Couverture : La Petite Souris et la Chatte

Royaume-Uni

La Petite Souris et la Chatte

chat, souris, dialogue, maison, humour

Pays
Royaume-Uni
Âge
3–7 ans
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La Petite Souris et la Chatte

Il était une fois une petite Souris. Propre et vive, elle aimait beaucoup que chaque chose soit à sa place dans sa maison.

Un matin, Souris balaya sa petite pièce, secoua le tapis, essuya l’étagère et aperçut soudain quelque chose qui brillait sous l’armoire.

— Oh ! Une pièce d’argent ! se réjouit-elle.

La pièce était petite, mais pour Souris, c’était un véritable trésor.

« Je vais m’acheter quelque chose de bon », décida-t-elle avant de partir au marché.

En chemin, Souris passa devant une grande maison. Derrière la porte, dans l’entrée, Chatte était assise et filait avec dignité.

Souris s’arrêta à bonne distance et demanda poliment :

— Que faites-vous, Madame Chatte, Madame Chatte ? Que faites-vous aujourd’hui ?

Chatte plissa ses yeux verts et répondit :

— Je file un fil, ma petite voisine, ma petite voisine. Je file un fil.

— Qu’il soit solide, Madame Chatte, Madame Chatte. Qu’il soit solide !

— Il sera solide, oui, ma petite voisine, ma petite voisine, ronronna Chatte.

Et Souris poursuivit son chemin en trottinant.

Au marché, elle se promena longtemps parmi les étals. L’air sentait les pommes, le miel, le pain frais et la cannelle. Enfin, Souris aperçut un pudding rond et bien doré.

— Voilà ce qu’il me faut ! dit-elle en donnant sa pièce d’argent.

Sur le chemin du retour, Souris passa de nouveau devant la maison de Chatte.

— Où êtes-vous allée, ma petite voisine ? demanda Chatte.

— Je suis allée au marché, Madame Chatte, Madame Chatte. Je suis allée au marché.

— Vous êtes allée bien loin, ma petite voisine, ma petite voisine. Vous êtes allée bien loin.

— Savez-vous ce que j’ai trouvé ce matin ? Une pièce d’argent !

— Vous voilà donc plus riche, ma petite voisine, ma petite voisine, dit Chatte en plissant davantage les yeux.

— Et avec la pièce, j’ai acheté un pudding !

— Voilà donc une journée gourmande, ma petite voisine, ma petite voisine, dit doucement Chatte.

Souris prit poliment congé et emporta son pudding chez elle.

Le pudding était encore chaud ; Souris le posa donc sur le rebord de la fenêtre.

— Qu’il refroidisse un peu, et je m’offrirai un vrai festin, décida-t-elle.

Mais, pendant que Souris lavait une tasse et préparait une serviette, Chatte surgit sans bruit au coin de la maison.

Snif, snif.

— Quelle bonne odeur…

Chatte se glissa jusqu’à la fenêtre, sauta sur le rebord et dévora le pudding jusqu’à la dernière miette.

Lorsque Souris revint, l’assiette était vide.

— Oh, quel malheur ! Qui a mangé mon pudding ?

Il ne restait sur le rebord qu’un long poil de moustache de chat.

Souris comprit tout.

Le lendemain, elle rencontra de nouveau Chatte près de sa porte.

— Hier, j’avais mis mon pudding à refroidir, Madame Chatte, Madame Chatte, commença Souris.

— Il fallait le manger plus vite, ma petite voisine, ma petite voisine, répliqua Chatte.

— Puis une certaine Chatte est venue et a mangé tout le pudding, Madame Chatte, Madame Chatte.

Chatte cessa de filer.

— Vraiment ? fit-elle d’une voix traînante.

— Vraiment.

— Et que vas-tu faire maintenant, petite Souris ?

Souris allait répondre lorsqu’elle vit soudain Chatte se lever lentement, arrondir le dos et se préparer à bondir.

— Et maintenant, ma petite voisine, ronronna Chatte, je vais t’attraper, toi aussi !

Hop !

Mais Souris, si elle était petite, était aussi très agile. Elle fila sous le banc, se glissa dans une étroite fente près de la plinthe et se retrouva en un instant dans son trou.

Chatte resta devant le mur, bredouille.

— Quelle voisine ! grommela-t-elle.

Derrière la petite porte de son trou, Souris reprit son souffle et dit :

— C’est bien de parler poliment à tout le monde. Mais il faut accorder sa confiance à ceux qui se montrent gentils eux aussi.

Depuis ce jour, Souris ne laissa plus de friandises devant une fenêtre ouverte et garda toujours ses distances avec Chatte.

Et lorsqu’elle trouvait une pièce brillante sous l’armoire, elle fermait d’abord la porte avant de se rendre au marché.