

Monde entier
Robinson Crusoé
aventures, survie, mer, ingéniosité
- Pays
- Monde entier
- Âge
- 9–14 ans

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Robinson Crusoé
Depuis sa jeunesse, Robinson Crusoé rêvait de la mer. Son père lui conseillait de choisir une vie tranquille, mais chaque navire dans le port semblait à Robinson une porte ouverte sur le vaste monde. Un jour, il finit par prendre la mer.
La mer lui montra aussitôt son caractère. Une tempête ballottait le navire sur les vagues, et Robinson se promit que, s'il rentrait chez lui, il ne tenterait plus jamais le destin. Mais lorsque le ciel s'éclaircit, la peur passa, et sa promesse s'effaça avec elle.
Plusieurs années passèrent. Robinson voyagea beaucoup, travailla, fit du commerce et reprit la mer. Au cours d'un lointain voyage, une terrible tempête brisa le navire. Les vagues jetèrent Robinson sur le rivage d'une île inconnue. De tout l'équipage, lui seul avait survécu.
Au début, Robinson ne pouvait croire qu'il était seul. Autour de lui, il y avait la mer, les rochers, les arbres et le chant des oiseaux, mais aucune habitation. Il monta sur une hauteur et constata que c'était bien une île.
Le lendemain matin, la mer était plus calme. Au loin, on voyait encore le navire à demi submergé. Robinson fabriqua un radeau et le rejoignit plusieurs fois. Il rapporta sur le rivage des outils, des cordes, des planches, des vêtements, de la vaisselle, des grains, des armes pour se défendre, de la poudre et tout ce qui pourrait lui servir.
Il choisit un endroit près du flanc d'une colline et construisit une habitation. Devant l'entrée, il dressa une solide clôture ; à l'intérieur, il aménagea des étagères, une table et un lit. Sur un grand poteau, Robinson grava la date de son arrivée sur l'île. Chaque jour, il y faisait une entaille pour ne pas perdre le compte du temps.
La solitude était plus difficile que le travail. Robinson prit donc l'habitude d'écrire ses pensées. Il dressait la liste de tout ce qu'il avait perdu et de tout ce qu'il possédait encore. « Je suis seul sur une île, écrivait-il, mais je suis vivant. Personne n'est auprès de moi, pourtant j'ai de la nourriture, des outils et le temps d'apprendre de nouvelles choses. »
Et il apprenait vraiment. Robinson apprivoisa des chèvres et cultiva de l'orge et du riz à partir de grains trouvés par hasard parmi les provisions du navire. Les premières récoltes furent maigres, mais peu à peu il apprit à moudre le grain et à cuire de simples galettes. Il modelait des pots d'argile et les cuisait au feu. Il se cousit des vêtements de peaux, fabriqua un parasol pour se protéger du soleil et de la pluie, et apprit à faire sécher le raisin.
Un jour, Robinson décida de creuser un grand canoë dans un tronc. Le travail dura de longs mois. La barque était belle et solide, mais lorsqu'il fallut la tirer jusqu'à l'eau, Robinson comprit qu'il ne pourrait pas la déplacer. Il contempla longtemps son ouvrage, puis se mit à rire.
— Il faut d'abord réfléchir à la manière d'aller jusqu'au bout, et seulement ensuite abattre l'arbre, se dit-il.
Les années passaient ainsi.
Un jour, alors qu'il se promenait sur le rivage, Robinson s'arrêta brusquement. L'empreinte nette d'un pied nu était marquée dans le sable mouillé.
Il regarda autour de lui. Personne.
Ce jour-là, pour la première fois depuis de longues années, Robinson comprit que l'île n'était pas toujours déserte. Il s'inquiéta, renforça son habitation et se mit à surveiller le rivage avec plus d'attention.
Quelque temps plus tard, Robinson aperçut des barques qui abordaient l'île. Des gens venus du continent avaient amené des prisonniers. L'un d'eux s'échappa et courut le long du rivage. Des hommes se lancèrent à sa poursuite.
Robinson décida de secourir le fugitif. Il effraya ses poursuivants et aida l'homme à gagner un lieu sûr.
L'homme qu'il avait sauvé ne savait pas, au début, s'il pouvait faire confiance à cet inconnu. Robinson lui donna de l'eau et de la nourriture, et lui montra qu'il ne lui voulait aucun mal. Ils commencèrent à apprendre à se comprendre.
Cela s'était passé un vendredi, et Robinson appela son nouvel ami Vendredi. Bientôt, Vendredi apprit beaucoup de mots anglais, tandis que Robinson comprenait mieux ses coutumes et ses récits sur son pays natal.
L'essentiel était qu'ils n'étaient plus seuls, désormais.
Vendredi se révéla observateur et courageux. Il connaissait bien la mer, courait vite et savait trouver des plantes comestibles. Robinson lui enseignait à se servir des outils, et Vendredi lui apprenait ce qu'il savait lui-même. Ils travaillaient côte à côte, réparaient leur habitation, s'occupaient des chèvres et rêvaient ensemble de quitter un jour l'île.
Plus tard, des barques arrivèrent de nouveau sur le rivage. Parmi les prisonniers, Vendredi reconnut son père. Robinson et Vendredi l'aidèrent à se libérer, ainsi qu'un autre captif. Dès lors, il y eut sur l'île l'espoir d'établir un lien avec le continent.
Mais soudain, un grand navire anglais apparut près de la côte.
Robinson se réjouit d'abord, puis remarqua vite quelque chose d'étrange : des matelots débarquaient sur l'île des hommes ligotés. Une mutinerie avait éclaté à bord. On voulait abandonner le capitaine et quelques marins qui lui étaient restés fidèles.
Robinson proposa son aide. Avec Vendredi et le capitaine, ils élaborèrent un plan. Ils réussirent à ramener l'équipage du côté du capitaine et à rétablir l'ordre sur le navire.
Lorsque Robinson monta sur le pont, il avait peine à croire que sa longue vie sur l'île touchait à sa fin.
Il y avait vécu vingt-huit ans.
Avant de partir, Robinson fit une dernière fois le tour de son habitation. La clôture, la grotte, les champs, les sentiers et l'endroit où se trouvait la barque qu'il n'avait pu mettre à l'eau : tout cela faisait partie de sa vie. L'île lui avait appris la patience, le travail et la nécessité de chercher, même dans les jours les plus difficiles, le prochain pas à faire.
Vendredi partit avec lui.
Tandis que le navire s'éloignait du rivage, Robinson contemplait la petite bande verte au milieu de la mer. Il pensait que sa plus grande découverte n'avait été ni une terre nouvelle ni un trésor. Il avait appris à construire avec ce qu'il possédait, à reconnaître ses erreurs, à apprécier l'amitié humaine et à ne pas perdre espoir lorsque tout autour semblait n'être qu'océan.
