

Allemagne
Le mariage de Madame Renard
- Pays
- Allemagne
- Âge
- 5–9 ans

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Le mariage de Madame Renard
Un vieux renard avait vécu de nombreuses années avec Madame Renard. Lorsqu’il mourut paisiblement un hiver, elle fut très triste.
Pendant longtemps, elle ne voulut ni fête ni nouvelle compagnie.
Elle restait près de la fenêtre, regardait tomber la neige et se souvenait des belles années qu’ils avaient partagées.
Une gentille chatte qui aidait dans la maison veillait à ce que tout reste chaud et bien rangé.
Un matin, on frappa à la porte.
Un loup se tenait dehors avec un petit bouquet.
— J’ai entendu dire que Madame Renard vit désormais seule. J’aimerais faire sa connaissance, si elle le souhaite.
La chatte monta à l’étage.
— Madame Renard, Monsieur Loup est là.
Madame Renard réfléchit.
— Est-il attentif aux autres ?
— Je crois.
— Écoute-t-il autant qu’il parle ?
La chatte se rappela que le loup avait passé presque toute sa visite à parler de lui-même.
— Peut-être pas tout à fait.
— Alors remercie-le pour les fleurs, mais dis-lui que je ne suis pas prête.
Le loup repartit sans se fâcher.
Le lendemain, un chien se présenta.
— Je suis joyeux, fidèle et excellent gardien. Peut-être Madame Renard aimerait-elle me rencontrer ?
La chatte porta le message à l’étage.
— Aime-t-il les soirées tranquilles ? demanda Madame Renard.
D’en bas retentit soudain un énorme aboiement :
— JE SUIS LÀ ! DITES-LUI QUE J’ATTENDS !
— Pas spécialement tranquilles, répondit la chatte.
— Alors nous sommes sans doute trop différents.
Ensuite vint un cerf.
Il était élégant et très poli, mais il contempla son reflet si longtemps que la chatte eut le temps de nettoyer deux fois le rebord de la fenêtre.
— Il est beau, dit Madame Renard, mais je n’ai pas besoin de quelqu’un qui passe tout son temps à se regarder.
Un lièvre arriva.
Il était gentil, mais tellement nerveux qu’il demandait toutes les deux minutes s’il avait dit quelque chose de mal.
— Il a besoin de quelqu’un qui puisse l’aider à prendre confiance, dit Madame Renard. Moi, j’ai besoin de calme en ce moment.
Puis vint un ours portant un énorme pot de miel.
En attendant la réponse, il en mangea presque la moitié.
— Une intention généreuse, rit la chatte, même si le cadeau a un peu rétréci en chemin.
Pour la première fois depuis longtemps, Madame Renard rit elle aussi.
Ensuite, un lion se présenta.
— Dites à Madame Renard que moi, le Lion, je suis prêt à embellir sa maison de ma présence.
La chatte n’avait même pas atteint l’escalier que Madame Renard cria depuis l’étage :
— Merci, mais ma maison me plaît déjà !
Après encore quelques jours de visites, la chatte demanda :
— Peut-être avons-nous reçu assez de prétendants ?
Madame Renard regarda le feu.
— Peut-être. Je ne cherche pas quelqu’un simplement parce que j’ai peur d’être seule. Si un jour je choisis un compagnon, je veux quelqu’un avec qui le silence soit agréable et la conversation joyeuse.
À cet instant, on frappa de nouveau.
Un jeune renard se tenait devant la porte. Il portait des bottes rousses et un petit bouquet de baies d’hiver.
— Bonjour. J’ai entendu dire que Madame Renard n’aime pas toujours les visiteurs inattendus. Si ce n’est pas un bon jour, je peux repartir.
La chatte leva un sourcil.
— Tu n’insisteras pas ?
— Pourquoi le ferais-je ? Si quelqu’un ne souhaite pas recevoir de visite, il faut respecter cela.
La chatte monta rapidement.
— Madame Renard, il y a encore un visiteur.
— Qui ?
— Un jeune renard.
— Comment est-il ?
— Poli. Il ne se vante pas. Et la première chose qu’il a dite, c’est qu’il repartirait si vous ne vouliez pas de compagnie.
Madame Renard réfléchit.
— Alors invite-le pour le thé. Rien que le thé.
Le jeune renard essuya ses pattes avant d’entrer.
Il ne choisit pas la meilleure chaise avant qu’on la lui propose.
Il demanda à Madame Renard comment allait son jardin, écouta ses histoires, rit aux plaisanteries de la chatte et aida à débarrasser les tasses.
Il revint la semaine suivante.
Plus tard, ils se promenèrent ensemble dans la forêt.
Au printemps, ils plantèrent un rosier sauvage près de la maison.
En été, ils cueillirent des baies.
En automne, ils s’assirent sur le perron pour écouter la pluie.
Lorsque l’hiver revint, Madame Renard dit :
— Je crois que je suis prête pour une fête.
— Quelle fête ? demanda la chatte en souriant.
— Un mariage.
Les amis de la forêt aidèrent à préparer la célébration.
Le lièvre apporta des rubans.
L’ours apporta du miel et, cette fois, n’ouvrit pas le pot en route.
Le cerf décora la porte avec des branches.
Le chien promit de n’aboyer qu’après le début de la musique.
Même le loup et le lion vinrent les féliciter.
Personne ne chercha à prouver qu’il était meilleur que les autres.
Madame Renard avait choisi elle-même la personne avec laquelle elle se sentait heureuse.
En regardant les invités danser, la chatte dit :
— Le bon visiteur n’est pas celui qui frappe le plus fort. C’est celui dont le coup à la porte vous donne envie d’ouvrir.
Et si les musiciens de la forêt ne se sont pas encore fatigués, peut-être jouent-ils toujours quelque part sous un vieux chêne cette joyeuse musique de mariage.
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