

France
Les diamants et les fleurs
- Pays
- France
- Âge
- 5–9 ans

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Les diamants et les fleurs
Chaque matin, Rosalie allait chercher de l’eau à la source. Le chemin était long et la cruche lourde, mais les oiseaux chantaient près de l’eau, alors elle se plaignait rarement.
Un jour, elle aperçut une vieille voyageuse assise sur une pierre.
— Mon enfant, pourrais-tu me donner un peu d’eau ?
— Bien sûr.
Rosalie rinça une tasse, la remplit avec l’eau la plus claire et la tendit à la femme.
— Asseyez-vous à l’ombre. Je vais tenir votre cruche pour que ce soit plus facile.
La voyageuse but et sourit.
— Merci. Tu t’es montrée généreuse avec moi alors que tu pensais que je n’étais qu’une inconnue.
Une douce lumière l’entoura.
À sa place se tenait maintenant une fée.
— Je veux t’offrir un don inhabituel. À partir d’aujourd’hui, chaque fois que tes paroles seront sincères et bienveillantes, des fleurs ou de petites pierres précieuses apparaîtront près de toi. Que les gens voient qu’une belle parole a elle aussi de la valeur.
La fée disparut.
Rosalie rentra plus tard que d’habitude.
— Pourquoi as-tu mis si longtemps ? demanda sa mère avec impatience.
— Pardonne-moi, Maman. À la source, j’ai rencontré une vieille femme qui m’a demandé de l’eau.
Pendant qu’elle parlait, deux pétales de rose et une petite perle tombèrent sur la table.
Sa mère et sa sœur aînée Fanny poussèrent un cri.
Rosalie leur raconta sa rencontre avec la fée.
À chaque phrase bienveillante apparaissait une violette, un pétale ou une pierre brillante.
— Fanny ! s’écria leur mère. Va immédiatement à la source. Il faut que tu reçoives le même don !
Fanny n’avait aucune envie de porter la lourde cruche, mais l’idée des bijoux lui plaisait beaucoup.
À la source, elle ne vit pas une vieille femme mais une dame élégamment vêtue.
— Pourrais-je avoir un peu d’eau ? demanda poliment l’inconnue.
Fanny soupira.
— Vous ne pouvez pas vous pencher vous-même vers la source ? Je ne suis pas venue ici pour servir tout le monde.
La dame était la même fée.
— Je vais t’offrir un don magique à toi aussi. Chaque fois que tu parleras avec cruauté, de petites grenouilles ou des feuilles sèches et épineuses apparaîtront près de toi. Elles ne feront de mal à personne, mais elles te rappelleront comment tes paroles sonnent aux oreilles des autres.
Fanny renifla.
— N’importe quoi !
Croa !
Une petite grenouille verte apparut près de sa chaussure.
— Fais-la partir !
Frou-frou !
Une feuille sèche et piquante tomba à côté d’elle.
Fanny comprit que la fée était sérieuse.
À la maison, elle déclara avec colère :
— Tout cela est la faute de Rosalie !
Croa-croa !
Deux petites grenouilles s’installèrent paisiblement près de la porte.
Leur mère commença à gronder Rosalie.
Mais celle-ci répondit :
— Je n’ai rien fait. Peut-être que la fée veut seulement nous montrer que les paroles peuvent être douces ou piquantes.
Une petite fleur blanche s’ouvrit à côté d’elle.
Fanny se tut.
Le lendemain, elle essaya de passer une heure entière sans parler méchamment.
C’était beaucoup plus difficile qu’elle ne l’avait imaginé.
Lorsque sa mère lui demanda de débarrasser la table, Fanny allait répondre :
— Fais-le toi-même !
Mais elle s’arrêta.
— D’accord. Je vais aider.
Rien ne se produisit.
— Et le diamant ? demanda-t-elle.
Rosalie éclata de rire.
— La fée a dit que les fleurs apparaissaient lorsque la gentillesse était sincère, pas lorsque l’on prononçait de belles paroles dans l’espoir d’une récompense.
Fanny réfléchit.
Ce soir-là, elle vit un garçon du voisinage renverser un panier de pommes sur le chemin.
— Laisse-moi t’aider à les ramasser.
Elle s’agenouilla près de lui et, cette fois, elle le pensait vraiment.
Un bleuet apparut parmi les pommes.
Fanny le regarda avec étonnement.
— Ça a marché !
À partir de ce jour, les grenouilles apparurent de moins en moins souvent, et les fleurs de plus en plus.
Un matin, les deux sœurs se rendirent ensemble à la source.
La fée les attendait.
— Je vois que mon cadeau a été utile.
— Est-ce que cela durera pour toujours ? demanda Fanny.
La fée secoua la tête.
— Non. Aujourd’hui, la magie s’arrête. Vous connaissez maintenant la différence.
— Entre les paroles gentilles et les paroles cruelles ? demanda Rosalie.
— Exactement. Les fleurs et les grenouilles n’étaient que des signes. La véritable trace laissée par nos mots n’apparaît pas sur le sol, mais dans le cœur de ceux qui les entendent.
La fée se fondit dans la lumière du soleil.
Après cela, plus aucune perle, fleur, grenouille ou feuille épineuse n’apparut lorsque les sœurs parlaient.
Mais Rosalie et Fanny se souvenaient souvent de la source, surtout juste avant de dire quelque chose sous le coup de la colère.
Car même sans magie, une parole bienveillante peut éclairer une journée, tandis qu’une parole cruelle peut la rendre pleine d’épines.
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