

Philippines
Pourquoi les escargots grimpent sur l’herbe
- Pays
- Philippines
- Âge
- 4–8 ans

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Pourquoi les escargots grimpent sur l’herbe
Près d’un étang chaud vivaient quatre amis : le poisson Dalag, une Libellule, une Guêpe et un Escargot. Ils étaient très différents. Dalag nageait parfaitement. La Libellule volait très vite. La Guêpe savait réparer presque tout. L’Escargot était lent, mais patient et attentif. Ils décidèrent de vivre ensemble. Dalag cherchait la nourriture. La Libellule portait les nouvelles. La Guêpe réparait la maison. L’Escargot cuisinait, rangeait et se souvenait toujours de l’endroit où se trouvait chaque chose. Un matin, Dalag partit chercher le petit déjeuner. Près de la surface, il vit une grenouille étrange qui ne bougeait pas. En s’approchant, il remarqua trop tard le fil d’un pêcheur. L’hameçon l’accrocha. Le pêcheur le retira de l’eau, mais le poisson se débattait tellement qu’il décida finalement de le libérer dans un large canal de l’autre côté de la digue. Dalag était sain et sauf, mais ne pouvait plus rentrer. À la maison, ses amis s’inquiétèrent. — Je vais le chercher, dit la Libellule. Elle parcourut le lac, interrogea les grenouilles et les insectes. Près d’un canal, une petite branche accrocha le ruban d’herbe qu’elle portait au cou. Une autre libellule l’aida à se libérer. — Repose-toi avec nous jusqu’à demain. Pendant la nuit, un vent puissant se leva. Au matin, la Libellule fut emportée loin de son ancien étang et ne retrouva plus le chemin. La Guêpe partit ensuite chercher les deux absents. Affamée, elle finit par atteindre un verger rempli de fleurs et de fruits. Elle voulut seulement se reposer. Puis elle rencontra d’autres guêpes, aida à réparer leur nid et resta plus longtemps qu’elle ne l’avait prévu. Elle aussi oublia la route exacte du retour. L’Escargot resta seul. Le soir, il posa comme toujours quatre petits bols sur la table. Puis il regarda les trois places vides. — Je refuse de croire qu’ils ont simplement disparu. Je vais les chercher. Le lendemain matin, il partit. Son voyage était lent, mais sérieux. Il passa sous les racines. Contourna les flaques. Attendit sous les feuilles pendant la pluie. Et chaque fois que l’herbe devenait trop haute pour voir le paysage, il choisissait une tige solide et commençait à grimper. Tout doucement. Plus haut. Encore plus haut. Puis il tendait les cornes. — Dalag ! criait-il vers l’eau. — Libellule ! regardait-il vers le ciel. — Guêpe ! écoutait-il du côté des fleurs. Ensuite, il redescendait et continuait. On raconte qu’un jour il entendit très loin un bourdonnement familier. Une autre fois, il aperçut une queue de poisson dans un canal. Et près d’un jardin, quelqu’un avait laissé une goutte de jus sucré sur une feuille, comme la Guêpe le faisait autrefois pour ses amis. Le vieux conte ne dit pas clairement s’ils se retrouvèrent tous. Peut-être que oui. Peut-être qu’ils trouvèrent de nouveaux foyers sans oublier les anciens. Mais, depuis cette époque, les escargots grimpent encore sur les tiges après la pluie, comme s’ils regardaient l’horizon. Alors, si tu en vois un haut sur une herbe, ne le dérange pas trop vite. Peut-être cherche-t-il encore ses amis. Car un véritable ami peut avancer très lentement sans jamais cesser de chercher ceux qu’il aime.
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