme. L’homme refusa poliment. Le roi en proposa une meilleure. — Voilà une entente juste. Le roi sourit. — Tu négocies avec un roi. — Je réponds aussi de ceux qui dépendent de moi. Le roi apprécia cette réponse. Sur le chemin du retour, l’homme trouva une bague ornée d’une grosse pierre précieuse. Il pensa à tout ce qu’il pourrait acheter avec. Puis secoua la tête. — Trouver ne signifie pas posséder. Il remit la bague au roi. C’était un bijou appartenant à un puissant maharaja. Impressionné par son honnêteté, le roi lui confia définitivement la garde des éléphants. L’homme apprit vite à reconnaître leur humeur, à vérifier leurs pieds, leur eau et leur nourriture. Le plus vieux mâle resta d’abord méfiant. — Je ne te presserai pas, disait le gardien. Nous nous connaîtrons quand tu voudras. Quelques semaines plus tard, l’éléphant tendait déjà sa trompe en le voyant. Un soir, un rakshasa, esprit bruyant de la forêt, apparut près de l’enclos. — Gardien ! Je viens t’emmener dans la forêt ! L’homme eut peur, mais réfléchit. — Je suis au service du roi. Il faut d’abord demander son autorisation. Le rakshasa alla au palais. Le roi répondit : — Parle au gardien lui-même. Le rakshasa revint. — Le roi a dit de traiter avec toi. — Très bien. Mais si tu es aussi fort que tu le prétends, prouve-le. Vois-tu notre plus grand éléphant ? Fais-le reculer d’un bout de la cour à l’autre. Le rakshasa accepta. On attacha une longue liane entre lui et le harnais de l’éléphant. Le gardien murmura quelques mots à l’animal. L’éléphant fit un pas. Puis un deuxième. Le rakshasa glissa sur le sol. L’éléphant continua tranquillement. — Stop ! J’abandonne ! Je laisse le gardien tranquille ! Le gardien arrêta l’éléphant et défit la liane. Le rakshasa s’enfuit. Plus tard, pendant une forte pluie, le gardien chercha refuge dans une grotte. Deux jeunes femmes s’y trouvaient. Elles expliquèrent qu’elles étaient deux princesses séparées de leur mère durant un voyage. — Je peux prévenir le roi, dit le gardien. Personne ne vous forcera à partir. Vous choisirez vous-mêmes. Le lendemain, le roi envoya nourriture, vêtements chauds et un accompagnement sûr. Les deux sœurs décidèrent de rejoindre la ville. Peu après, leur mère arriva elle aussi, épuisée par ses recherches. Elle rencontra d’abord l’aînée près d’un puits. — Ma fille, donne-moi un peu d’eau. L’aînée, gênée par les vêtements poussiéreux de sa mère devant les gens de la cour, répondit : — Plus tard. La mère poursuivit son chemin. La cadette la vit depuis une porte. — Maman ! Elle lui apporta de l’eau, de la nourriture et un endroit où se reposer. Le soir, l’aînée vint demander pardon. — J’ai agi comme si l’opinion des autres était plus importante que toi. — Reconnaître son erreur est déjà un premier pas, répondit sa mère. Lorsque le roi apprit comment le gardien avait aidé la famille, il l’appela. — Tu as rendu une bague qui ne t’appartenait pas. Tu as écarté une menace sans violence. Tu as aidé une famille à se retrouver. Quelle récompense veux-tu ? L’homme réfléchit. — Réparez le vieux pont près de notre village. Les enfants ont du mal à le traverser pour aller à l’école pendant la saison des pluies. Le roi sourit. — Même ta récompense sert aux autres. Le pont fut réparé. Le gardien continua longtemps à s’occuper des éléphants. Et chaque matin, le vieux mâle lui tendait la trompe, comme pour demander : — Alors, mon ami, quelle aventure aujourd’hui ?
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