

Royaume-Uni
Whittington et son chat
- Pays
- Royaume-Uni
- Âge
- 6–10 ans

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Whittington et son chat
Lorsque Londres était encore beaucoup plus petite et que les charrettes faisaient trembler ses rues, un garçon nommé Dick Whittington vivait dans un village lointain.
Dick n’avait plus de famille capable de s’occuper de lui.
Ses voisins l’aidaient lorsqu’ils le pouvaient, mais ils étaient pauvres eux aussi.
Il apprit très tôt que s’il voulait changer sa vie, il devrait travailler et ne pas avoir peur de la route.
Il avait entendu des histoires merveilleuses sur Londres.
On racontait que les maisons y étaient immenses, que de la musique jouait à chaque coin de rue et que les rues étaient pavées d’or.
Un matin, une charrette traversa son village.
— Où allez-vous ? demanda Dick.
— À Londres.
— Puis-je marcher avec vous ? Je vous aiderai pendant le voyage.
Le conducteur regarda le garçon maigre au visage sérieux.
— Viens. Le chemin est long et la compagnie le rend plus agréable.
Lorsqu’ils entrèrent dans Londres, Dick regarda immédiatement le sol.
Des pierres.
De la boue.
Une flaque.
Encore des pierres.
— Où est l’or ?
Le conducteur éclata de rire.
— Si tu trouves une rue en or, préviens-moi.
Dick apprit sa première leçon sur la ville : ce qui semble merveilleux de loin n’est pas toujours vrai de près.
Londres était bruyante et pleine de monde, mais Dick ne fit pas demi-tour.
Il chercha un travail honnête et arriva finalement chez un riche marchand, Monsieur Fitzwarren.
— Tu attends quelqu’un ? demanda le marchand.
— Du travail, monsieur. N’importe quel travail honnête.
— Que sais-tu faire ?
Dick réfléchit.
— J’apprends vite.
— C’est déjà une qualité utile. Entre.
Dick se mit à aider dans la cuisine.
Il transportait de l’eau, lavait la vaisselle, apportait du bois et faisait des courses.
La cuisinière en chef avait la langue dure, mais Alice, la fille du marchand, remarquait quand Dick était traité injustement.
— Il travaille beaucoup, dit-elle un jour. On peut corriger une erreur sans humilier quelqu’un.
Il y avait un autre problème.
Dick dormait dans une minuscule chambre sous le toit, et chaque nuit des souris grattaient dans les murs.
Un jour, il gagna une petite pièce pour un travail supplémentaire et vit une fille avec un jeune chat.
— Veux-tu le vendre ?
— Elle attrape très bien les souris.
— Alors c’est exactement ce qu’il me faut.
Dick appela la chatte Puss.
Il partagea son repas avec elle et lui fabriqua un lit chaud avec un vieux morceau de tissu.
Très vite, ses nuits devinrent paisibles.
Un jour, Monsieur Fitzwarren réunit tous les habitants de la maison.
— Mon navire part pour un long voyage commercial. Chacun peut envoyer quelque chose lui appartenant. Si cela est vendu avec profit, l’argent reviendra au propriétaire.
Les gens apportèrent du tissu, des outils et de petites caisses de marchandises.
Dick resta à l’écart.
— Et toi ? demanda Alice.
— Je ne possède rien.
Puis il pensa à Puss.
La chatte était son seul véritable trésor, mais c’était aussi une occasion.
— J’ai mon chat. Qu’elle parte.
Avant le départ du navire, Dick la caressa derrière les oreilles.
— Reviens si tu peux. Sinon, trouve une bonne maison.
Les semaines passèrent.
Dans la cuisine, certains plaisantaient sur la fortune maritime de Dick.
Un matin difficile, il décida qu’il en avait assez.
Il rassembla ses quelques affaires et quitta Londres.
À l’extérieur de la ville, il s’assit au bord de la route.
Devant lui, un voyage inconnu.
