

Myanmar (Birmanie)
Le trésor volé
- Pays
- Myanmar (Birmanie)
- Âge
- 7–11 ans

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Le trésor volé
Dans une région boisée et paisible vivaient quatre hommes sages. Ils avaient étudié, voyagé et conseillé les habitants pendant de nombreuses années. Au fil du temps, ils avaient réuni une petite caisse contenant de l’argent, quelques pièces d’or et des pierres précieuses. Ce trésor n’était pas destiné à la vanité. Ils le conservaient pour les longs voyages, les maladies, les mauvaises récoltes ou pour aider quelqu’un dans le besoin. Au début, ils cachaient la caisse avec beaucoup de soin. Puis les années passèrent sans incident et ils devinrent moins prudents. Un jour, un jeune homme se présenta chez eux. — J’ai beaucoup entendu parler de votre sagesse. Permettez-moi d’écouter parfois vos conversations et d’apprendre auprès de vous. Il était poli, attentif, ne contredisait personne, apportait de l’eau, aidait dans la maison et posait de bonnes questions. Les sages s’habituèrent à lui. Ils commencèrent à lui faire confiance. Mais le jeune homme n’était pas venu pour apprendre. Par hasard, il découvrit l’existence de la caisse. À partir de ce moment, lorsqu’ils parlaient d’honnêteté, il hochait la tête tandis qu’il pensait seulement à l’or. Un jour, les quatre amis partirent quelques jours en pèlerinage. — Nous serons absents. Prends soin de la maison et du jardin. — Ne vous inquiétez pas. Tout ira bien. Dès qu’ils eurent disparu au tournant, le jeune homme trouva la cachette. Il retira les objets précieux, les dissimula ailleurs et remit la caisse vide à sa place. Il espérait que personne ne remarquerait rapidement le vol. Lorsque les sages revinrent, l’un d’eux ouvrit la cachette. — Il n’y a plus rien ! Ils se regardèrent. Tous pensèrent au jeune homme. Il connaissait trop bien la maison. Mais un soupçon n’est pas une preuve. — Si nous l’accusons sans preuve, dit le plus âgé, nous agirons nous-mêmes injustement. Ils allèrent donc demander de l’aide au roi. La fille du roi était connue pour son esprit vif. Elle aimait les énigmes, écoutait attentivement et ne tirait jamais de conclusion trop vite. Après avoir entendu l’histoire, elle dit : — Vous pensez connaître le voleur. Mais nous devons le savoir, pas seulement le penser. — Comment ? demanda le roi. — Laissons-le montrer lui-même ce qu’il cache. Sur ordre du palais, le jeune homme fut invité pour une conversation sans importance apparente. La princesse le reçut aimablement. — On dit que tu as passé beaucoup de temps auprès de ces sages. — Oui, répondit-il fièrement. J’ai entendu beaucoup de choses intéressantes. — Tu dois donc être quelqu’un de réfléchi. Le jeune homme se redressa. — Je le crois. La princesse ne parla pas du vol. Elle lui posa des questions sur les routes, le commerce, les villes lointaines. Quelques jours plus tard, elle l’invita de nouveau. Puis encore une fois. Le jeune homme désirait de plus en plus paraître important et riche. Enfin, la princesse lui dit : — Je prépare un long voyage. J’aurais besoin d’un assistant fiable et autonome. Le problème, c’est que ce voyage coûtera cher. Il faudrait que chacun possède ses propres réserves d’argent. Le jeune homme ne résista pas. — Ce n’est pas un problème ! J’ai de l’or, de l’argent et des pierres précieuses. Plus que vous ne l’imaginez. La princesse fit mine d’être surprise. — Vraiment ? Je pensais que tu vivais modestement. — Je n’aime simplement pas montrer ma richesse à tout le monde. — Alors apporte demain quelques bijoux. Je veux être certaine que tu as réellement les moyens de voyager. Le jeune homme rentra chez lui enchanté. « Mon jour de chance est arrivé. » Le lendemain, il entra au palais avec un petit sac. La princesse lui demanda de poser les objets sur une étoffe. Pièce après pièce, bijou après bijou, tout brilla sur la table. — Très beau. D’où viennent-ils ? Le jeune homme hésita. — Je… les collectionne depuis longtemps. À cet instant, la porte s’ouvrit. Le roi et les quatre sages entrèrent. L’un d’eux reconnut immédiatement une petite pierre traversée d’une rayure blanche. — Celle-ci est à nous. Le deuxième prit une agrafe en argent. — Je la reconnais également. Le troisième annonça le nombre exact de pièces d’or contenues dans un paquet avant même qu’il soit ouvert. Le jeune homme pâlit. Cette fois, la preuve se trouvait devant eux. — Pourquoi as-tu fait cela ? demanda le roi. Il baissa la tête. — J’ai vu le trésor et j’ai pensé qu’il rendrait ma vie meilleure. — Et l’a-t-il fait ? demanda doucement la princesse. Le jeune homme regarda les richesses pour lesquelles il avait vécu plusieurs jours dans la peur, menti et sursauté à chaque coup frappé à la porte. — Non. Tout est devenu pire. Les sages reprirent leurs biens. Ils ne lui souhaitaient aucun mal, mais expliquèrent qu’une confiance brisée ne revient pas grâce à une seule excuse. Le roi lui ordonna de réparer toutes les pertes et de travailler honnêtement pendant quelque temps afin de montrer par ses actes qu’il avait compris sa faute. Le jeune homme accepta. Lorsque l’affaire fut terminée, le roi demanda à sa fille : — Tu ne l’as pas menacé. Tu n’as pas fait fouiller sa maison. Tu ne l’as même pas accusé sans preuve. Pourquoi ton plan a-t-il fonctionné ? La princesse sourit. — Parce que le mensonge adore se vanter. Il suffit parfois de lui laisser du temps, et il raconte lui-même plus qu’il ne voulait. Les quatre sages rentrèrent chez eux. À partir de ce jour, ils surveillèrent de nouveau leur caisse avec attention. Mais ils continuèrent à surveiller encore plus attentivement leur propre sens de la justice. Car le soupçon peut indiquer une direction. La décision, elle, doit attendre la vérité.
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