Couverture : Les trois boucs bourrus

Norvège

Les trois boucs bourrus

Pays
Norvège
Âge
3–7 ans
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Les trois boucs bourrus

Dans une verte vallée de Norvège vivaient trois boucs. Tous portaient le nom de Bourru.

Le plus petit était léger et rapide.

Le deuxième était plus fort et plus audacieux.

L’aîné était grand, puissant et calme.

Un matin de printemps, ils regardèrent une colline de l’autre côté d’un ruisseau. L’herbe y était épaisse, fraîche et d’un vert magnifique.

— Allons-y manger, proposa le plus petit.

— Allons-y, répondit le deuxième.

— Excellente idée, conclut l’aîné.

Il y avait seulement un problème.

Un vieux pont de bois traversait le ruisseau, et sous ce pont vivait un troll.

Le troll était terriblement grincheux.

Il considérait le pont comme sa propriété et détestait que quelqu’un passe dessus.

Le plus petit bouc Bourru partit le premier.

Trip-trap, trip-trap faisaient ses petits sabots.

Un rugissement monta de sous le pont.

— QUI MARCHE SUR MON PONT ?

Le petit bouc eut peur, mais répondit poliment :

— C’est moi, le plus petit bouc Bourru. Je vais sur la colline manger de l’herbe verte.

Le troll passa la tête.

— Je ne te laisserai pas passer !

Le bouc réfléchit rapidement.

— Je suis tout petit. Mon frère arrive derrière moi et il est beaucoup plus gros. Peut-être préférerais-tu discuter avec lui ?

Le troll y réfléchit.

— Très bien. Passe.

Le petit bouc traversa rapidement.

Bientôt, le deuxième bouc Bourru arriva.

TRIP-TRAP ! TRIP-TRAP !

— QUI MARCHE SUR MON PONT ? rugit le troll.

— C’est moi, le deuxième bouc Bourru. Je vais manger l’herbe verte.

— Je ne te laisserai pas passer !

— Mon grand frère arrive derrière moi. C’est le plus gros de nous trois. Si tu tiens vraiment à arrêter quelqu’un, attends-le.

Le troll se gratta le long nez.

— Très bien. Passe.

Le deuxième bouc traversa lui aussi.

Puis l’aîné posa les sabots sur le pont.

BOUM ! BOUM ! BOUM !

Les planches grincèrent.

Le troll bondit dehors.

— QUI PIÉTINE MON PONT ?

— C’est moi, l’aîné des Bourru. Je vais rejoindre mes frères.

— Personne ne passe sans ma permission ! cria le troll en bloquant le chemin.

L’aîné le regarda calmement.

— Le pont est au-dessus du ruisseau, pas dans ta poche. Tous ceux qui ont besoin de traverser devraient pouvoir l’utiliser.

— Je ne te laisserai pas passer !

— Alors, s’il te plaît, écarte-toi.

— Jamais !

Le troll se pencha en avant pour l’effrayer.

L’aîné baissa lui aussi la tête.

Il ne voulait pas se battre, mais il n’allait pas reculer.

Le troll fit un pas de plus.

Le bouc planta solidement ses sabots et lui donna une poussée ferme mais mesurée avec ses cornes.

— Oh-oh-oh !

Le troll perdit l’équilibre et tomba dans le ruisseau peu profond.

Plouf !

L’eau était froide mais sans danger.

Le troll remonta sur la rive, trempé et furieux.

— Je vais… je…

Puis il vit les trois boucs réunis sur le pont et changea d’avis.

— Très bien ! Utilisez votre pont ! grogna-t-il avant de partir chercher un endroit plus tranquille dans la forêt.

Les trois boucs grimpèrent sur la colline.

Il y avait tant d’herbe verte qu’ils mangèrent encore et encore sans avoir l’impression de la faire diminuer.

Le plus petit bondissait parmi les fleurs.

Le deuxième se roulait sur la pente chaude.

L’aîné regardait le pont en contrebas et se réjouissait que le passage soit ouvert à tous.

On raconte que le troll apprit lui aussi quelque chose.

Il trouva une grotte confortable loin du chemin et cessa d’embêter les voyageurs.

Parfois, lorsqu’une personne passait près de chez lui, une voix grincheuse se faisait encore entendre dans la forêt :

— D’accord, d’accord, passez…

Et le pont répondait joyeusement :

Trip-trap ! Boum-boum ! Trip-trap !

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