Couverture : Les Quatre Filles du docteur March

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Les Quatre Filles du docteur March

Dans la petite maison de la famille March vivaient quatre sœurs : Meg, Jo, Beth et Amy. Autrefois, leur famille avait été plus aisée, mais désormais il fallait compter chaque pièce. Leur père était loin de la maison, et

Pays
Monde entier
Âge
9–14 ans

Les Quatre Filles du docteur March

Dans la petite maison de la famille March vivaient quatre sœurs : Meg, Jo, Beth et Amy. Autrefois, leur famille avait été plus aisée, mais désormais il fallait compter chaque pièce. Leur père était loin de la maison, et leur mère, que les filles appelaient tendrement Marmee, maintenait la famille unie par sa chaleur, sa patience et ses bons conseils.

La veille de Noël, les sœurs étaient assises près du feu et rêvaient de cadeaux. Meg voulait une jolie chose pour elle-même, Jo un nouveau livre, Beth des partitions et Amy des crayons à dessin. Mais bientôt, elles se rappelèrent qu'il y avait à la maison quelque chose de plus important que leurs propres désirs. Chacune décida de dépenser ses petites économies pour un cadeau à leur mère.

Le matin, une autre surprise les attendait. Marmee leur parla d'une famille pauvre dont les enfants n'avaient rien à manger. Les sœurs regardèrent d'abord leur petit déjeuner de fête, puis acceptèrent l'une après l'autre de le porter à ceux qui en avaient davantage besoin. Elles rentrèrent affamées, mais étrangement heureuses.

Chaque sœur avait son caractère. Meg, l'aînée, rêvait de belles robes et d'une maison douillette. Jo était brusque, courageuse, aimait les livres et voulait écrire plus que tout. Beth était calme, douce et trouvait sa plus grande joie dans la musique. Amy, la plus jeune, souhaitait devenir une artiste raffinée, mais se préoccupait parfois trop de ce que les autres penseraient d'elle.

À côté vivait un garçon solitaire, Laurie, avec son grand-père. Au début, il se contentait d'observer la joyeuse maison des March, puis Jo fit plus ample connaissance avec lui. Très vite, Laurie devint presque un frère pour les sœurs. Il venait assister à leurs spectacles, participer à leurs promenades, à leurs pique-niques et à leurs soirées, tandis qu'elles apportaient du rire et de la vie dans sa grande maison silencieuse.

Un jour, Beth, qui était très timide avec les inconnus, osa venir chez Laurie pour jouer sur son magnifique piano à queue. Le vieux M. Laurence remarqua combien la musique comptait pour elle et lui offrit plus tard un petit piano. Ce fut pour Beth un véritable miracle. Elle ne savait pas faire de longs discours, alors elle prit simplement le bon vieil homme dans ses bras. Et cela suffit.

Pendant ce temps, Jo apprenait à maîtriser son tempérament emporté. Un jour, par rancune, elle ne voulut pas prévenir Amy du danger de la glace. Amy tomba à l'eau, mais Laurie et Jo la sauvèrent rapidement. Ce jour-là, Jo comprit que la colère pouvait durer une minute et ses conséquences bien plus longtemps. Elle demanda sincèrement pardon et se promit de ne pas laisser la rancune devenir plus forte que l'amour.

Peu après, la famille reçut une nouvelle inquiétante : le père était gravement malade, loin de chez lui. Marmee dut partir le rejoindre. Pour aider à payer les frais, Jo fit quelque chose dont elle était très fière et qu'il lui était pourtant douloureux de perdre : elle vendit ses longs cheveux. Les sœurs restèrent à la maison et s'efforcèrent de se comporter en adultes.

C'est alors que Beth tomba malade en soignant les enfants d'une famille pauvre. Son état devint dangereux. Meg, Jo et Amy découvrirent pour la première fois combien le silence pouvait être effrayant dans une maison où tous attendaient des nouvelles de la chambre d'une malade. Beth guérit, mais ne retrouva jamais toute sa force d'avant.

Les années passaient. Les sœurs grandissaient, et la vie conduisait chacune sur son propre chemin.

Meg tomba amoureuse de John Brooke, le précepteur de Laurie. Il n'était pas riche, mais honnête, travailleur et bon. Meg comprit que le bonheur ne se mesurait pas aux bijoux. Ils se marièrent et créèrent un foyer simple et chaleureux.

Amy partit en Europe avec sa tante. Elle y dessina beaucoup, apprit à voir la beauté sans envie et devint peu à peu moins capricieuse. À l'étranger, elle rencontrait souvent Laurie. Il traversait une période difficile, car il avait compris que Jo ne partageait pas ses sentiments comme il l'avait rêvé. Amy ne le laissait pas s'apitoyer indéfiniment sur lui-même. Elle lui rappelait qu'on ne devait pas seulement attendre le bonheur, mais aussi en être digne.

Avec le temps, l'amitié d'Amy et de Laurie se transforma en un sentiment profond. Ils revinrent chez eux mariés.

Jo quitta elle aussi la maison. Elle travaillait, écrivait des histoires et comprit peu à peu qu'il ne suffisait pas à un écrivain d'inventer des aventures tapageuses. Il fallait écrire sur ce que l'on connaissait et aimait réellement. À cette époque, elle rencontra le professeur Bhaer, un enseignant pauvre, bon et sage. Il n'admirait pas ses récits superficiels, mais respectait sincèrement son talent. Cela irrita Jo au début, puis elle comprit que le véritable soutien ne signifiait pas toujours des louanges sans fin.

Mais sa leçon la plus difficile l'attendait à la maison.

Beth devenait de plus en plus faible. Elle ne se plaignait pas et craignait moins pour elle-même que de rendre ses proches malheureux. Jo passa beaucoup de temps avec sa sœur au bord de la mer, puis près de la fenêtre de la maison. Elle lui lisait des livres, arrangeait sa couverture, lui racontait ses projets. Toutes deux comprenaient que Beth s'éteignait lentement.

Quand Beth mourut, la maison sembla perdre une de ces mélodies discrètes que personne ne remarquait auparavant parce qu'elles résonnaient chaque jour. Jo eut longtemps du mal à s'habituer à la place vide de sa sœur. Mais avec le temps, elle comprit que l'amour de Beth n'avait pas disparu. Il restait dans la manière dont les sœurs se traitaient, aidaient les autres et prenaient soin de leur foyer.

Après la mort de tante March, Jo hérita du vieux domaine de Plumfield. Elle aurait pu le vendre, mais imagina autre chose. Avec le professeur Bhaer, devenu son mari, elle y ouvrit une école. Elle voulait que les enfants grandissent sans peur de se tromper, dans une atmosphère d'honnêteté, de travail, de livres, de jeux actifs et d'entraide.

Lors des fêtes de famille, Plumfield se remplissait de nouveau de voix. Meg arrivait avec son mari et ses enfants, Amy avec Laurie, et leur mère venait aussi. Jo regardait cette grande famille en pensant à Beth, qui n'était plus là, mais dont la bonté semblait rester parmi eux.

Autrefois, les quatre sœurs avaient rêvé d'être heureuses lorsqu'elles auraient de l'argent, de la gloire, de la beauté ou un avenir exceptionnel. Avec les années, elles comprirent autre chose : le bonheur grandit souvent en silence, dans le travail, l'attention, le pardon, l'amitié, le courage d'être soi-même et l'amour que l'on choisit chaque jour de préserver.

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