Couverture : Le lion et la grue

Inde

Le lion et la grue

Pays
Inde
Âge
3–7 ans
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Le lion et la grue

Dans un pays chaud où les hautes herbes bruissaient sous le vent, vivait un grand lion.

Tous les animaux connaissaient sa voix puissante et le bruit lourd de ses pas. Mais un jour, le lion n’avait guère envie de rugir.

En mangeant, un petit morceau d’os pointu s’était coincé dans sa gorge.

Le lion toussa, renifla, but de l’eau, mais rien n’y fit.

— Quelle contrariété ! grogna-t-il. Personne ne peut donc m’aider ?

Les animaux l’entendirent, mais aucun ne se pressa de s’approcher. Le lion était fort et, lorsqu’il était de mauvaise humeur, il pouvait aussi se montrer très impatient.

Près de l’eau se tenait une grue. Elle avait de longues pattes, un bec fin et un caractère calme.

Elle observa attentivement le lion.

— Je crois pouvoir t’aider. Mais tu dois rester parfaitement immobile et me promettre de ne pas me faire de mal.

— Je te le promets ! répondit aussitôt le lion. Aide-moi seulement !

La grue réfléchit encore un instant. Puis elle trouva une petite branche solide et la plaça de manière à empêcher le lion de refermer brusquement ses mâchoires.

— Ne bouge pas, prévint-elle.

Le lion se figea.

Avec une extrême prudence, la grue avança son long bec et retira le morceau pointu qui empêchait le lion d’avaler et de respirer correctement.

— Voilà !

Le lion prit une profonde inspiration.

— Enfin ! Je peux parler de nouveau !

— Excellente nouvelle, sourit la grue. Prends soin de ta gorge et ne mange plus si vite.

Elle retourna près de la rivière tandis que le lion se reposait à l’ombre.

Quelques jours passèrent.

Un jour, la grue rencontra de nouveau le lion. Il était couché sous un arbre et paraissait parfaitement satisfait.

La grue se souvint du risque qu’elle avait pris pour l’aider et lui dit poliment :

— Lion, te rappelles-tu le jour où je t’ai aidé à résoudre un problème que tu ne pouvais pas régler seul ? J’aimerais au moins entendre un simple merci.

Le lion bâilla.

— Merci ? répéta-t-il. Le fait que je ne t’aie pas fait de mal ne suffisait donc pas ?

La grue le regarda avec étonnement.

— Nous avions convenu que tu ne me ferais pas de mal. Ce n’était pas une récompense. C’était ta promesse.

Le lion ne répondit rien. Il détourna simplement la tête.

La grue resta silencieuse un moment.

— Je comprends maintenant. Il est bon d’aider quelqu’un en difficulté, mais on ne peut pas forcer la gratitude. Et la prochaine fois, je réfléchirai davantage avant d’accorder ma confiance.

Elle déploya ses ailes et s’envola au-dessus de la rivière.

Le lion resta seul sous son arbre.

Ce soir-là, il vit d’autres oiseaux accueillir la grue avec des cris joyeux. L’un lui apporta une baie bien mûre, un autre lui céda la meilleure place au bord de l’eau, et un troisième lui dit simplement :

— Nous sommes heureux que tu sois là.

Le lion se mit à réfléchir.

Le lendemain matin, il se rendit lui-même jusqu’à la rivière.

— Grue, appela-t-il un peu maladroitement. Hier, j’ai dit une sottise. Tu m’as réellement aidé. Merci.

La grue inclina la tête.

— Voilà qui est bien mieux.

Puis chacun reprit sa journée.

Depuis ce jour, le lion prêta davantage attention à l’aide que les autres lui apportaient. Quant à la grue, elle n’oublia jamais que la bonté est précieuse, mais que sa propre sécurité et sa dignité le sont aussi.

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