

Philippines
Le pauvre et ses trois fils
- Pays
- Philippines
- Âge
- 6–10 ans

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Le pauvre et ses trois fils
Dans un petit village vivait un homme pauvre avec ses trois fils. Il avait peu d’argent, mais possédait un talent précieux : il savait voir l’utilité des choses simples. Lorsqu’il devint vieux, il appela ses fils. — Je ne peux pas vous laisser un grand héritage. Mais je donnerai à chacun une chose. Si vous trouvez un endroit où elle n’est pas connue, elle pourra vous aider à commencer votre vie. À l’aîné, il donna une faucille. Au deuxième, un coq. Au plus jeune, un chat. Les frères se regardèrent. — Une faucille, un coq et un chat ? Le père sourit. — Une chose n’a pas la même valeur partout. Il faut savoir où elle est utile. Peu après, le vieil homme mourut paisiblement. Le fils aîné partit le premier avec sa faucille. Il traversa plusieurs villages où tout le monde connaissait déjà cet outil. Enfin, il arriva dans une vallée où l’on récoltait le riz en arrachant les tiges à la main. — Pourquoi ne les coupez-vous pas ? — Avec quoi ? Il sortit la faucille. Chhh ! En un geste, il coupa tout un bouquet. Les cultivateurs furent émerveillés. Les artisans copièrent l’outil pour tout le village et rémunérèrent justement le voyageur. Il rentra avec assez d’argent pour acheter un petit terrain et des outils. — Père avait raison. Il fallait simplement trouver l’endroit où une faucille était une nouveauté. Le deuxième frère partit avec le coq. Dans les premiers villages, personne n’y prêta attention. Puis il arriva dans une région où personne n’élevait de coqs. Au milieu de la nuit, l’oiseau cria : — Cocorico ! Les habitants sortirent de leurs maisons. — Quelle est cette trompette ? — C’est mon coq. Il annonce l’approche du matin. Le lendemain, tous voulurent l’écouter. Les villageois furent enchantés par ce réveil vivant. Un homme riche proposa de l’acheter. Le garçon répondit : — Il est vivant, pas un objet. S’il semble heureux ici, je peux le laisser parmi vous. On lui construisit un grand poulailler, on lui trouva des poules et on promit de bien le traiter. Le frère reçut une récompense équitable et rentra. Enfin, le plus jeune partit avec le chat. Dans plusieurs villes, les chats étaient déjà connus. Puis il atteignit un endroit envahi par les souris et les rats. Ils rongeaient les sacs de riz et couraient jusque dans le palais. — Que sait faire cette étrange petite bête ? demanda-t-on. — Vous allez voir. Le soir, le chat s’assit près d’un grenier. Une souris apparut. Le chat bougea seulement une oreille. La souris le vit et disparut. Puis une autre. Puis une troisième. Bientôt, les rongeurs déplacèrent leurs activités loin des réserves humaines. Le roi entendit parler du nouveau gardien. — Laisse le chat au palais et je te récompenserai. Le jeune homme caressa son compagnon. — C’est à lui de décider. Le chat regarda la cuisine chaude, le coussin près de la fenêtre et les bols bien remplis. Puis il s’installa tranquillement dans la grande salle. — On dirait qu’il a choisi. Le roi récompensa le garçon. Ainsi, les trois frères trouvèrent chacun leur chemin. L’un apporta un outil qui rendit le travail plus facile. Le deuxième un animal qui aidait à accueillir le matin. Le troisième un gardien efficace pour les réserves. Bien des années plus tard, ils se retrouvèrent près de leur ancienne maison. — Père ne nous a laissé ni or ni bijoux, dit le deuxième. — Et pourtant, il nous a donné davantage, répondit l’aîné. Le plus jeune acquiesça. — Il nous a appris à regarder attentivement. Car ce qui paraît ordinaire dans un endroit peut devenir une découverte dans un autre. Et le meilleur héritage n’est pas toujours une chose. C’est parfois une idée qui aide à trouver son propre chemin.
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