Couverture : Les décisions du roi

Philippines

Les décisions du roi

Pays
Philippines
Âge
7–11 ans
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Les décisions du roi

Dans un petit village vivait un garçon pauvre nommé Juan. Un jour, affamé, il passa devant la maison du riche Pedro. Une odeur merveilleuse venait de la cuisine. Juan resta quelques instants sur la route. — Quel parfum ! Rien que l’odeur me fait du bien. Pedro l’entendit. — Tu as profité de l’odeur de ma nourriture. Alors paie-moi. Juan pensa à une plaisanterie, mais Pedro exigea d’aller devant le roi. Sur la route, ils rencontrèrent Manuel dont le cheval était coincé dans la boue. Juan entra dans la boue et l’aida. Le cheval sortit, mais une petite touffe de sa queue resta accrochée à une branche. — Tu as abîmé mon cheval ! s’écria Manuel. Tu dois payer. — Je t’aidais ! — Le roi décidera. La nuit, ils dormirent chez un ami de Pedro. La maîtresse de maison descendit un escalier avec un panier d’œufs. Juan se réveilla et cria : — Qui est là ? Surprise, la femme laissa tomber le panier. Plusieurs œufs se cassèrent. Juan s’excusa immédiatement. Le mari exigea cependant que cette affaire soit elle aussi jugée. Le lendemain, tout le monde arriva au palais. Le roi écouta Pedro. — Ma cuisine, mon odeur. Juan doit payer. Le roi demanda à Juan de poser ses deux seules pièces sur la table. Puis il dit à Pedro : — Penche-toi et respire au-dessus de cet argent. Pedro obéit. — Je ne sens rien. — Exactement. Juan a reçu seulement l’odeur de ton repas. Tu reçois seulement l’odeur de son argent. Nous sommes quittes. Puis vint l’affaire du cheval. — Juan l’a-t-il abîmé volontairement ? — Non. — Lui avais-tu demandé son aide ? — Oui. — Mais tu veux que la queue soit exactement comme avant ? — Oui. — Alors laisse ton cheval à Juan jusqu’à ce que les poils repoussent. Manuel protesta. — J’ai besoin de mon cheval ! — Et Juan a besoin de temps pour satisfaire une exigence impossible. Manuel finit par retirer sa plainte. Restait l’affaire des œufs. — Je veux qu’il rende exactement les œufs cassés, déclara le propriétaire. — Alors donne-lui ta meilleure poule. Il la gardera jusqu’à ce qu’elle ponde le même nombre. Et si tu veux précisément les œufs d’hier, il faudra attendre qu’elle apprenne à remonter le temps. La salle éclata de rire. Le propriétaire retira lui aussi sa plainte. Le roi conclut : — La justice ne consiste pas à trouver quelqu’un contre qui se mettre en colère. Il faut distinguer ce qui est volontaire de ce qui est accidentel et ne pas exiger l’impossible. Puis il fit donner à Juan un bol de riz chaud. Dans le village, on raconta longtemps ces trois décisions : l’odeur de la nourriture payée par l’odeur de l’argent, la queue du cheval qui devait repousser et la poule incapable de rendre les œufs d’hier. Car une décision sage n’a pas toujours besoin d’être sévère. Parfois, elle suffit à montrer à quel point une dispute était absurde.

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