

France
Peau d’Âne
- Pays
- France
- Âge
- 9–12 ans

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Peau d’Âne
Un roi et une reine vivaient dans un royaume prospère avec leur fille unique. Ils s’aimaient beaucoup et gouvernaient avec attention. Dans les écuries royales vivait aussi un âne merveilleux : chaque matin, on trouvait près de lui des pièces d’or qui aidaient à financer les routes, les écoles et l’aide aux plus pauvres. Un jour, la reine tomba gravement malade. Avant de mourir, elle demanda à son mari de ne pas prendre de grandes décisions sous le coup du chagrin et de toujours protéger leur fille. Le roi le promit. Après la mort de la reine, les conseillers commencèrent à parler sans cesse d’une alliance politique. — La princesse doit épouser un souverain puissant. Ils trouvèrent un prince étranger très riche, mais connu pour son caractère dur. La jeune princesse ne l’avait jamais rencontré. — Père, je ne veux pas de ce mariage. Je ne connais pas cet homme et je ne lui fais pas confiance. Mais le roi, inquiet pour le royaume, se laissa convaincre par ses conseillers. — C’est pour la paix. Tu comprendras plus tard. La princesse se sentit seule. Elle alla voir sa marraine, la Fée des Lilas. — Personne ne doit te forcer à te marier, dit la fée. Gagne du temps. Demande quelque chose que personne ne pourra fabriquer. La princesse demanda donc : — Si je dois partir, offrez-moi une robe couleur du ciel clair. Le roi fit venir les meilleurs artisans. Quelques jours plus tard, ils présentèrent une robe légère et bleue comme un matin de printemps. La fée conseilla : — Demande davantage. La princesse demanda une robe couleur de lune. Les tisserands fabriquèrent un tissu argenté qui ressemblait à la lumière sur un lac. Puis elle demanda une robe plus brillante que le soleil. Les meilleurs joailliers et tisserands travaillèrent ensemble. La robe étincelait tellement que les courtisans plissaient les yeux. Le roi dit : — J’ai accepté toutes tes conditions. La princesse retourna chez la Fée des Lilas. — Que faire maintenant ? — Demande la peau de l’âne magique. Les conseillers ne voudront jamais perdre la source d’or. La princesse eut peur pour l’animal. — Il ne sera pas blessé, promit la fée. L’enveloppe se détachera comme un vieux manteau. Le lendemain, on trouva effectivement dans l’écurie une peau d’âne vide, tandis que l’animal, bien vivant, mangeait tranquillement du foin avec une nouvelle robe brillante. La princesse prit la peau. — Maintenant, pars, dit la fée. Je garderai tes robes dans un coffre enchanté. Lorsque tu en auras besoin, touche le sol avec cette baguette. La jeune fille se couvrit de la peau d’âne et quitta discrètement le royaume. Après plusieurs jours de voyage, elle arriva dans une grande ferme. — Je cherche du travail. On lui confia les tâches les plus simples : aider aux cuisines, nettoyer, nourrir les volailles et conduire les oies. À cause de son manteau, on l’appela Peau d’Âne. Elle travaillait sans révéler son identité. De temps en temps, lorsqu’elle était seule, elle faisait apparaître le coffre magique. Elle revêtait la robe du ciel. Puis la robe de lune. Ou la robe de soleil. Cela lui rappelait que sous son étrange manteau et son nouveau nom, elle restait elle-même. Un jour, un jeune prince passa à la ferme après une longue chasse. En marchant dans un couloir, il aperçut par une porte entrouverte une lumière dorée. Dans une petite chambre se trouvait une jeune femme vêtue d’une robe éclatante. Il n’entra pas sans permission. Plus tard, il demanda : — Qui habite cette pièce ? — Peau d’Âne, répondit la maîtresse de la ferme. Une travailleuse tranquille qui garde les oies. Le prince fut intrigué. Quelque temps plus tard, fatigué par ses voyages, il tomba malade. Sa mère lui demanda ce qui lui ferait plaisir. — J’aimerais goûter un gâteau préparé par la jeune femme qu’on appelle Peau d’Âne. Un messager partit pour la ferme. La princesse accepta. Elle se lava, attacha soigneusement ses cheveux et prépara la pâte. En travaillant, un petit anneau glissa de son doigt et tomba dans la pâte sans qu’elle s’en aperçoive. Le gâteau fut apporté au palais. Le prince trouva l’anneau. — Il faut retrouver sa propriétaire. On annonça dans tout le royaume que toutes celles qui pensaient reconnaître l’anneau pouvaient venir l’essayer. Il était extrêmement fin. Il ne convenait à presque personne. Finalement, quelqu’un se souvint : — Il reste encore une jeune fille à la ferme. Peau d’Âne fut invitée. Elle arriva vêtue de son manteau grossier. Quelques courtisans chuchotèrent. Le prince les fit taire. — Essayez la bague. Elle lui allait parfaitement. Alors la jeune fille retira le manteau. Le coffre magique apparut dans une pièce voisine. Elle revêtit la robe couleur du soleil. Mais le prince ne demanda pas : — De quel royaume venez-vous ? Il demanda : — Pourquoi avez-vous dû vous cacher ? La princesse raconta tout : la mort de sa mère, les inquiétudes de son père, le mariage imposé, les robes et la fuite. La reine l’écouta attentivement. — Ici, personne ne vous forcera à faire quoi que ce soit. Le prince ajouta : — Je ne vous demanderai rien qui concerne votre avenir avant que vous ne sachiez vous-même ce que vous voulez. Le temps passa. La princesse apprit à connaître le jeune homme. Il se montrait patient, respectueux et attentif. Pendant ce temps, son père finit par retrouver sa trace. Il vint la voir. — Je croyais protéger le royaume et j’ai presque perdu ma fille. Pardonne-moi. Aucune alliance ne vaut qu’on retire à quelqu’un le droit de choisir sa vie. La princesse l’embrassa. Plus tard, lorsqu’elle le décida librement, elle accepta d’épouser le jeune prince. Pour la cérémonie, elle choisit non pas la robe la plus brillante, mais celle couleur du ciel. La peau d’âne resta dans un coffre comme souvenir du chemin parcouru. L’âne merveilleux continua, lui, à vivre paisiblement dans les écuries en mangeant des pommes. Et la princesse n’oublia jamais qu’aucun vêtement, aucune rumeur et aucun titre ne peuvent enlever à quelqu’un son identité, sa voix ni son droit de dire non.
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