

Monde entier
La Petite Maison des animaux
Au bord d’une grande clairière verte, là où les bouleaux faisaient frémir leurs fines feuilles, se dressait une petite maison de bois.
- Pays
- Monde entier
- Âge
- 3–7 ans
- Durée
- 8 min

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La Petite Maison des animaux
Au bord d’une grande clairière verte, là où les bouleaux faisaient frémir leurs fines feuilles, se dressait une petite maison de bois.
Autrefois, quelqu’un y avait vécu, mais il était parti depuis longtemps. La porte penchait un peu, de l’herbe avait poussé sur le perron et des hirondelles avaient construit leur nid sous le toit. Pourtant, la maison restait jolie, avec sa fenêtre ronde, son auvent sculpté et son petit banc près du seuil.
Un matin, une Souris trottinait sur le sentier. Elle portait trois grains de blé entre ses pattes et cherchait un endroit sec où se reposer.
Elle aperçut la petite maison et s’étonna :
— Petite maison, petite maison, qui donc habite ici ?
Personne ne répondit.
La Souris jeta prudemment un coup d’œil à l’intérieur. La maison était vide. Seul un rayon de soleil reposait sur le plancher.
— Puisque personne n’habite ici, je vais mettre un peu d’ordre, décida-t-elle.
Avec sa queue, elle balaya le sol, rassembla les feuilles sèches près du poêle, essuya la poussière sur la fenêtre et posa ses trois grains sur une étagère.
Le soir venu, la petite maison ressemblait déjà à un vrai foyer.
Le lendemain, une Grenouille sautillait à travers la clairière. Elle vit un mince filet de fumée s’élever du toit et frappa à la porte :
— Petite maison, petite maison, qui donc habite ici ?
— Moi, la Souris. Et toi, qui es-tu ?
— Je suis la Grenouille. Tu me laisserais vivre avec toi ?
La Souris ne réfléchit qu’un instant.
— Entre. À deux, ce sera plus gai.
La Grenouille s’installa près de la fenêtre ronde. Elle savait trouver l’eau la plus claire et chantait merveilleusement le soir. Bien sûr, son « coa-coa » s’entendait jusqu’au ruisseau, mais la Souris aimait cela.
Peu après, un Lièvre arriva en courant.
— Petite maison, petite maison, qui donc habite ici ?
— La Souris et la Grenouille. Et toi, qui es-tu ?
— Je suis le Lièvre. Y aurait-il un petit coin pour moi ?
— Bien sûr, répondirent-elles.
Le Lièvre apporta de l’herbe sèche pour faire des lits moelleux et apprit à tout le monde comment reboucher rapidement les fissures des murs.
Quelques jours plus tard, une Renarde s’approcha de la maison.
— Petite maison, petite maison, qui donc habite ici ?
Trois museaux apparurent à la fenêtre.
— La Souris, la Grenouille et le Lièvre. Et toi, qui es-tu ?
— Je suis la Renarde. Vous ne me chasserez pas ?
Les animaux se serrèrent un peu et la firent entrer. La Renarde se révéla excellente maîtresse de maison. Elle savait où poussaient les herbes parfumées, tressait des paniers en osier et remarquait toujours quand quelqu’un avait le cœur triste.
Puis vint le Loup.
Il était grand, gris et un peu timide. Il s’arrêta devant la porte et demanda doucement :
— Petite maison, petite maison, qui donc habite ici ?
— Nous sommes déjà quatre ! répondit la Souris. Et toi, qui es-tu ?
— Je suis le Loup. Il ne reste sans doute plus de place ?
Les animaux se regardèrent. La maison devenait effectivement étroite.
— Si nous dormons un peu plus serrés, il y aura de la place, dit le Lièvre.
— Et je peux dormir près de la porte, proposa le Loup. En échange, j’apporterai assez de bois pour tout le monde.
C’est ce qu’ils firent.
Ils vivaient en bonne entente. Le matin, la Souris préparait la bouillie. La Grenouille apportait de l’eau. Le Lièvre nettoyait la cour. La Renarde réparait les paniers. Le Loup coupait des branches sèches pour le feu.
Et le soir, ils s’asseyaient près de la fenêtre et se racontaient des histoires.
