

Sri Lanka
Le prince tortue
- Pays
- Sri Lanka
- Âge
- 6–10 ans

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Le prince tortue
Dans un pays verdoyant vivaient deux familles voisines. L’une avait sept filles, l’autre sept garçons. Les six fils aînés étaient des garçons ordinaires, bruyants et rapides. Le plus jeune, lui, était une tortue. Il parlait, comprenait tout et possédait un caractère étonnamment calme. Lorsque ses frères se moquaient de sa lenteur, il répondait : — Lentement ne veut pas dire trop tard. Il faut surtout savoir où l’on va. La plus jeune fille des voisins ne se moquait jamais de lui. Ils parlaient souvent et s’entendaient bien. Un jour, des hérauts annoncèrent qu’un roi offrait une grande récompense à qui rapporterait le Coq de Feu gardé par un rakshasa. Le Prince Tortue décida de partir. Ses frères rirent. Mais son amie lui donna du riz pour la route. — Je ne sais pas si tu réussiras. Mais tu as le droit d’essayer. Le Prince Tortue marcha trois jours. Loin de tout regard, il s’arrêta sous un grand arbre, retira sa carapace comme un manteau et apparut sous la forme d’un jeune prince. La tortue était un enchantement qu’il pouvait quitter temporairement lorsqu’il se trouvait loin de chez lui. Il cacha sa carapace et poursuivit son chemin. Une vieille femme pauvre l’accueillit pour la nuit et partagea avec lui le peu de riz qu’elle possédait. Pour la remercier, le prince fit en sorte que sa réserve ne manque jamais de ce dont elle avait besoin. Elle lui donna un petit caillou. — En cas de danger, jette-le derrière toi. La nuit suivante, une autre femme partagea son repas avec lui et lui donna un petit morceau de bambou. — Jette-le derrière toi si quelqu’un te poursuit. Une troisième lui donna un morceau de charbon. — Il dressera une barrière de chaleur sans blesser personne. Enfin, le prince atteignit la maison du rakshasa. Sous un abri brillait une cage d’or où se trouvait le Coq de Feu. Le prince attendit que le gardien s’endorme. Il ouvrit la cage. — Je ne suis pas venu te forcer. Si tu veux rester ici, je repartirai. Le Coq de Feu sortit de lui-même et se posa sur son épaule. Le rakshasa se réveilla. — Qui touche à mon oiseau ? Le prince partit en courant. Lorsqu’il entendit le rakshasa se rapprocher, il jeta le caillou. Une immense montagne apparut derrière lui. Le rakshasa dut la contourner. Puis le prince jeta le bambou. Une forêt de bambous poussa, dense et serrée. Enfin, il jeta le charbon. Une grande muraille de lumière chaude apparut. Elle ne brûlait pas, mais empêchait le rakshasa d’avancer. — Garde ton oiseau ! cria-t-il finalement. Je ne te suivrai pas plus loin. Le prince retourna au grand arbre, remit sa carapace et revint chez lui sous l’apparence d’une tortue. Personne ne croyait qu’il avait réussi. Mais le Coq de Feu marchait derrière lui. Le roi fut émerveillé. Il proposa de l’or, des terres et des honneurs. Le Prince Tortue demanda seulement qu’on le juge pour ce qu’il avait accompli, pas pour son apparence. Plus tard, il révéla volontairement son secret à sa famille et à la jeune fille qui l’avait soutenu avant son départ. Sous la carapace apparut le jeune prince. Elle sourit. — Je t’appréciais déjà avant de savoir cela. Avec le temps, leur amitié devint un choix commun de partager leur vie. Et le Prince Tortue ne se débarrassa pas de sa vieille carapace. Il la conserva dans une pièce du palais. Lorsqu’un visiteur jugeait trop vite quelqu’un selon son apparence, il la montrait en disant : — Ce que l’on voit en premier n’est pas toujours ce qu’il y a de plus important.
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