Couverture : Le singe et la tortue

Philippines

Le singe et la tortue

Pays
Philippines
Âge
4–8 ans
Version audio

Écouter le conte

Le singe et la tortue

Sur les chemins verts des Philippines vivaient une Tortue calme et prévoyante et un Singe vif, drôle et persuadé qu’il pourrait toujours régler les problèmes plus tard. Ils se considéraient malgré tout comme des amis. Un matin, le Singe courut chez la Tortue. — Allons au village voisin ! Il y a une foire aujourd’hui. La Tortue acquiesça. — La route est longue. Prenons de quoi manger. Elle prépara des galettes de riz, des bananes, quelques fruits et de l’eau. Le Singe prit seulement un banane. — Pourquoi porter autant ? Nous trouverons bien quelque chose. Ils partirent. Au début, le Singe bondissait partout et la Tortue avançait régulièrement. Le lendemain, la banane du Singe avait disparu depuis longtemps. — Donne-moi un peu de ta nourriture. La Tortue partagea. Le matin suivant, il demanda encore. Elle partagea de nouveau. Plus tard, lorsque la route monta, la Tortue ralentit sous le poids de son sac. — Donne-le-moi, proposa le Singe. Je vais le porter. La Tortue accepta avec reconnaissance. Mais dès que le sac fut entre ses mains, le Singe partit en courant. — Rattrape-moi ! Lorsque la Tortue le retrouva sous un arbre, il mangeait ses bananes. — Je suis très affamée, dit-elle. Donne-moi quelque chose. — Plus loin. Nous mangerons après. Mais, la fois suivante, le sac était vide. — Où est la nourriture ? Le Singe haussa les épaules. — Finie. La Tortue savait parfaitement combien elle avait préparé, mais elle n’avait pas la force de se disputer. Ils continuèrent. Un chasseur apparut sur le chemin. Le Singe bondit immédiatement dans un arbre. La Tortue, trop lente, fut ramassée par l’homme. — Où vas-tu comme ça, petite voyageuse ? Il la rapporta près de sa maison, lui donna de l’eau et des fruits et l’installa à l’ombre d’un bananier. Pour qu’elle ne reparte pas avant de s’être reposée, il attacha légèrement une corde à sa carapace. Le Singe observait de loin. Au début, il se moqua. Puis il vit le chasseur apporter une autre banane. Puis un fruit mûr. Puis de l’eau fraîche. Le Singe cessa de rire. — Elle vit mieux que moi ! La nuit, il descendit de son arbre. — Tortue, échangeons nos places. — Pourquoi ? — Je resterai ici et demain on me donnera aussi des bananes. La Tortue le regarda. — Tu es sûr ? — Bien sûr. Détache-moi cette corde et mets-la sur moi. La Tortue ne discuta pas. Elle partit tranquillement. Le Singe passa la nuit à rêver de son petit déjeuner. Au matin, le chasseur ouvrit sa fenêtre. À la place de la Tortue se trouvait le Singe, qui avait déjà mordu plusieurs bananes. — D’où viens-tu, gourmand ? Il détacha la corde, frappa des mains et agita son chapeau. Le Singe prit peur et s’enfuit d’un bond. Quelques heures plus tard, il rattrapa la Tortue. — Tu savais ce qui allait arriver ! La Tortue s’arrêta. — Je savais seulement que tu voulais ma place sans comprendre pourquoi j’y étais. De la même manière, tu as mangé toutes nos provisions sans penser que nous étions deux. Le Singe ouvrit la bouche. Puis il se tut. Il se rappela toutes les fois où la Tortue avait partagé avec lui. — Je crois que j’ai pensé seulement à moi. — Oui. Le Singe se gratta la tête. — Pardonne-moi. Quand nous rentrerons, je t’apporterai la plus grosse banane que je trouverai. La Tortue sourit. — Apporte-en deux. Une pour toi, une pour moi. Ils reprirent la route côte à côte. Le Singe ne devint pas parfait. Il courait encore trop vite et prenait parfois des décisions trop tôt. Mais avant chaque voyage, il vérifiait désormais son sac. Et lorsqu’un ami marchait avec lui, il comptait la nourriture pour deux. Car l’amitié ne commence pas avec celui qui est le plus rapide ou le plus malin. Elle commence quand on se souvient que quelqu’un marche à côté de nous.

May this story leave a little light in your heart ✨