Un jour de grand froid, un Ours arriva devant la petite maison.
Il était si grand que sa tête touchait presque la branche la plus basse d’un bouleau.
Il vit la petite cheminée, sentit l’odeur de la bouillie et frappa poliment d’une seule griffe.
Toc, toc.
— Petite maison, petite maison, qui donc habite ici ?
La Souris passa la tête par la porte.
— Nous sommes nombreux : la Souris, la Grenouille, le Lièvre, la Renarde et le Loup. Et toi, qui es-tu ?
— Je suis l’Ours, dit le visiteur. Il y a beaucoup de vent dehors. Puis-je me réchauffer un peu chez vous ?
La Souris regarda la petite porte, puis le grand Ours.
— Essaie d’entrer doucement.
L’Ours rentra son ventre, baissa la tête et passa une patte dans l’ouverture.
Les planches grincèrent.
— Oups, dit l’Ours en reculant. Je crois que je suis trop grand.
— Alors assieds-toi sur le perron, proposa la Grenouille. Nous t’apporterons une boisson chaude.
L’Ours se réjouit et s’assit au bord du perron.
Crac !
Une planche se fendit.
— Ce n’est rien, dit le Loup. Nous la réparerons demain.
Mais l’Ours voulut aider et se releva si vite que son épaule heurta le poteau qui soutenait l’auvent.
Le poteau vacilla.
L’auvent pencha.
Puis le mur se mit à bouger.
— Tout le monde dehors ! cria la Renarde.
Les animaux sortirent l’un après l’autre dans la clairière. La Souris emporta son petit sac de grain, la Grenouille saisit sa tasse, le Lièvre tira une couverture, la Renarde prit un panier et le Loup attrapa le banc.
Et juste à ce moment-là, la vieille petite maison s’affaissa doucement sur le côté : boum, crac, frouf !
Personne ne fut blessé.
Le silence tomba.
L’Ours baissa la tête.
— C’est ma faute, dit-il. Je voulais seulement me réchauffer et j’ai détruit votre maison.
La Souris regarda ses amis.
— La maison était déjà vieille avant ton arrivée.
— Et nous étions devenus trop nombreux pour elle, ajouta le Lièvre.
— Alors inutile de nous disputer. Il faut en construire une nouvelle, décida le Loup.
L’Ours releva la tête.
— J’apporterai des troncs ! Les plus solides de toute la forêt !
Et tout le monde se mit au travail.
L’Ours porta de gros troncs. Le Loup installa de solides poutres. La Renarde boucha les interstices avec de la mousse. Le Lièvre fabriqua de larges volets. La Grenouille aménagea une gouttière depuis le toit pour recueillir l’eau de pluie dans un tonneau. Quant à la Souris, elle dessina sur le sol l’emplacement du garde-manger, de la cuisine et d’une grande pièce réservée aux histoires du soir.
Quelques jours plus tard, une nouvelle maison se dressait dans la clairière.
Elle était plus grande que l’ancienne, mais tout aussi chaleureuse. Elle possédait six couchages, une grande table, un perron solide et même une entrée large spécialement conçue pour l’Ours.
Au-dessus de la porte, les amis fixèrent une planche. La Souris y écrivit soigneusement :
« Il y aura toujours une place pour ceux qui viennent avec de bonnes intentions. »
Le soir, ils s’assirent pour la première fois autour de la nouvelle table. Dehors, la forêt murmurait. Le bois crépitait dans le poêle et une boisson chaude fumait sur la cuisinière.
— Vous savez, dit l’Ours, je suis heureux que vous ne m’ayez pas chassé après que j’ai tout cassé.
— Et nous sommes heureux que tu ne te sois pas enfui, mais que tu sois resté pour réparer, répondit la Renarde.
Tout le monde approuva.
Dès lors, chaque fois qu’un visiteur arrivait dans la clairière et demandait :
— Petite maison, petite maison, qui donc habite ici ?
plusieurs voix joyeuses répondaient aussitôt depuis les fenêtres :
— Des amis ! Et toi, qui es-tu ?
Et si le visiteur venait avec un bon cœur, on trouvait toujours pour lui une tasse de thé chaud, une place près du feu et une nouvelle histoire pour la soirée.
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