Couverture : Le lion et le loup

Angola

Le lion et le loup

Pays
Angola
Âge
5–8 ans
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Le lion et le loup

Un jour, le Lion marchait sur un large sentier. Le soleil était déjà haut, l’herbe frémissait sous le vent chaud et les oiseaux s’appelaient dans les buissons. Le Lion avançait lentement, avec beaucoup de dignité. Il aimait que tout le monde remarque ses pattes puissantes, sa grande crinière et son pas assuré. Au milieu du chemin, il s’arrêta, regarda autour de lui et déclara d’une voix forte : — Dans le monde entier, personne n’est plus fort que moi ! Il fit une pause comme s’il attendait des applaudissements. — Bon, à part peut-être mon ami l’Éléphant. Lui aussi est très puissant. Et la petite Fourmi Rouge de Malemba. Elle est minuscule, mais quelle force ! Tous les autres, en revanche, ne peuvent pas rivaliser avec moi. Dans les buissons voisins se trouvait le Loup. Il avait tout entendu. Il passa la tête entre les feuilles. — Ne parle pas si vite, Lion. Tu oublies quelque chose. Le Lion se retourna, surpris. — Moi ? Oublier ? — Oui. Il existe quelqu’un de plus fort que toi. Le Lion fronça les sourcils. — Qui donc ? — Celui qui sait beaucoup de choses. Le Lion cligna des yeux. Il s’attendait au nom d’un animal immense. — Et depuis quand le savoir est-il une force ? Le Loup sourit. — Et plus fort encore peut être celui qui sait bien se servir de ses mains. Cette fois, le Lion se fâcha. — Que racontes-tu ? Tu veux me faire passer pour un vantard ? — Je dis seulement que la force des muscles n’est pas tout. L’intelligence, l’habileté et l’expérience réussissent parfois ce que les plus grosses pattes ne peuvent pas faire. Le Lion fouetta l’air de sa queue. Il n’aimait pas qu’on contredise ses grandes déclarations. — Attends un peu ! rugit-il en bondissant vers les buissons. Mais le Loup avait déjà pris de l’avance. Il filait entre les arbres, se glissait dans les broussailles et sautait par-dessus les racines. Le Lion le poursuivait, mais il comprit bientôt qu’il dépensait son énergie pour rien. Le Loup connaissait chaque virage, chaque passage étroit, chaque ouverture entre les fourrés. Finalement, le Lion s’arrêta. Il respirait lourdement et regardait avec irritation l’endroit où son adversaire avait disparu. À bonne distance, le Loup se retourna. Il ne se moqua pas du Lion. Il dit simplement : — Tu vois ? Celui qui possède de la force est fort. Mais celui qui est sage sait qu’il existe plusieurs sortes de force. Puis il poursuivit son chemin. Le Lion ne répondit rien. Après cette aventure, raconte le conte, le Lion et le Loup évitèrent de se rencontrer trop souvent. Le Lion se souvenait que le Loup avait percé sa vanité à jour, et le Loup savait que la vérité n’est pas toujours agréable pour celui qui se croit le meilleur. Dans la forêt, cependant, on continua longtemps à répéter ceci : une grande puissance mérite le respect, mais elle ne rend personne supérieur à tous. L’un possède la force, un autre l’intelligence, un troisième l’expérience, et parfois le plus habile est simplement celui qui trouve la bonne route au bon moment.

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