

Danemark
Le Vilain Petit Canard
- Pays
- Danemark
- Âge
- 5–9 ans

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Le Vilain Petit Canard
Dans un endroit tranquille, une cane couvait ses œufs parmi les grandes feuilles. Un à un, les canetons sortirent. Le dernier œuf mit beaucoup plus de temps. Enfin, sa coquille se fendit. Un grand caneton gris en sortit. Il était différent des autres. — Comme il est grand, murmura la cane. Elle l’emmena avec les autres vers l’eau. Le caneton gris nageait parfaitement. Pourtant, dans la basse-cour, les remarques commencèrent. — Il est étrange. — Il est trop grand. — Il n’est pas beau. Les autres oiseaux le repoussaient. Même ses frères et sœurs finirent parfois par l’éviter. La mère essayait de le protéger, mais le caneton se sentait de trop partout. Un jour, il partit. Il traversa des champs et des marais. Dans un marécage, il rencontra des oiseaux sauvages qui ne se préoccupaient pas beaucoup de son apparence. Mais il ne resta pas longtemps. Le voyage continua. Il passa quelque temps près d’une vieille femme qui vivait avec une poule et un chat. — Sais-tu pondre des œufs ? demanda la poule. — Non. — Alors tu n’es pas très utile. Le chat demanda : — Sais-tu ronronner et faire des étincelles avec ton dos ? — Non. — Alors tu as encore beaucoup à apprendre. Le caneton rêvait surtout d’eau libre. Il repartit. À l’automne, il aperçut dans le ciel de grands oiseaux blancs au long cou. Ils volaient vers le sud. Le caneton les regarda avec une émotion qu’il ne comprenait pas. Puis vint l’hiver. L’eau gelait. Le caneton devait bouger sans cesse pour maintenir un petit trou dans la glace. Un matin, il n’en eut presque plus la force. Un paysan le trouva et le ramena chez lui pour le réchauffer. Dans la maison, les enfants voulurent jouer avec lui. Effrayé par le bruit, le caneton glissa, renversa un bol et provoqua une telle confusion qu’il s’enfuit dès que la porte s’ouvrit. Le reste de l’hiver fut difficile. Mais le printemps arriva. Un jour, le caneton étendit ses ailes. Elles étaient devenues grandes et fortes. Il s’envola. Dans un jardin fleuri, il aperçut sur un lac trois grands oiseaux blancs. Les mêmes qu’il avait vus à l’automne. — Je vais les rejoindre. S’ils me repoussent, au moins je saurai. Il nagea vers eux. Puis il baissa la tête et vit son reflet dans l’eau. Ce n’était plus un grand caneton gris. Un jeune cygne blanc le regardait. Les autres cygnes s’approchèrent calmement. Des enfants arrivèrent au bord du lac. — Regardez ! Un nouveau cygne ! — Comme il est beau ! Le jeune cygne fut heureux. Mais il comprit quelque chose de plus important. Il n’avait pas commencé à avoir de la valeur le jour où ses plumes étaient devenues blanches. Il n’était pas devenu digne d’affection au moment où les autres l’avaient appelé beau. Il avait été lui-même tout le temps : dans la basse-cour, dans le marais et pendant l’hiver. Il lui avait seulement fallu beaucoup de chemin pour trouver ceux auprès de qui il n’avait pas besoin de justifier son apparence. Le cygne déploya ses ailes. Pour la première fois, il ne se demanda plus s’il ressemblait aux autres. Il était simplement chez lui.
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