

Sri Lanka
Le paon de bois
- Pays
- Sri Lanka
- Âge
- 6–10 ans

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Le paon de bois
Dans un village de Sri Lanka vivait un artisan extrêmement habile. Il travaillait le bois avec une telle précision qu’il pouvait fabriquer des coffres, des portes, des jouets et même des mécanismes compliqués. Un jour, il décida de créer quelque chose que personne n’avait encore vu. Il sculpta un grand paon de bois. Les ailes étaient articulées. Des cordes et des leviers passaient à l’intérieur du corps. Une fois le mécanisme correctement réglé, l’oiseau pouvait réellement s’élever dans les airs. L’artisan avait deux fils. Il leur expliqua : — Ce paon n’est pas un jouet. Chaque corde a une fonction. Ne touchez pas aux leviers sans moi. Les garçons promirent. Mais la curiosité du plus jeune grandissait chaque fois qu’il regardait l’oiseau. Un jour, tandis que leur père était absent, il dit : — Je veux seulement voir comment fonctionne la commande des ailes. Son frère essaya de l’arrêter. Trop tard. Le garçon tira sur une corde. Les ailes s’ouvrirent. Il actionna un levier. Le paon bondit en avant. En quelques secondes, les deux frères étaient à bord et l’oiseau montait au-dessus des arbres. — Comment on descend ? cria l’aîné. — Je croyais que tu savais ! Le vent les emporta loin de leur village. Pendant ce temps, l’artisan rentra et comprit ce qui s’était passé. Il prit des outils et partit à leur recherche. Le paon finit par atterrir dans une clairière lointaine. Les garçons sortirent, secoués mais indemnes. Ils décidèrent d’attendre leur père près de l’appareil. Mais une rivière coupait la région. Leur père arriva sur l’autre rive. Il aperçut les garçons et cria : — Ne bougez pas ! Je vais trouver un passage ! Une femme de haut rang voyageait justement près de là avec ses enfants et plusieurs serviteurs. La confusion autour de la rivière sépara bientôt le groupe. Un batelier accepta d’abord de conduire la femme sur l’autre rive. Mais au lieu de traverser directement, il fit descendre le bateau avec le courant vers une ville. — Vous allez dans la mauvaise direction ! — Je sais ce que je fais, répondit-il sèchement. À son arrivée, le dirigeant local comprit qu’elle avait été amenée contre son gré. Il lui donna une chambre sûre et interdit au batelier de l’approcher. — Je veux retrouver mon mari et mes enfants, dit-elle. — Nous vous aiderons. De l’autre côté de la rivière, les deux garçons cherchèrent leurs parents. Une bonne veuve les recueillit. — Restez chez moi jusqu’à ce que votre famille soit retrouvée. Le père, lui, parcourut villages et routes pendant des mois. Puis des années. Il dépensa presque tout ce qu’il avait pour continuer ses recherches. Trois ans passèrent. Les deux garçons avaient grandi et travaillaient dans la ville où leur mère avait été accueillie. Un jour, ils entendirent qu’au palais on organisait une grande journée d’aide aux voyageurs et aux personnes dans le besoin. Ils y allèrent. Dans la cour, ils aperçurent une femme distribuant nourriture et vêtements. — Maman ? Elle les reconnut immédiatement. Ils s’étreignirent longtemps. — Et votre père ? Les garçons secouèrent la tête. La mère décida alors que la journée d’aide aurait lieu chaque semaine. — S’il voyage encore pour nous chercher, il finira peut-être par entendre parler de cet endroit. Quelques semaines plus tard, un homme fatigué arriva au portail. On lui donna de l’eau et de quoi manger. Puis il leva les yeux. Sur les marches se tenaient ses deux fils. — Papa ! La famille fut enfin réunie. Le dirigeant local les aida à rentrer chez eux. Le batelier dut réparer les torts causés par sa conduite et perdit le droit de transporter des voyageurs jusqu’à ce qu’il ait regagné leur confiance. Dans l’ancienne clairière, la famille retrouva le paon de bois. La pluie avait assombri ses ailes, mais le mécanisme pouvait être réparé. Cette fois, le père expliqua soigneusement chaque commande. Le plus jeune fils sourit. — Maintenant, je demanderai avant de toucher. Quand le paon déploya de nouveau ses ailes, toute la famille monta ensemble. Ils rentrèrent chez eux par le ciel. On raconte que le paon de bois vola encore de nombreuses fois. Mais son voyage le plus important ne fut ni le plus haut ni le plus lointain. Ce fut celui qui ramena enfin une famille entière à la maison.
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