Derrière, Londres, son travail, Alice, Monsieur Fitzwarren et tous les espoirs qui l’avaient amené jusque-là.
Alors les cloches de Bow se mirent à sonner.
Boum… Ding-dong…
À Dick, elles semblaient dire :
« Reviens, Whittington. Tu pourrais encore devenir un dirigeant de Londres. »
Bien sûr, les cloches n’expliquaient rien.
Mais Dick pensa :
« Si je pars uniquement parce que la vie est difficile, je ne saurai peut-être jamais ce que je pouvais devenir. »
Il retourna donc à Londres.
Très loin de là, le navire de Fitzwarren atteignit un autre pays.
Le souverain local accueillit le capitaine dans son palais.
Pendant le dîner, des rats et des souris surgirent soudain de tous les coins.
Les serviteurs frappaient des couvercles et tapaient du pied, mais les animaux revenaient toujours.
— Ils ne nous laissent jamais tranquilles, soupira le souverain.
Le capitaine se souvint de Puss.
— J’ai à bord un animal qui pourrait vous aider.
Puss inspecta le palais, surveilla les réserves et convainquit bientôt la plupart des rats de chercher un endroit beaucoup plus tranquille.
Le souverain fut ravi.
— Nous n’avons jamais vu un animal pareil ! Laissez-la ici. Nous prendrons bien soin d’elle.
Le capitaine expliqua qu’elle appartenait à un jeune garçon de Londres.
Le souverain offrit une généreuse somme.
Puss semblait elle aussi satisfaite de son nouveau foyer. Elle s’enroula sur un coussin et ronronna comme si elle approuvait l’accord.
Lorsque le navire revint à Londres, le capitaine apporta des coffres d’argent et des marchandises précieuses.
— Tout cela ne peut quand même pas appartenir à Dick, dit quelqu’un. Ce n’est qu’un aide de cuisine.
Monsieur Fitzwarren fronça les sourcils.
— À qui appartenait le chat ?
— À Dick.
— Alors la récompense appartient à Dick. L’honnêteté ne dépend pas du tablier que porte quelqu’un.
On appela le garçon.
— Ai-je fait quelque chose de mal ? demanda-t-il.
— Au contraire, répondit le capitaine. Puss a fait une carrière remarquable.
Dick regarda la récompense.
— Tout cela est à moi ?
— Oui.
Son premier désir fut de remercier ceux qui l’avaient aidé.
Il partagea généreusement avec le capitaine, les marins, Fitzwarren et Alice.
Il offrit même une chaude étole à la cuisinière.
Surtout, Dick ne décida pas que la richesse signifiait qu’il pouvait cesser de travailler.
Il commença à apprendre le commerce.
Il étudia les comptes, les routes maritimes, les prix et les règles de la ville.
L’ancien aide de cuisine devint un marchand prudent et compétent.
Les années passèrent.
Dick et Alice restèrent amis, travaillèrent ensemble et finirent par choisir de construire leur vie côte à côte.
Whittington devint connu à Londres non seulement pour sa fortune.
Il se souvenait de ce que cela faisait de ne pas savoir où dormir ni à qui demander du travail.
Il aida les personnes en difficulté et soutint la ville.
Selon la vieille légende, il devint plus tard plusieurs fois lord-maire de Londres.
Parfois, lorsqu’il entendait les cloches de Bow, Whittington se souvenait du jour où il avait failli partir pour toujours.
Il se souvenait aussi de la petite chatte achetée pour une pièce.
Elle lui avait appris quelque chose d’étrange et merveilleux : parfois, ce qui semble être notre plus petite possession devient notre plus grande occasion.
Mais une occasion ne travaille jamais toute seule.
Elle a aussi besoin d’honnêteté, de patience, de travail et du courage de revenir lorsqu’on a presque décidé d’abandonner.
Et quelque part dans un palais lointain, si la vieille histoire dit vrai, Puss vivait bien au chaud, dormait sur des coussins moelleux et était probablement très satisfaite de son incroyable carrière maritime.
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