

Philippines
Les singes et les libellules
- Pays
- Philippines
- Âge
- 4–8 ans

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Les singes et les libellules
Un jour de grande chaleur, l’air semblait immobile au-dessus de la forêt. Une petite libellule voyageait d’un étang à l’autre. Épuisée, elle se posa sur la branche d’un grand arbre. Cet arbre abritait une troupe de singes. La plus querelleuse la remarqua. — Hé ! Pourquoi t’installes-tu sur notre arbre ? — Je suis très fatiguée. Je me repose une minute et je repars. — Notre arbre n’est pas une auberge ! La libellule répondit calmement : — Je ne dérange rien. J’ai seulement besoin d’un peu d’ombre. Mais la guenon voulut faire rire les autres. Elle prit une petite branche et la balança près de l’insecte. — Va-t’en ! La libellule s’envola juste à temps. — Vous avez vu ? Je l’ai chassée ! se vanta la guenon. La libellule rejoignit sa famille près d’un lac. Le roi des libellules l’écouta. — Une seule guenon mal élevée n’est pas une raison de se quereller avec toute la forêt. Mais personne ne doit pouvoir maltraiter les petits simplement parce qu’ils sont petits. — Que faisons-nous ? — Nous parlerons d’abord. Trois libellules allèrent voir le roi des singes. — Notre roi demande seulement que vos sujets se souviennent qu’une grande branche offre assez de place à tout le monde. Le roi des singes éclata de rire. — Que votre roi vienne lui-même me donner des ordres ! — Nous ne donnons pas d’ordres. Nous proposons de vivre en paix. — Partez ! Les messagères revinrent. Le roi des libellules soupira. — Alors nous allons leur montrer que la rapidité peut compter autant que la force. Le lendemain, les libellules se rassemblèrent au-dessus de la clairière. Les singes arrivèrent avec de longs bâtons. — Nous allons les chasser d’un seul coup ! Le roi des libellules donna ses instructions : — Ne vous posez jamais au sol. Lorsque les singes lèvent leurs bâtons, posez-vous un instant sur leurs têtes puis repartez aussitôt. Le roi des singes leva la main. — Commencez ! Les bâtons sifflèrent. Mais les libellules se posèrent sur leurs têtes. — J’en ai une sur le crâne ! Un bâton partit trop loin et toucha légèrement l’épaule du voisin. — Attention ! — La mienne est sur mon oreille ! — Et sur ma queue ! En quelques secondes, la clairière devint une confusion totale. Une branche resta coincée dans une liane. Une autre tomba dans un buisson. Le roi des singes tourna tellement sur lui-même qu’il finit assis dans un tas de feuilles sèches. Frouch ! Tout le monde se figea. Puis le plus jeune singe se mit à rire. Un autre suivit. Bientôt, tous les singes riaient de leur propre bataille. Le roi se releva et secoua les feuilles de son pelage. — Très bien. Vous êtes petites, mais incroyablement rapides. Le roi des libellules resta suspendu devant lui. — Et vous êtes forts. Pourquoi devons-nous prouver qui est supérieur ? La forêt est assez grande pour tous. Le roi des singes se gratta la tête. — Nous sommes peut-être allés trop loin. La guenon à l’origine de la dispute s’approcha de la voyageuse. — Ce jour-là, il faisait très chaud et je voulais me faire remarquer. Pardonne-moi. — J’accepte. Et je promets de ne pas m’asseoir sur ton nez sans raison. — Surtout pas sur le nez du roi ! cria le petit singe. Tout le monde rit encore. À partir de ce jour, une règle simple exista sur l’arbre : une libellule fatiguée pouvait se reposer sur une branche libre et les singes ne brandissaient pas de bâtons autour d’elle. Et lorsque l’un des jeunes singes affirmait que la force règle tout, les anciens demandaient : — Tu te souviens du jour où nous avons combattu les libellules ? Alors il devenait un peu plus silencieux. Car toute la forêt savait désormais que de petites ailes et une idée rapide peuvent déjouer un grand bâton. Et qu’il vaut encore mieux trouver un moyen de vivre ensemble sans bataille.
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