

Allemagne
Le vieux Sultan
- Pays
- Allemagne
- Âge
- 5–9 ans

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Le vieux Sultan
Un berger avait un vieux chien nommé Sultan. Autrefois, Sultan était le chien le plus rapide de la région. Il entendait un renard derrière une clôture, rassemblait les moutons égarés presque d’un regard et surveillait la cour chaque nuit comme s’il gardait un palais royal.
Mais les années passèrent. Le museau de Sultan blanchit, il courait plus lentement et avait perdu la plupart de ses dents.
Un soir, il entendit son maître dire :
— Sultan est vieux. Peut-être devrions-nous l’envoyer ailleurs, là où il pourrait encore être utile.
— Mais il nous a servis toute sa vie, répondit la femme du berger. Ne pouvons-nous pas simplement le laisser passer sa vieillesse ici ?
Le berger secoua la tête. Il n’était pas cruel, mais il avait pris l’habitude de mesurer la valeur de chacun à la quantité de travail qu’il pouvait encore accomplir.
Sultan s’éloigna silencieusement de la porte. Il était si triste que même son os préféré ne lui faisait plus plaisir.
Un loup vivait au-delà du village. Sultan l’avait souvent rencontré près de la forêt. Lorsqu’il apprit le problème de son ami, le loup lui dit :
— Ne t’inquiète pas. Je sais comment rappeler à ton maître ce que tu vaux.
Le lendemain, le berger et sa femme travaillaient dans un champ pendant que leur petit garçon jouait à proximité. Le loup et Sultan avaient préparé un petit spectacle.
Le loup surgit des buissons, attrapa délicatement le panier de jouets de l’enfant et courut vers la forêt.
— Oh ! s’écria la mère. Le loup emporte ses affaires !
Sultan bondit. Ses vieilles pattes n’étaient plus aussi rapides qu’autrefois, mais son cœur battait comme celui d’un jeune chien de garde.
Il se lança à la poursuite du loup.
Le loup ralentit. Sultan le rattrapa et aboya avec force. Comme prévu, le loup lâcha le panier et s’enfuit.
Sultan rapporta fièrement les jouets.
Le berger s’agenouilla près de lui.
— Mon vieil ami, j’avais oublié que l’utilité ne se mesure pas seulement à la vitesse des jambes. Tu as protégé notre maison pendant tant d’années. Bien sûr que tu resteras avec nous.
Dès lors, Sultan eut un couchage moelleux près du poêle et toujours quelque chose de bon dans sa gamelle.
Quelques jours plus tard, le loup vint jusqu’à la cour.
— Eh bien, mon ami, je t’ai aidé. À ton tour de me rendre service. Cette nuit, je prendrai un mouton et tu feras semblant de ne rien voir.
Sultan secoua la tête.
— Non. Je te suis reconnaissant de m’avoir aidé, mais je ne te laisserai pas voler mon maître. Être amis ne signifie pas accepter les mauvaises actions de l’autre.
Le loup se vexa.
— Alors retrouve-moi demain derrière la forêt et nous déciderons qui a raison.
Il demanda à un sanglier de l’accompagner.
Sultan ne voulait pas y aller seul non plus. Il invita le vieux chat de la ferme. Le chat n’était plus jeune et boitait légèrement, mais il accepta.
Le lendemain matin, Sultan et le chat se dirigèrent vers la forêt.
Le chat tenait sa queue bien droite pour ne pas la traîner dans l’herbe humide. À cause de sa patte boiteuse, il avançait d’une manière amusante : un pas, un saut, un pas, un saut.
Le loup et le sanglier les virent arriver de loin.
— Regarde ! chuchota le sanglier. Il porte une épée !
— Quelle épée ? demanda le loup.
— Cette longue chose dressée vers le ciel !
Ils prenaient la queue du chat pour une arme redoutable.
Puis le chat fit un nouveau bond.
— Il ramasse des pierres pour nous les lancer ! cria le loup en grimpant précipitamment dans un arbre.
Le sanglier se cacha dans les buissons, mais une de ses oreilles dépassait.
Le chat vit quelque chose bouger parmi les feuilles et crut qu’il s’agissait d’une souris. Il bondit dans le buisson.
Le sanglier poussa un cri de surprise et s’enfuit.
— Sauve-toi ! cria-t-il au loup. Le petit est bien plus dangereux qu’il en a l’air !
Sultan leva les yeux et aperçut le loup dans l’arbre.
— Te voilà donc. Peut-être pouvons-nous arrêter cette querelle maintenant ?
Le loup eut l’air embarrassé.
— Je suis peut-être allé trop loin, reconnut-il. Tu avais raison. On ne peut pas exiger un mauvais service de quelqu’un simplement parce qu’on lui a rendu un bon service autrefois.
Ils firent la paix.
À partir de ce jour, le loup laissa les moutons du berger tranquilles, Sultan vécut paisiblement près du feu et le vieux chat raconta à tout le monde comment il avait un jour terrifié un énorme sanglier sans même s’en rendre compte.
Le berger, lui aussi, retint une leçon : ceux qui sont restés à nos côtés pendant de longues années méritent notre attention, même lorsqu’ils ne peuvent plus travailler comme autrefois.
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